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Vers une prolongation ou une pause dans les pourparlers de Vienne ?

Vers une prolongation ou une pause dans les pourparlers de Vienne ?

Encore quelques heures, quelques jours, quelques mois ? Au quatorzième jour de pourparlers acharnés, la question de la durée des négociations sur le nucléaire iranien se pose alors que s’est achevé hier soir à Vienne un énième délai pour aboutir à un accord historique.

Les principaux acteurs de la négociation, l’Américain John Kerry et l’Iranien Mohammad Javad Zarif, se sont rencontrés une nouvelle fois dans la matinée d’hier, après avoir l’un et l’autre laissé entendre, jeudi, qu’un accord n’avait rien d’imminent.

Les négociations sur le nucléaire iranien à Vienne sont « péniblement lentes » et une nouvelle réunion ministérielle est prévue aujourd’hui, a annoncé pour sa part, hier, le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond.

« C’est péniblement lent », a-t-il déclaré à des journalistes rassemblés devant le palais Coburg où se tiennent les pourparlers depuis 14 jours. « Je fais confiance à nos négociateurs qui travaillent avec les Iraniens pour éclaircir un peu plus le texte dans les douze prochaines heures, et nous pourrons nous retrouver demain pour voir si nous pouvons surmonter les derniers obstacles », a indiqué le ministre.

La lenteur, chaque partie l’explique à sa façon. « Vu que les travaux sont extrêmement techniques et les enjeux très, très élevés, on ne se précipitera pas et on ne se laissera pas précipiter vers un accord », a souligné jeudi John Kerry. Mohammad Javad Zarif a déploré de son côté des « demandes excessives » et même « des changements de positions » de l’autre camp.

L’Iran et les grandes puissances du P5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) sont réunis depuis deux semaines dans la capitale autrichienne pour tenter de conclure un accord dans ce dossier qui empoisonne les relations internationales depuis plus de douze ans.

Les pourparlers, engagés il y a près de deux ans et initialement censés aboutir pour la date butoir du 30 juin à Vienne, ont été déjà prolongés à deux reprises en raison de la persistance de désaccords fondamentaux, le dernier délai en date s’est achevé en principe hier soir.

Mais les négociations semblent marquer le pas et les ministres ont renoncé à tenter d’arracher dans la nuit de jeudi à vendredi un accord pour l’heure butoir du vendredi 10 juillet à 04H00 GMT, qui aurait permis un examen d’un texte par le Congrès américain avant les vacances parlementaires

Le Français Laurent Fabius, revenu spécialement à Vienne jeudi dans cette perspective, a d’ailleurs quitté la capitale autrichienne hier, avant un retour attendu dans la soirée, selon une source diplomatique.

Mohammad Javad Zarif a assuré jeudi être prêt à rester à Vienne « aussi longtemps que nécessaire » pour parvenir à un accord. Mais John Kerry a souligné que les Etats-Unis ne resteraient pas « à la table de négociations pour toujours ».

« Si les décisions difficiles ne sont pas prises, nous sommes tout à fait préparés à mettre fin au processus », a-t-il prévenu. Mais les responsables iraniens répondent en retour qu’il revient « aux Occidentaux de prendre les décisions nécessaires ».

« C’est une question de oui ou de non. Les parties ont la marge de manœuvre politique pour prendre des décisions politiques », résume la représentante de la diplomatie européenne, Frederica Mogherini.

L’accord est destiné à garantir la nature strictement pacifique du programme nucléaire iranien en échange d’une levée des sanctions internationales qui étouffent l’économie de ce pays.
En pratique, trois scénarios s’offrent aux négociateurs si aucun accord n’intervient dans la journée : une nouvelle prolongation du round viennois, une déclaration d’échec, jugée peu probable par les observateurs en raison des enjeux et des efforts déployés, ou un report des pourparlers, une hypothèse longtemps taboue.

Une prolongation ou un report nécessiteraient une nouvelle prolongation, hier, de l’accord intérimaire conclu en novembre 2013 et servant de cadre légal au processus. Cet accord a mis en place un gel partiel des sanctions en échange de la suspension de certaines activités nucléaires de Téhéran.

« Si les points de désaccord restants ne sont pas réglés d’ici à la fin du week-end, une pause semble apparaître inévitable », estime l’analyste Ali Vaez, de l’International Crisis Group.

En dépit des progrès accomplis, que toutes les délégations s’accordent à reconnaître, plusieurs points restent irrésolus. Téhéran réclame notamment la levée des restrictions sur les armes et sur son programme balistique. Il s’agit d’une des mesures figurant parmi la série de sanctions adoptées depuis 2006 par le Conseil de sécurité de l’ONU, mais l’Iran argue que cet embargo n’a rien à voir avec le dossier nucléaire.

Moscou a apporté jeudi un soutien de poids aux demandes iraniennes en souhaitant la levée « dès que possible » de cet embargo, un des points de crispation de la négociation. Un responsable iranien a affirmé que la Chine soutenait également cette position.

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