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Monde

Violations des droits de l’homme aux Etats-Unis: Une association américaine saisit l’ONU

Violations des droits de l’homme aux Etats-Unis: Une association américaine saisit l’ONU

« Il est temps d’ouvrir une enquête contre les Etats-Unis, afin de les juger, comme ils l’ont souvent soutenu à l’égard d’autres pays », a écrit American Civil Liberties Union dans une lettre adressée au Conseil des Nations Unies pour les Droits de l’homme.

L’association à demande à l’ONU de convoquer une réunion d’urgence pour enquêter sur la répression policière américaine contre les mouvements de manifestation, qui ont eu lieu à la suite de la mort de l’Afro-américain George Floyd.

Un sondage conjointement mené par Wall Street Journal et NBC fait état de 80% d’Américains qui pensent que leur pays était hors du contrôle. Comment l’unique superpuissance du monde en est-elle arrivée là ?
Sur fond d’indignation générale, les forces de l’ordre américaines poursuivent leurs pratiques inhumaines qui ne font que mettre en danger et violer les droits de l’homme. En Virginie, un Afro-américain a été électrocuté au moment de son arrestation, à New York, des véhicules policiers ont foncé dans la foule, à Buffalo, un monsieur de 75 ans a été poussé et tombé à terre, avec un saignement au niveau de sa nuque, dans l’Ohio, des policiers ont enlevé par force le masque des manifestants et leur ont pulvérisé du gaz poivre. A cela s’ajoute le mauvais traitement infligé aux journalistes de la part des éléments de la police.

Selon Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, pas moins de 200 journalistes ont subi des attaques ou fait objet d’arrestations arbitraires, bien qu’ils aient tous décliné leur identité. Ahurissant pour un pays qui s’est toujours vanté pour la liberté d’expression, constate Michelle Bachelet.

 Basse créatures
Des tragédies insuffisantes pour décourager certains politiciens et médias américains. Ceux-ci ont préféré attiser les conflits ethniques qui déchirent actuellement la société américaine. Donald Trump traite de « basse créature » (lowlife) et de « perdant » (loser) les manifestants ; Le sénateur Tom Cotton crie ouvertement à « envoyer l’armée » ; Fox News a même diffusé un schéma prétendant que la violence contre les Afro-américains contribuait à la hausse de la bourse : Bobby Rush représentant de l’Illinois a trouvé cela « frustrant et dégoûtant ».

Tout le monde l’a compris : ces politiciens américains, qui se prennent pour défenseurs des droits de l’homme, ne sont là que pour fabriquer des catastrophes humanitaires. Les Etats-Unis ont les « droits de l’homme » sur leurs lèvres, cela ne les empêche pas d’ignorer leur propre devoir pour garantir les droits de l’homme, ni de fermer leurs yeux devant la vie du peuple, a commenté le journal britannique The Independent. Pour le ministère russe des Affaires étrangères, les manifestations d’envergure qui se passent aux Etats-Unis ne sont rien que le résultat du double critère observé par Washington. Une situation extrêmement embarrassante pour les diplomates américains qui s’affairent à vendre leurs valeurs : liberté, démocratie et droits de l’homme…

Dans un récent article, le magazine américain Politico indique que s’il s’agissait d’un pays autre que les Etats-Unis, on aurait vu un scénario familier déployé par les diplomates américains : ils auraient exprimé leur inquiétude devant le chaos, demandant au gouvernement du pays en question à autoriser les manifestations pacifiques, à son armée de se retenir, sans oublier bien sûr de condamner la répression contre des journalistes par la police.

Ce scénario a été totalement oublié, parce que le pays en cause, se trouve être les Etats-Unis. Difficile pour leurs diplomates de reprendre leurs vieux refrains alors que chez eux, la liberté d’expression est bafouée, la démocratie peine à survivre, les droits de l’homme foulés aux pieds. « Nous ressemblons à des hypocrites », ont avoué des diplomates américains. Pour Molly Montgomery, un diplomate ayant travaillé en Afghanistan et en Bosnie-Herzégovine, c’est un moment « navrant » et il est temps de « réfléchir ».

Mike Pompéo qui a tellement l’habitude de juger les autres pays selon les principes de « démocratie » et de « droits de l’homme », semble avoir soudainement perdu sa voix devant les mouvements de contestation dans son propre pays pour protester contre le racisme. CNN a remarqué le 9 juin que Pompeo n’avait pas prononcé un mot à propos des inégalités raciales, ni donné des consignes à ses hommes concernant la question. Son attitude a provoqué les mécontentements de plusieurs diplomates, qui pensent que Pompeo « n’avait pas l’intention de toucher à la question », de peur qu’il ne frustre la Maison blanche.

Lors d’une conférence de presse le 10 juin, le même Pompeo n’a pas hésité d’attaquer d’autres pays en termes de croyance religieuse. « Notre pays est spécial », « c’est le plus grand pays en matière de civilisation humaine », a-t-il lancé. Sa vantardise a eu comme écho des commentaires sulfureux de la part des internautes : « Ce pays a le plus élevé taux de contamination au COVID-19, trop spécial, non ? » « Vraiment spécial, spécialement raciste… ».

Il y a 70 ans, dans son livre « Le paradoxe américain », le suédois Karl Gunnar Myrdal a indiqué que le paradoxe des Etats-Unis provenait du décalage entre les crédos du pays et les inégalités racistes existantes. Il revenait au gouvernement fédéral de résoudre la contradiction, selon le chercheur.

Cinquante ans après l’adoption de l’Acte des droits civils, une loi qui abrogeait la discrimination raciale, le problème demeure non résolu. Des officiels sont toujours capables d’inciter ouvertement à la discrimination raciale et de la tolérer. Pure violation des droits de l’homme. Triste réalité de la société américaine. 

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