Visite de Nancy Pelosi à Taïwan : La Chine met ses premières menaces à exécution  – Le Jeune Indépendant
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Visite de Nancy Pelosi à Taïwan : La Chine met ses premières menaces à exécution 

Visite de Nancy Pelosi à Taïwan :  La Chine met ses premières menaces à exécution 
A man uses a magnifying glass to read a newspaper headline reporting on U.S. House Speaker Nancy Pelosi's Asia visit, at a stand in Beijing, Sunday, July 31, 2022. Pelosi, confirmed Sunday she will visit four Asian countries this week but made no mention of a possible stop in Taiwan that has fueled tension with Beijing, which claims the island democracy as its own territory. (AP Photo/Andy Wong)

Premier tour de vis de Pékin. La Chine a déployé ce mercredi 3 août une première salve de sanctions commerciales contre Taïwan, alors que des exercices militaires près de l’île, en réaction à la visite de la présidente de la Chambre des représentants américaine Nancy Pelosi, ont déjà été annoncés. Dans l’après-midi, 27 avions militaires chinois sont entrés dans la zone de défense aérienne taïwanaise.

Avec ce déplacement de la démocrate américaine, plus importante élue américaine à se rendre à Taïpei en 25 ans, la colère des autorités chinoises est vive. « Il n’arrivera rien de bon à ceux qui jouent avec le feu. Ceux qui offensent la Chine devront être punis, de façon inéluctable », a prévenu le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

Interrogée ce mercredi lors d’un point presse, Hua Chunying, une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a évoqué les « mesures de rétorsion » que pourrait prendre la Chine. « Il y aura tout le nécessaire. Ces mesures seront fermes, énergiques et efficaces. La partie américaine et les partisans de l’indépendance de Taïwan vont les sentir sur la durée », a-t-elle souligné.

Pékin, dans sa volonté de punir les États-Unis et Taïwan pour cette rencontre symbolique, a donc annoncé une série de sanctions commerciales : les douanes ont décidé ce mercredi de suspendre l’importation des agrumes et de certains poissons de Taïwan.

Elles affirment avoir détecté « de façon répétée » une cochenille nuisible sur les agrumes et des taux excessifs de pesticides. Des emballages contenant deux types de poissons ont également été testés positifs au coronavirus, a-t-elle assuré en guise de justification.

De son côté, le ministère du Commerce a annoncé « suspendre l’exportation de sable naturel vers Taïwan » à partir de mercredi, sans donner d’explications. Un sable essentiel puisqu’il est généralement utilisé pour fabriquer du béton et asphalte. Taïwan dépend majoritairement de la Chine (son premier partenaire commercial) pour se fournir en sable.

C’est « un schéma classique pour Pékin », note Even Pay, analyste spécialisée en agriculture au cabinet Trivium China. « Quand les tensions diplomatiques et commerciales sont élevées, les régulateurs chinois adoptent généralement une attitude extrêmement stricte en termes de respect des règles (…) en cherchant tout motif justifiant une interdiction commerciale », ajoute-t-elle.

En mars 2021, la Chine avait interdit les importations d’ananas de l’île, affirmant y avoir découvert des parasites, une mesure alors interprétée comme une sanction politique. Le Conseil taïwanais de l’Agriculture a également indiqué mardi que la Chine avait invoqué des infractions à la réglementation pour suspendre l’importation de différentes marchandises comme des produits de la pêche, du thé et du miel.

La veille de ces annonces commerciales, la Chine avait décidé de mettre en place des exercices militaires autour de l’île qu’elle considère comme partie intégrante de son territoire. Certains de ces exercices vont s’approcher jusqu’à 20 kilomètres des côtes taïwanaises, selon les coordonnées diffusées par les médias officiels chinois. Le ministère taïwanais de la Défense a protesté en affirmant que cela menacera plusieurs ports et zones urbaines.

« L’APL prévoit de mener des exercices militaires à tir réel dans les eaux territoriales souveraines de Taïwan (ligne bleue). Ce sont les actions les plus provocatrices de la Chine depuis des décennies et elles seraient éligibles à la définition de l’ONU de l’agression commise par un État », observe sur Twitter Nathan Ruser, de l’International Cyber Policy Centre.

Ces exercices « constituent une mesure nécessaire et légitime afin de répliquer aux graves provocations de certains politiciens américains et des indépendantistes taïwanais », a rétorqué Hua Chunyin.

Ils permettront « de défendre avec fermeté notre souveraineté nationale et notre intégrité territoriale », a-t-elle insisté, estimant que « ce sont les États-Unis qui sont les provocateurs, et la Chine qui est la victime. La Chine est en situation de légitime défense ». Un point de vue et des méthodes défendus par Moscou mardi, qui accuse les Américains de « déstabiliser le monde, décrivant même le passage éclair de Nancy Pelosi à Taïwan comme une « pure provocation ».

« La partie chinoise a le droit de prendre les mesures nécessaires pour protéger sa souveraineté et son intégrité territoriale concernant le problème de Taïwan » , a ajouté le ministère russe des Affaires étrangères.

Vingt-sept appareils de l’armée chinoise « sont entrés dans la zone environnante (Zone d’identification de défense aérienne, plus large que l’espace aérien) le 3 août 2022 », a déclaré sur Twitter le ministère de la Défense taïwanais, ce mercredi après-midi.

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