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Nationale

Vers une indemnisation des irradiés de Reggan

Vers une indemnisation des irradiés de Reggan

L’Algérie a reçu de nouvelles propositions de la part des autorités françaises au sujet des irradiés de Reggane, du nom de la première bombe atomique testée par la France en 1962.

Selon le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, il s’agit de l’indemnisation des victimes algériennes. Une rencontre mixte algéro- française aura lieu prochainement pour déterminer le montant de ces indemnités.
La loi Morin de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français dans le Sahara algérien a connu depuis 2010 une application « poussive, loin des objectifs » que le législateur s’est assignés, a révélé un rapport du Sénat français rendu public il y a trois ans.

Trente deux dossiers algériens de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français dans le Sahara ont été rejetés par la commission adhoc mise sur pied à la faveur de la loi Morin, car jugés « incompatibles » avec cette dernière. Ils ont été refusés au motif que les pathologies déclarées n’entrent pas dans le cadre de la loi.

Lors de sa visite d’Etat en Algérie en 2013, l’ex-président français François Hollande avait déclaré que cette loi devait être appliquée « pleinement » : « Cette loi n’a certainement pas été appliquée avec la détermination nécessaire », avait-il estimé.

Le 13 février 1960, la France faisait exploser sa première bombe atomique, Gerboise bleue, dans le ciel de Reggane, en plein Sahara algérien ; un désastre écologique et humain qui, 53 ans après, continue de provoquer des maladies dont des cancers radio-induits. A ce jour, aucune des victimes civiles de ces essais, suivies par d’autres jusqu’en 1966, n’a été reconnue comme telle. La construction du site de Reggane débute dès juillet 1957 ; la France y organisera, 3 ans plus tard, le plus grand et le plus dangereux essai nucléaire.
En effet, cette première bombe atomique était d’une puissance de feu nucléaire dépassant les 450 kilotonnes, l’équivalent de trois bombes d’Hiroshima.
L’essai ne fut pas le dernier, car la France a procédé à une série de 15 essais, entre 1960 et 1966. A l’époque, Reggane etait habité par une vingtaine de milliers de personnes. Les autorités coloniales affirmaient pourtant qu’il s’agissait d’une région inhabitée.
De leur côté, les habitants parlent de dizaines de décès. En plus du cancer, le nombre de personnes aveugles ou atteintes de glaucome atteint des proportions effrayantes. Selon les habitants, des dizaines de personnes ont perdu la vue pendant les premières années qui ont suivi les essais, et des centaines d’autres se sont fait opérer en Algérie ou à l’étranger. De même, beaucoup de maladies chroniques des voies respiratoires, urologiques et des diarrhées chez les enfants ont été constatées. Les essais ont produit des changements violents tels que des déplacements de dunes de sable dans les zones souffrant d’érosion. De même, un appauvrissement de la faune et de la flore, avec la disparition de nombreux reptiles et d’oiseaux, y compris migrateurs.

Les essais réalisés à In Iker de 1961 à 1966 ont eu les mêmes effets, sinon plus dévastateurs que ceux de Reggane, causant la mort de nombreux algériens. C’est un désastre écologique et humain. Plusieurs associations se sont battues pour inciter la France à reconnaître les conséquences irréversibles des essais nucléaires. Abderrahman Lhbab, ingénieur chimiste et membre de l’Association algérienne du 13 février 1960, estime que la France « se trompe » en considérant que les victimes sont seulement celles qui ont travaillé sur le site. Le 13 juin 2010, un décret exécutif avait été promulgué en France en application de la loi Morin sur les conditions et modalités d’indemnisation des victimes des explosions et essais nucléaires français. Pourtant en 2013, sur 700 dossiers d’indemnisation qui ont été déposés, seuls 4 ont été jugés recevables !

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