Visite du ministre de la Santé Abdelhak Saihi à Béjaïa : « La wilaya mérite d’avoir un CHU »
Le nouvel an amazigh 2974 a été marqué, à Béjaïa, par la tenue de multitudes activités culturelles, artistiques, sportives, des conférences, des rites, des timechret ou offrandes (sacrifice de bœufs) et des colloques sur cette coutume symbolique liée au début du calendrier agraire des populations de l’Afrique du Nord.
Une date qui est devenue, par la force des choses, une halte sociétale incontournable, célébrée avec fierté et enthousiasme aux quatre coins du pays, surtout en Kabylie. De nombreux établissements publics, dont les écoles, les APC, les structures de la jeunesse et des sports, de la culture, le mouvement associatif et les comités de villages, se sont tous mobilisés pour fêter, comme il se doit, cette nouvelle année par des festivités et activités diverses qui s’étalent sur plusieurs jours.
Du côté officiel, c’est l’occasion de marquer cette date par l’inauguration de nouveaux projets de développement social réalisés ces dernières années dont l’attribution de 1 000 logements sociaux au profit des bénéficiaires de la commune de Béjaïa, 93 aux bénéficiaires de la municipalité de Souk El-Tennine, l’inauguration d’hôpitaux et l’inauguration de la Mosquée Béni Hammad à la cité Tobbal.
C’est ainsi qu’un hôpital de 60 lits de la commune et chef-lieu de la daïra de Tazmalt a symboliquement été inauguré jeudi dernier, à l’occasion du nouvel an amazigh, yennayer 2974, par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Au cours d’une visite d’inspection qu’il a effectuée dans la région, Abdelhak Saïhi a annoncé « la dotation » de cet établissement, dont l’ouverture a beaucoup réjoui les citoyens, d’un scanner et a félicité la population pour cet acquis, rassurant les médecins et les autorités locales de sa disposition à répondre à leurs requêtes. Selon la wilaya, « l’hôpital de Tazmalt a totalement été équipé en matériel nécessaire pour son bon fonctionnement ».
Le premier responsable du département de la Santé du pays a également inauguré l’établissement hospitalier spécialisé en psychiatrie (ESH) d’Oued-Ghir, comme il a inspecté l’EPH de Souk El-Tennine qu’il a, officiellement, mis en service. Il s’est ensuite enquis des travaux de réalisation du Centre régional anti-cancer (CAC) implanté dans la commune d’Amizour, où une commission ministérielle, composée de médecins et de spécialistes, a été instituée afin de suivre de très près les travaux de réalisation dont la bâtisse devant abriter le service de radiothérapie.
Une autre commission conduite par le Pr Adda BounedjarAdda Bounedjar Chef de service Oncologie Médicale Centre Anti Cancer CAC BLIDA. Président société Algérienne de Formation et de la Recherche en Oncologie SAFRO. Vice président Arab Médical Association Against AMAAC, directeur de l’Instance nationale d’oncologie médicale et chef de service du Centre anti-cancer de Blida a également été sollicitée afin de donner son avis sur l’acquisition des équipements de dernière génération nécessaires au profit de cet établissement.
Un cahier des charges relatif aux équipements a été préparé dans ce sens. Abdelhak Saihi a, en outre, demandé à l’entreprise le renforcement du chantier et sa livraison avant le mois de novembre prochain, soit la révision du délai de réception du CAC en le ramenant au mois de juin, et ce tout en exprimant sa satisfaction quant à leur déroulement et au rythme adopté dans l’exécution des travaux par l’entreprise COSIDER dont il a loué les capacités. Dans le même sillage, il a instruit les autorités du secteur afin de « suivre le projet de très près ».
Le ministre de la Santé a validé l’idée de la création d’un CHU au lieudit Djebira, près du projet de l’école paramédicale. Reste la transformation des locaux à usage professionnel de Sidi-Ali Labher en unité et services rattachés au CHU.
Une opération nécessaire sachant que la réalisation d’un CHU devrait s’étaler sur plusieurs années alors que les structures sanitaires de la wilaya, dont celles du chef-lieu, sont déjà saturées et anciennes, manquant de locaux et nécessitant la création de beaucoup de services. « Nous avons visité avec le wali et le président de l’APW les infrastructures du secteur. Une visite que je juge satisfaisante (…) Nous avons mis en service les hôpitaux d’Oued-Ghir, de Souk El-Tennine, de Tazmalt et avons visité le CAC d’Amizour et l’assiette foncière située à Djebira, commune de Boukhelifa, qui devrait accueillir le nouveau CHU et l’école paramédicale, lesquels permettront de transformer la wilaya en pôle de santé par excellence sachant que celle-ci dispose de potentialités avérées et suffisantes pour prétendre occuper, facilement, cette place », a indiqué M. Saihi. « Avec la nouvelle école paramédicale, qui devrait également être implantée dans la région, il y a de l’avenir pour la naissance du pôle », a-t-il ajouté.
Selon le ministre, « avec les compétences scientifiques existantes, dont 500 spécialistes, la wilaya mérite d’avoir un CHU, et c’est ce que nous allons nous atteler à étudier dans les prochains jours, sans oublier la restructuration, le réaménagement des établissements, des infrastructures fermées pour en faire des établissements de référence ».
Vers la réception du CAC d’Amizour en juin
Il convient de noter qu’une étude technique est initiée pour la construction d’une école paramédicale dans la région. L’hôte de Béjaïa a, par ailleurs, jugé les délais de livraison du CAC d’Amizour, dont le taux d’avancement est suffisant, trop longs, il demandant « leur réduction et la livraison de cet établissement au mois de juin prochain ». « La réception de ce CAC en juin ainsi que d’autres projets nous permettra la révision de la carte sanitaire de la wilaya », a affirmé Abdelhak Saihi.
Le ministre a enfin rencontré, en marge de sa visite de travail et d’inspection, le président de l’APW et les élus locaux qui lui ont exposé les insuffisances auxquelles est confronté le secteur après le diagnostic établi précédemment et les résolutions adoptées lors de la dernière session APW tenue le 28 décembre dernier.
Les élus ont sollicité le ministre au sujet de plusieurs points dont « l’ouverture de postes budgétaires au profit des établissements publics hospitaliers afin de parer au déficit observé en personnels médical, paramédical et autres, appeler à une hausse des budgets alloués aux EPH et aux EPSP et au renforcement de ces établissements en équipements ». Ils ont également demandé « l’inscription de nouveaux projets d’EPH à Adekar et Béni Maâouche, l’inscription de nouveaux EPH de remplacement, le réaménagement et l’extension des anciens EPH dont ceux d’Akbou, Kherrata, Frantz-Fanon, Aokas et l’EHS d’Ilmathen, entre autres ».