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Nationale

Violence en milieu scolaire : Recrudescence des agressions physiques et verbales

Violence en milieu scolaire : Recrudescence des agressions physiques et verbales
Un fléau inquiétant.

Les actes d’agression et de violence connaissent une recrudescence inquiétante dans les établissements scolaires et leurs abords. Le nombre d’appels reçus quotidiennement dans le cadre du programme d’écoute « Je t’entends » du réseau Nada vient de confirmer cette tendance haussière de la violence à laquelle sont exposés les élèves des différents niveaux d’enseignement. 

 

Le mal semble loin d’être endigué et une stratégie de lutte contre le phénomène doit être de mise puisque les facteurs à l’origine de l’émergence de la violence, qu’elle soit verbale ou physique, sont toujours là.

Face à cette montée inquiétante de la violence en milieu scolaire, des voix s’élèvent pour demander des mesures concrètes afin d’endiguer ce mal. Des syndicats et des associations de parents d’élèves tirent la sonnette d’alarme sur ce phénomène et affirment que des efforts doivent être consentis pour lutter contre celui-ci puisque les choses n’ont pas tellement changé depuis des années. Au contraire, cette violence, qui se limitait, au début, aux insultes, a évolué en une violence physique.

Contacté par le Jeune Indépendant, le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), Boualem Amoura, a qualifié l’ampleur que prend la violence dans le milieu scolaire de « grave ». Selon lui, le phénomène demeure toujours un sujet d’actualité. Il a fait savoir que le Satef a déjà tiré la sonnette d’alarme sur ce phénomène et a émis des propositions pour l’endiguer. « Plusieurs syndicats du secteur avaient déjà, en 2015 et 2016, formulé des propositions pour endiguer un tant soit peu cette montée de la violence », a précisé M. Amoura.

Plusieurs actes de violence sont en effet signalés un peu partout dans le milieu scolaire. « Il y a même des cas où des armes à feu ont été utilisées », a regretté M. Amoura, sans préciser où ni quand l’utilisation de ces armes à feu a eu lieu.

Le SG du Satef a affirmé que la violence scolaire devient de plus en plus inquiétante, que ce soit dans l’enceinte des établissements scolaires ou aux alentours. Pour le syndicaliste, cette violence existe sous plusieurs formes. Il s’agit, selon lui, des violences de l’élève envers l’enseignant ou de l’enseignant et du personnel éducatif envers l’élève, ainsi que la violence de parents d’élèves envers des enseignants. D’ailleurs, la violence enregistrée aux abords des écoles a déjà été dénoncée par le personnel éducatif, et ce depuis plusieurs années.

Selon le syndicaliste, les causes à l’origine de cette violence en milieu scolaire puisent, entre autres, leurs racines chez les parents, qui n’assument pas leurs responsabilités et attendent tout de l’école.

Il a imputé également la situation au manque de formation des directeurs, des enseignants et de tous ceux qui interviennent dans l’éducation de l’élève. « L’éducation de l’élève est une grande responsabilité et nécessite la contribution de tous les acteurs », a-t-il souligné. M. Amoura a également évoqué la responsabilité de l’Etat qui devrait mettre à la disposition du secteur tous les moyens nécessaires pour « éradiquer » le phénomène.

Amoura a interpellé les pouvoirs publics afin de mettre en place des mécanismes plus rigoureux en vue d’assurer un climat sain et une protection de la famille éducative et des élèves contre toute forme de violence. M. Amoura a suggéré l’installation de caméras de surveillance dans chaque établissement pour contrôler les alentours des écoles.

Le Satef a également réclamé la présence permanente des services de sécurité, à travers le renforcement des patrouilles autour des écoles, a-t-il ajouté. M. Amoura a rappelé que les syndicats du secteur ont également appelé au recrutement de plus d’adjoints de l’éducation et de surveillants. « Par exemple, certains établissements, à l’heure où je vous parle, ont seulement un directeur, il n’y a ni surveillant général ni censeur. Pourtant, la norme exige un adjoint pour 150 élèves », s’est-il désolé.

 

Pour le réseau algérien pour la défense des droits de l’enfant (Nada), le phénomène en milieu scolaire connaît une recrudescence inquiétante. Selon les informations fournies par le réseau, ce sont les parents d’élèves qui appellent pour se plaindre. Nada appelle donc à une prise de conscience collective et à une action immédiate pour garantir un environnement d’apprentissage sûr aux enfants.

 



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