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Nationale

Vers une pénurie de boissons à la veille du ramadhan

Vers une pénurie de boissons à la veille du ramadhan

Rien ne va plus pour la production nationale des boissons.
Depuis la mise en vigueur de la loi interdisant l’importation d’un certain nombre de produits, il y a deux mois, plusieurs entreprises productrices ont été gravement affectées, ce qui amène à une pénurie de boissons à la veille du ramadhan et de la saison estivale.

C’est en vue de tirer la sonnette d’alarme que le président de l’Association des producteurs algériens des boissons (Apab), Ali Hamani, s’est réuni ce mercredi avec les producteurs nationaux de boissons en présence de la presse nationale. Hamani s’est indigné de la situation « accablante » dans laquelle se trouvent la plupart des usines productrices de boissons, et alerte sur le sort qui attend ces dernières. Il relève que les producteurs de boissons n’ont pas été consultés ni tenus en compte lors de l’établissement de la liste des produits suspendus à l’importation.

Selon lui, toutes les entreprises activant dans ce secteur risquent de mettre la clé sous le paillasson dans un mois et demi au maximum, mettant ainsi au chômage plus de vingt mille employés directs. Le président de l’Apab a indiqué que plusieurs correspondances ont été transmises au ministère du Commerce, avant une séance de travail le 15 février avec la commission du suivi et de l’évaluation des mesures et sauvegarde en vue d’une réunion avec le Consortium des fabricants d’arômes le 19 février.

L’intervenant a signalé que « le manque de matière première nécessaire aux unités de production ne cesse de s’accroître. Cela d’autant plus que les fabricants locaux des arômes ont reconnu, lors de ladite réunion, leur incapacité d’approvisionner, dans l’immédiat, l’industrie agroalimentaire en arômes.
Couvrant plus de 85% du marché national en termes de boissons, ces opérateurs s’inquiètent sérieusement pour l’avenir de leurs entités économiques qui se trouvent dans le blocage total, regrette le conférencier. Il a estimé qu’il est illogique de se presser d’interdire l’importation des intrants « hyper nécessaires » pour l’industrie agroalimentaire avant de développer ce segment localement car, avec seulement huit fabricants d’arômes opérationnels, il est presque inexistant, a-t-il déclaré. 
Le problème est plus complexe selon lui car, pour développer la production des arômes en Algérie on aura toujours besoin d’intrants importés, eu égard aux exigences de qualité des produits compétitifs répondant aux besoins du consommateur.
De ce fait, Hamani interpelle, haut et fort, les pouvoirs publics pour qu’ils interviennent en urgence. Il est impossible, a-t-il martelé, d’attendre le délai de développement du segment des arômes en Algérie. A ce propos, il a tenu à préciser que son association avait soulevé, en 2015, la question dela nécessité de développer la production nationale de ces matières premières (arômes et huiles), en émettant des recommandations à suivre, mais il semble que ces dernières n’ont pas été entendues
Le président de l’Apab a souligné le soutien de son association à la démarche du gouvernement visant à réduire le déficit de la balance commerciale, considérant néanmoins que ce n’est pas en cassant une activité en pleine expansion que l’on peut bâtir l’économie de son pays. Une économie se construit en arrêtant une politique nationale globale tenant compte de tous les acteurs concernés, et en impliquant les experts et les spécialistes en la matière. Par ailleurs, l’expert et spécialiste en commerce international, Smail Lalmas, avait prédit ce problème depuis l’annonce de la liste des 851 produits interdits à l’importation. L’analyste avait expliqué que cette décision « improvisée » allait compromettre l’industrie nationale et que le vrai problème n’était pas l’importation de ces produits, mais la définition d’une véritable stratégie économique visant la promotion d’une production nationale compétitive. 
 

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