Violence en milieu scolaire : Un mal à endiguer
Pour les spécialistes, la violence en milieu scolaire est loin d’être éradiquée du moment où les facteurs qui sont à l’origine de l’émergence de la violence, qu’elle soit verbale ou physique, sont toujours là, notamment la surcharge dans les classes.
Cette situation a entraîné un problème de gestion des flux et la montée en flèche des cas de violence, notamment dans les CEM. Les syndicats du secteur ainsi que les associations des parents d’élèves ne cessent, depuis plusieurs années, de tirer la sonnette d’alarme sur ce phénomène et affirment que les choses n’ont pas changé. Bien au contraire, cette violence qui, au début, se limitait aux insultes a évolué en une violence physique.
Pour le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura, la violence dans le milieu scolaire demeure toujours un sujet d’actualité. Il a fait savoir que le Satef a déjà tiré la sonnette d’alarme sur ce phénomène et a émis des propositions pour endiguer celui-ci. « Plusieurs syndicats du secteur avaient, en 2015 et 2016, formulé des propositions pour endiguer un tant soit peu cette montée de la violence », a précisé M. Amoura.
Plusieurs actes de violence sont en effet signalés un peu partout en Algérie. Le dernier en date est l’agression d’un enseignant par un parent d’élève à Tizi Ouzou. « Un acte qui a été précédé par des actes de violence enregistrés dans un établissement dans la wilaya de Constantine, où des inconnus, membres de gangs, auraient pénétré au sein de l’établissement, créant ainsi un climat de tension », a dénoncé M. Amoura.
Contacté par le Jeune Indépendant, le SG du Satef a affirmé que la violence scolaire devient de plus en plus inquiétante, que ce soit dans l’enceinte des établissements scolaires ou aux alentours des écoles. Pour le syndicaliste, cette violence existe sous plusieurs formes. Il s’agit, selon lui, des violences de l’élève envers l’enseignant ou de l’enseignant et du personnel éducatif envers l’élève, ainsi que la violence de parents d’élèves envers des enseignants. D’ailleurs, la violence enregistrée aux abords des écoles a déjà été dénoncée par le personnel éducatif, et ce depuis plusieurs années.
Toutefois, ce fléau n’est pas propre à l’Algérie, a estimé M. Amoura, soulignant que « c’est un problème vécu par plusieurs pays du monde, et que parfois, dans certains pays, des armes à feu sont utilisées, ce qui n’est heureusement pas le cas pour notre pays ». Cependant, et pour éviter une aggravation de la situation, M. Amoura a interpellé le ministre de l’Education nationale, Abdelhakim Belabed, et les pouvoirs publics afin de mettre en place des mécanismes plus rigoureux pour assurer un climat sain et une protection de la famille éducative et des élèves contre toutes formes de violence. M. Amoura a suggéré l’installation de caméras de surveillance dans chaque établissement pour contrôler les alentours des écoles.
Le Satef a également réclamé la présence permanente des services de sécurité, à travers le renforcement des patrouilles autour des écoles, a-t-il ajouté. M. Amoura a rappelé que les syndicats du secteur ont également appelé au recrutement de plus d’adjoints de l’éducation et de surveillants. « Certains établissements, à l’heure où je vous parle, ont seulement un directeur. Il n’y a ni surveillant général ni censeur », pourtant, a-t-il dit, « la norme exige un adjoint pour 150 élèves ».