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Culture

Vibrant hommage à Farid Ferragui

Vibrant hommage à Farid Ferragui

Dans le monde de la chanson kabyle, il y a des artistes qui réussissent à créer une parfaite symbiose entre leur profil proprement artistique et leur côté purement universitaire et intellectuel. C’est le cas par exemple de Idir, Karim Abranis, Belaïd Tagrawla, Ali Idheflawen, etc.

C’est le cas également de Farid Ferragui, journaliste de formation. Il est diplômé de l’Institut de journalisme en France. Et avant d’opter pour la formation journalistique, il avait exercé le métier d’enseignant après avoir reçu une formation dans ce sens ici en Algérie, plus exactement à l’Ecole normale de Tizi-Ouzou.

Parallèlement à ce côté relevant de la formation professionnelle, Farid Ferragui a embrassé une carrière artistique. Il est auteur, compositeur et interprète. Sa discographie est d’une grande richesse tant en nombre qu’en qualité. C’est en 1981 qu’il a enregistré son premier album, A yl Ivghan thulass (ô cœur épris des filles).

Dès la parution de ce premier album, qui a été un succès fou, des connaisseurs l’ont déjà prédestiné à une carrière artistique fulgurante. Aujourd’hui, Farid Ferragui a donc 35 années de carrière. Son public est très nombreux et surtout mélomane. Son talent est tel qu’en 2012, un hommage lui a été rendu à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou.

Un deuxième hommage lui a été rendu encore hier, dans l’espace de cette même institution et par cette même institution, et ce en collaboration avec l’Office national des doits d’auteur et des droits voisins (ONDADV) et l’association culturelle des arts dramatiques et cinématographique Ithrane de Draâ El Mizan. Et comme en 2012, l’espace de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri était hier plein à craquer de monde.

Il y avait naturellement les amis et proches de Farid Ferragui, mais aussi une pléthore d’artistes dont Belaïd Tagrawla, Rabah Ouferhat, Ali Idheflawen, Abdennour Ammour, Malika Domrane, Brahim Tayeb.

La première moitié du programme de la manifestation, consacrée aux témoignages sur l’artiste, a eu lieu dans l’espace du petit théâtre et la seconde, qui devait être traduite par des chants, dans la salle des spectacles. Concernant les témoignages, le représentant de l’ONDADV, Saïd Abbas, a déclaré que des mesures au profit de l’artiste, algérien seront arrêtées par l’institution qu’il représente.

« C’est dans ce sens, poursuit-il, que l’ONDADV a décidé de lancer une caravane à travers le territoire national pour rencontrer les artistes algériens, avant de recueillir leurs suggestions sur d’éventuelles carences à combler ».

L’intervenant a précisé dans ce sens que « le directeur général de l’ONDADV, El Hocine Ben Cheikh, s’est rendu à Béjaïa ». « Samedi prochain, poursuit Saïd Abbas, le rendez-vous aura lieu ici à Tizi-Ouzou. »

Rabah Ouferhat, président du syndicat des artistes de la wilaya de Tizi Ouzou, affilié à l’UGTA, a assuré que depuis la reconnaissance du statut de l’artiste beaucoup de choses positives ont été apportées à la famille artistique. Il a noté également que son association travaille en parfaite entente avec les responsables de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou, notamment avec Mme Nabila Goumeziane.

Cette dernier, a d’abord souligné le génie artistique et l’honnêteté intellectuelle de Farid Ferragui, pour affirmer ensuite que l’ensemble des responsables du département culturel n’épargnent aucun effort pour redonner à la culture algérienne ses lettres de noblesse.

Elle a également mis l’accent sur les moyens non des moindres mobilisés pour la culture amazighe. Quant à Farid Ferragui, qui est intervenu dans le cadre de l’habituel jeu de questions – réponses, a déclaré sans ambages que s’il est resté encore sur la scène artistique, « c’est par fidélité au public ; car je me sens à présent très las ».

Avec une rhétorique propre aux universitaires et intellectuels, Farid Ferragui a situé la dimension et la portée des arts dans les sociétés. S’agissant plus précisément de la chanson kabyle, l’auteur de A yl Ivghan Tulass a affirmé que d’après ses propres jugements, elle se porte bien.

Par rapport à ces jeunes chanteurs « qui ne se soucient pas de la teneur de leur texte », Farid Ferragui s’est montré très indulgent à leur égard. Sans doute Farid Ferragui, à l’instar des hommes et des femmes qui ont porté très haut les couleurs de la chanson algérienne, a constaté l’indigence artistique d’un bon nombre de jeunes chanteurs dont la motivation première est le gain facile.

Toutefois, il n’a pas manifesté publiquement sa contrariété. Bien des intervenants dans la salle l’ont cependant fait à sa place.
Notons enfin que Farid Ferragui, qui est né le 25 octobre 1953 au village Taka, dans la commune de M’kira, fait la navette entre la France et l’Algérie. A presque 63 ans, il paraît encore très jeune et plus d’un le citent comme détenteur du secret du maintien de cette « éternelle et merveilleuse jeunesse ».

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