Visas USA : les Algériens bientôt privés de consulat à Alger
Dès ce 2 juin 2026, la diplomatie américaine bascule dans une restructuration radicale sur le continent africain. Sous l’impulsion de la seconde administration Trump, le traitement des visas va être supprimé dans 50 pays africains sur 54 que compte le continent pour être centralisé dans seulement 20 « pôles régionaux », a rapporté, ce mardi, l’agence de presse américaine Associated press (AP) citant une circulaire du département d’Etat américain.
Pour les demandeurs algériens et africains, c’est le début d’un véritable parcours du combattant financier et logistique, qui attise déjà les appels au boycott et isole un peu plus Washington.
Les demandeurs des pays cités pour les Etats-Unis seront contraints ainsi de se déplacer dans un des 20 hubs désignés par le département d’État américain en Afrique pour l’obtention des visas de tout type. Cette mesure touche les pays où les activités consulaires américaines seront annulées dans 50 pays dont l’Algérie, rapporte ce mardi l’agence de presse américaine Associated Press.
Le département d’Etat américain a décidé de concentrer ses services consulaires sur seulement 20 « pôles régionaux » à travers le continent africain. Une décision qui s’inscrit dans la continuité du durcissement migratoire imposé par le président Donald Trump depuis son retour à la Maison-Blanche, indique AP.
C’est un véritable coup de couperet pour la diplomatie américaine en Afrique, et un parcours du combattant qui s’annonce pour des millions de demandeurs de visa. Selon AP, le département d’État américain s’apprête à réduire de manière drastique le nombre de ses ambassades et consulats habilités à traiter les demandes de visa sur le continent africain.
Dès ce mois de juin 2026, la carte consulaire américaine va être profondément restructurée : le réseau de traitement des visas passera de près de cinquante représentations diplomatiques à seulement 20 « pôles régionaux » (hubs).
Une source diplomatique américaine à Alger a confirmé que le traitement de visas dans ces 20 pôles. » Il existe 50 ambassades et consulats américains en Afrique actuellement et les traitements des demandes de visas vont se concentré dans 20 villes seulement dans les prochaines semaines », a précisé au Jeune Indépendant ce diplomate américain. Tout porte à croire que les algériens pourraient se retrouver à faire leurs demandes à Dakar selon la répartition géographie au même titre que les marocains et les tunisiens.
Un virage idéologique
Cette restructuration d’envergure, validée par une directive du secrétaire d’État Marco Rubio, répond directement à la feuille de route de la seconde administration Trump, axée sur la réduction drastique de l’immigration légale, la lutte contre le dépassement de la durée des visas temporaires, et une cure d’austérité imposée aux effectifs diplomatiques américains à l’étranger afin de réduire les budgets de fonctionnement des institutions américaines.
Sur le terrain, les conséquences pour les populations locales seront intenables y compris pour les algériens qui avaient d’ores et déjà lancé des campagnes de boycott contre les voyages aux USA lorsqu’il a été imposé une caution de 15 000 Dollars à déposer dans une banque américaine pour l’obtention du visas.
Les citoyens des pays privés de service consulaire complet devront obligatoirement financer et organiser des voyages, souvent longs et coûteux, vers l’un des 20 pôles désignés afin de faire enregistrer leurs données biométriques et passer leurs entretiens, qu’il s’agisse d’un visa de tourisme, d’études ou d’immigration.
Si les ambassades non sélectionnées resteront ouvertes, leurs prérogatives seront minimales. Elles se concentreront sur l’assistance aux citoyens américains (passeports, urgences) et sur les dossiers d’exception touchant à l’intérêt national ou aux visas diplomatiques.
Pour obtenir un visa américain, les demandeurs africains devront désormais se tourner exclusivement vers l’une de ces 20 villes. En Afrique de l’Ouest, il s’agit d’Abidjan (Ce ôte d’Ivoire), Accra (Ghana), Dakar (Sénégal), Lagos (Nigeria), Lomé (Togo), Monrovia (Liberia), Praia (Cap-Vert).
Pour l’Afrique de l’Est et Corne les demandes se feront à Addis-Abeba (Éthiopie), Djibouti (Djibouti), Kampala (Ouganda), Kigali (Rwanda), Nairobi (Kenya). Pour l’Afrique centrale, ce sera Kinshasa (RDC), Malabo (Guinée équatoriale), Luanda (Anatolie/Angola), Yaoundé (Cameroun). En Afrique australe et Océan Indien les demandes se feront au Cap et à Johannesbourg (Afrique du Sud), Dar es Salam (Tanzanie), Port-Louis (Maurice). La circulaire devrait aussi fixer le hub qui accueillera les demandeurs d’Afrique du Nord faisant partie de pays soumis à la caution consulaire pour l’obtention du visas.
L’Isolement américain en Afrique
Cette centralisation africaine consacre un isolement de l’administration Trump à travers la politique migratoire très restrictive, rappelant les mesures impopulaires qui avaient déjà jalonné son premier mandat (2017-2021) et qui se sont intensifiées depuis son retour au pouvoir.
Dès 2017, le décret présidentiel de Donald Trump avait interdit l’entrée aux États-Unis des ressortissants de plusieurs pays majoritairement musulmans (dont la Libye, la Somalie et le Soudan). En 2020, cette restriction avait été étendue à d’autres nations africaines, suspendant notamment les visas d’immigration pour les Nigérians, les Érythréens et les Tanzaniens. Fin 2020, l’administration Trump avait lancé un projet pilote imposant aux ressortissants de certains pays (notamment africains) d’un taux de dépassement de visa élevé le versement d’une caution allant jusqu’à 15 000 dollars pour obtenir un visa de tourisme ou d’affaires, afin de garantir leur retour.
En réduisant l’accès géographique aux visas, la Maison-Blanche érige une barrière administrative invisible dans une perspective de réduire un électorat du parti démocrate qui puise ses voix également du réservoir issu de l’immigration. Moins de points de contact signifient mécaniquement une baisse du nombre de demandes soumises, des délais considérablement allongés, et un filtre financier renforcé pour quiconque espère fouler le sol américain. Or beaucoup de citoyens africains sur les réseaux sociaux ont lancé des campagnes de boycott contre les visas américains renforçant ainsi l’impopularité de l’administration de Donald Trump dans un continent aussi important que l’Afrique.