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Nationale

Vers un long procès khalifa

Vers un long procès khalifa

Le procès tant attendu de Khalifa Abdelmoumène Rafik et les 74 autres accusés poursuivis dans le cadre de l’affaire de la Caisse principale de Khalifa Bank, s’est ouvert hier au tribunal criminel de Blida, en dépit des sollicitations des certains avocats qui insistaient sur le renvoi de l’affaire.

Ces derniers ont émis le vœu que leur client soit auditionné par un juge d’instruction avant qu’il ne soit déféré devant le tribunal criminel. Les mis en cause sont poursuivis entre autres pour association de malfaiteurs, détournement et dilapidation de déniés publics, faux et faux usage de faux dans des documents administratifs et comptables.

Me Medjhouda Merouane : « Mon client a toujours été bien traité à la prison d’El Harrach ! »

« Mon client est innocent des faits qui lui sont reprochés dans l’affaire dite la caisse principale de Khalifa bank. Il va essayer de prouver son innocence et démasquer ceux qui sont derrière sa condamnation par contumace à la réclusion à perpétuité ».

« Mon client est incarcéré dans de bonnes conditions depuis son extradition au pays et sa famille lui rend visite chaque semaine. Il ne se plaint de rien ! Abdemoumene Khalifa n’a pas commis de génocides qu’a commis Layada ! ».

Voila donc quelques extraits de déclarations faites par Me Madjhouda Merouane, avocat du principal accusé dans l’affaire de Khalifa Bank.

D’emblée, l’avocat a affirmé aux journalistes que :                         « Abdelmoumene Khalifa est innocent jusqu’à preuves de contraire des chefs d’inculpation retenus à son encontre au cours de l’enquête préliminaire et durant l’instruction judiciaire pour la simple raison qu’il n’ a jamais été entendu par le juge d’instruction qui était chargé de l’enquête judiciaire ».

Me Madjhouda a par ailleurs indiqué que son client détient les preuves de son innocence et qu’il va les présenter au moment opportun sans toutefois les préciser.

Il a en outre souligné que son client va dire beaucoup de choses au cours de son audition par le tribunal criminel d’Alger et n’écarte pas qu’il citera des noms qui sont à l’origine de son emprisonnement.

A la question de savoir si Abdelmoumene Khalifa souffrait des conditions de sa détention, l’avocat a démenti catégoriquement ces accusations en clamant haut et fort : « Il a toujours était bien traité par tout le monde à la prison d’El Harrach et sa famille ne s’est jamais plaint de ca ! ».

Ce qu’il faut retenir du procès :

l Le ministre des Finances Mohamed Djellab s’est rendu personnellement au tribunal criminel de Blida pour remettre son rapport concernant l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank au président du tribunal.

l Le président du tribunal criminel de Blida a décidé la jonction des deux affaires, à savoir celles de la caisse principale de la banque Khalifa et d’Abdelmoumène Khalifa. Le juge a estimé que le mis en cause ne peut pas être entendu en qualité d’accusé et de témoin en même temps.

l Le président du tribunal criminel de Blida, Antar Menouar, fait l’appel des mis en cause. Il commence par l’appel des accusés poursuivis dans ce scandale qui a secoué l’Algérie lors de la dernière décennie. Il signifie à chacun d’eux le chef d’inculpation retenu contre lui. Parmi les mis en cause figure, entre autres, le golden boy, Khalifa Abdelmoumène Rafik, extradé de Grande-Bretagne le 25 décembre 2013.

Le mis en cause, abattu, a perdu beaucoup de son poids ; il trouvait beaucoup de difficultés pour s’asseoir. Il jetait des regards évasifs vers l’assistance. Abdelmoumène Khalifa, méconnaissable, suivit attentivement les interventions de ses avocats à l’instar de Me Medjhouda Merouane et de Me Lazher. Il se contentait de chuchoter avec ses ex-collaborateurs tout en prenant le soin de ne pas être vu par le magistrat en charge du dossier.

l Quelques minutes plus tard, le président invite les représentants des 53 parties civiles à se présenter à la barre pour se constituer en tant que victimes dans cette affaire et, par-delà, demander des réparations matérielles pour les préjudices qu’ils ont subis.

l Dans le même contexte, le président a refusé la constitution d’une société égyptienne appartenant à Ibrahim Abdelaziz et dont le siège se trouve au Caire et d’un Algérien, Saadia Ferhat, installé à Sétif pour non fondement.

