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Nationale

Vibrant hommage à feu Hamid Bentayeb

Vibrant hommage à feu Hamid Bentayeb

Y’aurait-il pléonasme si l’on parlait ou l’on écrivait « théâtre intellectuel » ? A considérer que oui, ça vaut quand même l’introduction de cet adjectif « intellectuel » quand il s’agit du défunt artiste, Hamid Bentayeb, l’homme qui consacra toute sa vie au quatrième art.

Il traduisit et mit à la portée du grand public Brecht, Mohia et tant d’autres figures intellectuelles. Et comme tant d’autres intellectuels, feu Hamid Bentayeb connut, à cause de son intransigeance intellectuelle et artistique, connut le chômage et l’isolement, voire la thébaïde.

Et le comble, le terrorisme vint ajouter sa pique de contrariété au chemin déjà caillouteux de feu Hamid Bentayeb. En effet, le 25 juin 200I, l’artiste fut lâchement assassiné à Boudouaou par un groupe terroriste.

Treize ans et demi après sa disparition, le théâtre régional Kateb Yacine de Tizi-Ouzou, que dirigent magistralement Ould-Ali El-Hadi et son équipe de collaborateurs, a décidé de rendre justice, en lui rendant un vibrant hommage, à cet homme qui ne vivait que pour l’art et assassiné froidement à cause de son art. La grande salle des spectacles du théâtre régional Kateb Yacine était pleine à craquer de monde effectivement, avant-hier, durant tout l’après-midi, pour cette occasion. La veuve du défunt, Mme Hassiba Bentayeb était présente à ce rendez-vous. Elle dira que c’était un grand jour pour elle d’être à Tizi-Ouzou.

« Si mon défunt mari était encore vivant, je suis sûre qu’il partagerait ce sentiment ». « La seule chose que je regrette, poursuit la veuve de Hamid Bentayeb, la marginalisation dont a été victime mon défunt mari « .

Au menu de représentation en guise d’hommage à l’artiste disparu, figuraient trois extraits de ses pièces , en l’occurrence « Targit « (le rêve), « Mohand uchavane « (Mohand de Chavane) et « Cfawat N’yiwen Udarwich « (souvenirs d’un fou). Ces trois extraits ont été superbement interprétés par le comédien, Hachimi Kachi, lequel a côtoyé feu Hamid Bentayeb durant cinq années, plus exactement de I993 jusqu’à I998.

Aujourd’hui, le comédien Hachimi Kachi vit een France et y poursuit sa carrière artistique. Toujours au chapitre théâtral, une troupe d’Oum El Bouaghi a merveilleusement interprété une pièce théâtrale pour enfants intitulée : « El foudouli el saghir « .

Par ailleurs, le public, nombreux, a écouté le discours du directeur du théâtre régional Kateb Yacine de Tizi-Ouzou, le témoignage du compagnon du défunt artiste, Abderhamane Houche et vu une projection vidéo retraçant certains passages et témoignant des œuvres du disparu.

Cette manifestation fut également, comme le veut la coutume de la grande famille du théâtre Kateb Yacine de Tizi-Ouzou, par la remise de cadeaux et titres de reconnaissance aux hôtes de marque, en l’occurrence Mme Hassiba Bentayeb, Hachimi Kachi et Abderrahmane Houche. Ces cadeaux et titres en question ont été reçus des mains du directeur du théâtre régional Kateb Yacine en personne et du célèbre comédien et ex-compagnon du défunt, Amar Naït-Sid, connu sous le pseudonyme artistique, Amar Columbo.

S’agissant de la biographie et l’itinéraire artistique de feu Hamid Bentayeb, elle se présente sommairement ainsi : Il est né le I0 juin I952 à Tizi-Ouzou. En décidant de mener une carrière artistique, feu Hamid Bentayeb fit son entrée à l’institut national des arts dramatiques (INAD) de Bordj El Kiffan (Alger) en I968 où il a suivi une formation de quatre ans.

Juste après sa formation, il a répondu à l’appel du service national. C’est au cours de son accomplissement du devoir militaire qu’il fit ses premières animations théâtrales, et ce dans le cadre des activités culturelles et artistiques de l’armée.

C’est d’ailleurs sous les drapeaux que le défunt réalisa l’adaptation, la traduction à l’arabe parlé et la mise en scène des pièces comme « le fleuve de la folie « du célèbre écrivain égyptien, Tewfil El Hakim, « le conférencier et la demande en mariage « d’Anton Pavlovitch Tchekov. De I974 à I977, feu Hamid Tayeb rejoindra le théâtre régional d’Oran où il interprétera des pièces comme « Errihane « de Abbas Lekhdar, « Hammam rebbi « d’Abdelkader Alloula, etc.

A la télévision algérienne, il tiendra un rôle dans la série « Chambre 28 « de Malek Bouguermouh. En I992, il réalisera un monologue en tamazight intitulé « targit « , une œuvre originelle de Mohia. Les œuvres et les implications dans le travail artistique de feu Hamid Bentayeb seront multiples.

Cependant, sa vision et sa conception du travail artistiques lui attireront des inimitiés et des contrariétés d’où la traversée du désert durant quelques années. « Même en étant au chômage, dira sa veuve dans un petit point de presse, Hamid n’arrêtait pas de travailler « . C’est peut-être aussi la vision irénique de l’artiste qui a suscité la colère de ceux qui croyaient détenir la clef du temple de la morale d’où leur barbare réaction au cours de cette journée du 25 juin 200I. Toutefois, le legs artistique du défunt est d’une richesse inestimable.

En se confiant en Jeune Indépendant, le comédien Hachimi Kach, qui vit depuis 200I en France, a assuré que le théâtre algérien a ses fans en France. Notre interlocuteur, membre de la troupe théâtrale « Iguellilène « , a avoué que sur invitation de l’association culturelle berbère de Paris (ACBP) qu’Iguellilène s’est rendue en France pour la première fois pour s’y produire.

A travers une tournée à travers de nombreuses villes de France, l’intérêt pour le théâtre algérien a été réel. « Et en 200I, j’ai décidé de m’installer là-bas « , a affirmé le comédien Hachimi Kachi. Le comédien a ajouté que ce qui manque au théâtre algérien, c’est incontestablement des producteurs et des promoteurs.

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