Violences faites aux femmes en situation de handicap : L’urgence de mise en place de mécanismes de protection – Le Jeune Indépendant
-- -- -- / -- -- --
Nationale

Violences faites aux femmes en situation de handicap : L’urgence de mise en place de mécanismes de protection

Violences faites aux femmes en situation de handicap : L’urgence de mise en place de mécanismes de protection

Alerter la société et les pouvoirs publics sur la nécessité de la prise en charge du phénomène de la violence que subissent les femmes en situation de handicap est l’un des principaux objectifs de la journée d’information organisée ce lundi par la Fédération algérienne des personnes handicapées (FAPH) à l’Institut national de santé publique.

A cette occasion, Atika El-Mamri, présidente de la FAPH, a affirmé que « les femmes handicapées sont doublement discriminées en tant que femmes et en tant que personnes handicapées ». Elle explique qu’en Algérie, étant très peu instruites pour la grande majorité, ces femmes ne peuvent avoir pleinement conscience de leur situation, de leurs droits et n’ont pas les capacités et les moyens de les revendiquer elles-mêmes. Elle ajoute que « beaucoup d’entre elles n’ont pas accès à l’éducation, aux soins de santé féminine et à l’emploi, et végètent au domicile familial, privées de toute socialisation ».

Il est constaté aussi que les violences qu’elles subissent ne sont pas prises en compte dans les plaidoyers que les associations de défense des droits des femmes élaborent . De ce fait, la présidente de la fédération affirme que « les femmes handicapées se trouvent donc être plus vulnérables à toutes les formes de violence ». En premier lieu, elle cite la violence qui se déchaîne en milieu familial, entraînant des agressions verbales et physiques et même sexuelles. Ces femmes subissent également des violences économiques et psychologiques de la part de leurs proches. En outre, du fait de leur situation de femmes handicapés, « elles peuvent avoir une fragilité physique ou mentale, et se trouvent dans des situations de dépendance affective, sociale et économique », souligne Atika El-Mamri

La présidente de la FAPH tient à ajouter que ces femmes « ont un rapport au corps différent ». Elles sont souvent touchées et manipulées pour des soins et la question qui se pose est « où est la limite entre soins et attouchements ? », se désole l’intervenante. En plus de ces violences, la présidente de la FAPH met en lumière une violence plus insidieuse qui est celle de leur retirer leurs droits les plus élémentaires.

Dans la majorité des cas, ces femmes doivent faire face au déni de leur droit à l’éducation, à avoir un projet personnel et une autonomie économique, ainsi que le droit d’accès à la qualité des soins et d’appareillage. Elle confie que la vie de ces femmes « est diluée et occultée même au sein de la famille », expliquant que « ces violences ont des effets sur le processus de construction de leur personnalité avec, pour conséquence, l’absence d’estime de soi, un manque d’assurance et de projection de projet personnel ainsi qu’une perte de volonté d’aller de l’avant ».

Face à ce constat, la présidente de la FAPH insiste sur le fait qu’il devient urgent de mettre en place des mécanismes pour la protection de ces femmes, notamment à travers l’application des articles de la Convention internationale des droits des personnes handicapées, ratifiée par l’Algérie en 2009.

A ce propos, Assia Hazzi, formatrice spécialisée pour les personnes en situation de handicap, souligne que ladite convention repose sur la vision d’une société inclusive dans laquelle tout le monde aurait les mêmes droits et les mêmes opportunités.

Cette vision s’illustre à travers huit principes généraux définis dans l’article 3 de cette convention, en l’occurrence les principes de dignité, d’autonomie, de liberté de choix, d’indépendance, de non-discrimination, de participation et d’intégration à la société, du respect de la différence et de l’accessibilité. Dans les articles généraux et les articles ayant trait à la protection des personnes handicapées, « les Etats sont dans l’obligation de mettre en place des lois et des dispositifs d’accompagnement des actions de protection ».

Pour sa part, Amina Laaouad, membre de la FAPH, présentant les grands axes du projet pour la prévention des violences faites aux femmes handicapés, estime qu’« il est essentiel de mettre en lumière cette problématique afin de favoriser une prise de conscience collective ». Ainsi, il s’agit de « créer un environnement plus respectueux, où les femmes en situation de handicap bénéficient d’une protection adéquate ».

Pour ce faire, le projet d’étude sera finalisé en février prochain pour « mieux comprendre les mécanismes de cette violence en posant une série de diagnostics qui permettront de mettre en place les dispositifs de lutte et de prévention des violences envers les filles et les femmes handicapées, ainsi que les politiques à mettre en œuvre pour les éradiquer ».

Cette journée de sensibilisation s’est clôturée par l’intervention d’Abir Blidi, fondatrice d’InKomm. Elle a mis en relief l’importance de la mise en place d’« une communication responsable afin d’inculquer la culture d’une approche inclusive des personnes handicapées dans tous les espaces de la société ». Un travail à court et à moyen terme qui permettra à long terme de contribuer efficacement contre les violences faites aux femmes souffrant de handicap.

Veuillez activer JavaScript dans votre navigateur pour remplir ce formulaire.

Cet article vous-a-t-il été utile ?

Cet article vous-a-t-il été utile?
Nous sommes désolés. Qu’est-ce qui vous a déplu dans cet article ?
Indiquez ici ce qui pourrait nous aider a à améliorer cet article.
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email