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Nationale

Vers une bataille électorale de grande envergure

Vers une bataille électorale de grande envergure

En convoquant le corps électoral pour le 4 mai prochain, le président de la République Abdelaziz Bouteflika vient de lancer le starter pour une nouvelle bataille politique de grande envergure. Une bataille qui s’inscrit dans ce long processus de construction démocratique et citoyenne.

Ainsi, l’élection des membres de l’Assemblée populaire nationale revêt un caractère exceptionnel dans les milieux politiques, car l’APN, quoique Chambre basse dans le système algérien, soit l’objet de toutes les convoitises et source de pouvoirs, voire l’émanation d’éventuels contre-pouvoirs et d’influences sur les sphères décisionnelles de l’Etat.

Selon le décret présidentiel signé jeudi par le chef de l’Etat, la convocation du corps électoral s’est faite conformément aux dispositions de l’article 91-6 de la Constitution et des dispositions pertinentes de la loi organique n°10-16 portant régime électoral. Ce décret ouvre la voie à une nouvelle révision des listes électorales à partir de la semaine prochaine, et jusqu’au 22 février.

Ces législatives de 2017 semblent devoir se dérouler dans une conjoncture exceptionnelle, marquées non pas par des débats et des divergences politiques comme cela a eu lieu lors des élections de 2012, mais par un contexte de crise économique et surtout par la diminution des recettes pétrolières.

Un contexte qui a complètement enveloppé de sa chape les grands thèmes de nos partis politiques depuis des années, comme la réconciliation nationale, la consécration des libertés individuelles et collectives, les droits de l’homme, l’émancipation des femmes et surtout les réformes institutionnelles.

De plus, ces élections sont qualifiées par les observateurs comme un test majeur pour le pouvoir, d’autant qu’il s’agira des premières élections après la révision de la Constitutionne opérée il y a juste un an.

De cette révision justement est née cette nouvelle institution, la Haute instance indépendante de supervision des élections, l’organe qui va bâtir sa propre réputation et sa crédibilité, alors que sa naissance fut l’objet de toutes les suspicions de la part des milieux de l’opposition.

L’organe d’Abdelwahab Derbal sait que le succès de ces élections est extrêmement important, car il va fonder une nouvelle perception de la chose électorale, de l’acte de voter et surtout de l’action citoyenne et démocratique.

D’un autre côté, ces législatives constituent pour les forces politiques un examen déterminant qui va situer les forces des uns et des autres. Bien plus qu’une démarcation, ces élections de mai sont considérées comme un filtre électoral, qui va balayer les plus faibles et assainir le paysage politique national, complètement brouillé par l’émergence d’une soixantaine de partis politiques dans la foulée des premières réformes de l’année 2012.

Le durcissement de la loi électorale, qui impose la barre des 4% même si elle a été assouplie récemment, est déjà un levier juridique qui va imposer aux petits politiques le recours aux tactiques de regroupements et de rassemblements, soit par la création d’alliances conjoncturelles, soit par la constitution des blocs politiques.

C’est cet impératif qui s’est imposé aux différentes sensibilités de la mouvance islamiste, les obligeant à s’auto-dissoudre en deux entités politiques. Il s’agissait de la meilleure manière pour éviter la disparition et consacrer une grande visibilité politique, en attendant d’établir durablement une identité idéologique et intellectuelle.

La création des blocs compacts à l’occasion de ces législatives devrait être à la mode car il semble bien qu’à l’issue des joutes, on se dirige vers la naissance d’autres alliances entre des partis des mouvance conservatrice et nationaliste, voire démocratiques. Bien qu’à l’horizon rien n’indique une telle hypothèse, des observateurs estiment que les prochaines législatives vont reconfigurer totalement la scène politique.

Il s’agit, à leurs yeux, d’une nouvelle distribution des cartes selon de nouvelles règles et avec des arbitrages nouveaux. C’est ce contexte assez particulier qui a retenu l’attention et l’intérêt de l’opposition, dont la grande majorité a décidé d’y participer, bien qu’elle critique avec virulence l’ambiance générale et le climat politique.

Pratiquement, toute l’opposition a dit oui aux législatives en dépit de ses peurs, de ses doutes et surtout de la propension traditionnelle aux “dérives électorales”, aux “fraudes” et autres anomalies. Toute l’opposition a remodelé ses discours en prévision de ces joutes, abandonnant les fameux concepts de transition démocratique ou de “vacance du pouvoir”. Seuls les partis d’Ali Benflis et de Jil Jadid ont refusé ce test électoral, pour des raisons différentes.

Avec ce starter de Bouteflika, la vie politique va s’animer davantage, bien que la hantise de l’abstention demeure comme une épée de Damoclès sur la tête de nos élites politiques. Il est bien beau de rameuter tout le monde autour de ces joutes et de les intéresser pour devenir des candidats et députés.

Mais, il serait encore plus beau et vital de convaincre notre électorat à voter et à choisir ses élus. C’est cette mission qui ni le gouvernement, ni nos partis politiques n’ont pu réussir. L’examen du jeudi 4 mai sera-t-il le bon ?

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