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Monde

Vers l’élection d’une chambre d’enregistrement pour Al-Sissi

Vers l’élection d’une chambre d’enregistrement pour Al-Sissi

Les Egyptiens ont voté hier pour élire un Parlement qui va renforcer la mainmise du président Abdel Fattah al-Sissi sur le pays en l’absence de toute opposition, violemment réprimée depuis qu’il a destitué son prédécesseur Mohamed Morsi il y a plus de deux ans.

Le seul enjeu de ce scrutin joué d’avance qui s’étale sur un mois et demi sera la participation, selon les experts : elle permettra de savoir si le quasi-culte de la personnalité dont jouit l’ex-chef de l’armée depuis qu’il a mis une fin brutale à l’éphémère pouvoir civil des Frères musulmans de Mohamed Morsi, s’effrite ou non dans un pays dont l’économie est en déliquescence.

« Ce sera le Parlement du président », estime sans ambages Hazem Hosny, professeur de Sciences politiques à l’université du Caire. « Une chambre d’enregistrement », renchérissent unanimes politologues et diplomates.

Après avoir éradiqué les Frères musulmans, principale force d’opposition depuis près de neuf décennies, le nouveau gouvernement a fait interdire et réprimer violemment toute manifestation de l’opposition laïque et libérale, interpellant les principales figures de la jeunesse qui mena la révolte de 2011 ayant entraîné la chute de Hosni Moubarak.

Ce scrutin se déroule donc en l’absence de toute opposition et les innombrables affiches de candidats qui couvrent les murs de la capitale ne montrent que des candidats soutenant Sissi. Les législatives, les premières depuis la dissolution en juin 2012 du Parlement dominé par les Frères, se déroulent ainsi dans une quasi-indifférence.

Une majorité d’Egyptiens, ravis de la reprise en main du pays par un « homme fort » après trois années de chaos politique, estime en effet que le Parlement ne jouera qu’un rôle très marginal. « Les Egyptiens ont perdu tout intérêt pour le scrutin », confirme le politologue Hazem Hosny, qui s’attend à un faible taux de participation.

Dans la matinée, peu d’électeurs se pressaient aux portes des bureaux de vote au Caire. Mais Refaat Komsan, un conseiller du Premier ministre, a estimé que la participation « devrait augmenter en fin de journée », lorsque les températures se font plus clémentes, et après les heures de travail.

Outre un soutien populaire, le président bénéficie également de l’appui des pays occidentaux qui lui vendent massivement des armes, persuadés qu’il est, comme il le proclame, le principal rempart dans la région contre les djihadistes de l’Etat islamique (EI).

La branche égyptienne de l’EI multiplie cependant les attentats très meurtriers depuis 2013 jusque dans la capitale, visant pour l’heure quasi-exclusivement l’armée et la police.

Le scrutin à la fois uninominal et de liste, débute dimanche et lundi dans 14 des 27 provinces du pays et s’achèvera, pour les quelque 55 millions d’électeurs du plus peuplé des pays arabes, le 2 décembre. Il enverra 596 députés au Parlement. 

Toutes les coalitions concourant pour le scrutin de liste soutiennent le président Al-Sissi et comptent dans leurs rangs bon nombre d’anciens membres du Parti national démocrate (PND), la formation dissoute de Hosni Moubarak.

« Pour l’Amour de l’Egypte », la principale alliance, est cornaquée essentiellement par des hommes d’affaires multimillionnaires et des ex-ministres de Moubarak. Elle ambitionne de contrôler les deux-tiers du Parlement pour soutenir le chef de l’Etat. Le parti salafiste Al-Nour est le seul parti islamiste en lice. Ouvertement pro-Sissi lui aussi.

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