l Le président a ensuite appelé les témoins dont le nombre dépasse 300 personnes. Parmi eux figure notamment Mohamed Djellab, ex-administrateur de Khalifa Bank et actuel ministre des Finances. Le ministre a rendu son rapport au président du tribunal criminel et ce en présence des deux responsables de la cour de Blida, à savoir le président et le procureur général.

l Plusieurs hauts cadres cités dans cette affaire étaient absents à l’audience, en dépit des convocations qui leur ont été adressées par le parquet général de la ville des Roses, à l’instar de Mourad Medelci, ex-ministre des Finances et ex-ministre des Affaires étrangères et actuel président du Conseil constitutionnel, Abdelmadjid Tebboune, actuel ministre de l’Habitat, Abou Djerra Soltani, ex-ministre d’Etat, Mohamed Laksaci, gouverneur de la Banque d’Algérie et Abdelmadjid Sidi Saïd.

l D’anciens cadres et dirigeants de clubs sportifs n’ont pas répondu aux convocations des instances judiciaires de la cour de Blida, à l’exemple d’Abdelhakim Serrar, ex-président de l’Entente de Sétif, de Saïd Allik, ancien président de l’USMA et de Lakhdar Belloumi, ancien joueur de l’équipe nationale.

l L’animateur sportif de la Chaine III Maamar Djebbour, sera entendu en qualité de témoin dans le cadre de l’affaire de Khalifa Bank. 

l L’un des avocats de la défense a formulé des demandes, lesquelles ont été purement et simplement rejetées par les juges, notamment en ce qui concerne la nullité des procédures entamées contre Khalifa Abdelmoumène

l Le président de la SSPA/JSK (Jeunesse sportive de Kabylie), Mohand Cherif Hannachi a déclaré, en marge du procès, que tout ce qu’il sait c’est que « Khalifa Abdelmoumène a fait beaucoup de bien au club et lui a été d’un grand apport. En dehors de cela, je ne sais rien ! ».

l Le président du tribunal demande au greffier de donner lecture de l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation de Blida qui comporte 325 pages.

l Le président procède à la constitution du tribunal criminel à travers le tirage au sort des jurés. Deux autres juges et deux autres membres du jury sont invités à prendre place aux cotés de la composition du tribunal criminel.

l Le procès est caractérisé par une bataille de procédures. L’un des avocats de Khalifa a demandé à ce que son client ne soit pas qualifié d’accusé principal, car il bénéficie de la présomption d’innocence. Ce qui lui a été accordé.

l La deuxième requête de Me Lezzar Nasserddine consiste en l’annulation de la procédure de préparation du procès parce que son client n’a pas été présenté devant le juge d’instruction, conformément à l’article 66 du code de procédure pénale. Mais le juge lui rappelle qu’il a lui-même procédé à l’instruction complémentaire le 6 avril dernier.

Me Lezzar revient à la charge pour dire qu’il ne peut y avoir d’instruction complémentaire sans la préliminaire. Aussi, je demande à ce que le procès soit ajourné pour qu’Abdelmoumène Khalifa soit présenté devant le juge d’instruction et qu’il instruise à charge et à décharge, y compris en auditionnant les témoins ».

« Et qu’est-ce qu’on fait de l’arrêt de renvoi ? », demande le juge avant d’expliquer que toute la procédure a été respectée. Le procureur général prend la parole pour dire que « ce serait une première qu’un accusé contre lequel l’ordonnance de contumace soit soumise revient à la procédure de l’instruction ».

Et le procureur d’ajouter : « L’accusé a choisi l’option de la fuite. Par conséquent, je demande au tribunal de rejeter la requête de la défense car infondée et sans aucune base juridique.
Le défenseur précisera que Khalifa n’était pas en fuite mais en détention en Angleterre. Me Lezzar oublie que l’instruction de l’affaire de la caisse principale de Khalifa Bank a commencé en 2003.

Abdelmoumène Khalifa n’a répondu à aucune convocation du juge d’instruction et son arrestation par les autorités britanniques est intervenue après le prononcé du verdict en 2007.
l La justice avait été saisie de cette affaire après que la Banque d’Algérie eut constaté un découvert de 3,2 milliards de DA dans la caisse principale de Khalifa Bank.

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