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Nationale

Vers la naissance d’un deuxième FLN

Vers la naissance d’un deuxième FLN

Il semble bien que le vieux parti se dirige vers une nouvelle scission organique et politique. Après celle de 2004, lors du bras de fer entre Abdelaziz Bouteflika et le SG de l’époque Ali Benflis à l’occasion de la présidentielle, le FLN devrait connaître encore une fois de nouvelles perturbations.

Alors que le contesté secrétaire général Amar Saâdani met les voiles sur son congrès qu’il prévoit de tenir les 28 et 29 mai, ses adversaires, pris par surprise, se sont mis à réagir, selon la tournure des événements qui semblent loin d’être favorables à leurs desseins. Selon toute vraisemblance, les adversaires de Saâdani sont désormais convaincus qu’ils ne peuvent plus empêcher la tenue des travaux du congrès, en dépit de leurs dépôts de plaintes, ainsi que des décisions de justice qui risquent bien de leur être défavorables.

Même leurs recours en référé ne pourraient pas freiner le cours des événements. Ni même les pétitions engagées dans la hâte pour faire basculer les rapports de force au sein de l’instance du comité central, dont le mandat a pris fin il y a presque deux mois. Serein quant à sa consécration, Saâdani, imperturbable, qualifie les actions de ses détracteurs de « simples dos d’ânes » sur sa route.

C’est ainsi qu’il a mis tous les atouts de son côté, en mobilisant aussi bien les femmes, dont il prévoit au moins le tiers parmi les congressistes, que les catégories juvéniles. Sa tactique est de lancer de nouvelles têtes dans les nouvelles mouhafadhas et les kasmas, de les « choyer », de les rendre plus visibles politiquement pour casser la vieille tradition organique et politique, cette règle consacrée au FLN, qui veut que les dinosaures ne perdent jamais dans les élections primaires et qu’ils ne se retirent jamais de l’action interne.

Or, voilà que ses adversaires, plus divisés que jamais et pris de court, ont décidé de réagir ensemble, en lançant des actions communes et en unifiant leurs démarches.

C’est ainsi qu’on apprend dans le milieu des opposants qu’une réunion est prévue demain, probablement au domicile de l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur, Rachid Harraoubia, entre les principaux acteurs des trois ou quatre tendances qui s’opposent à l’actuelle direction du parti. Selon nos sources, lors des premiers contacts en vue de concilier ces tendances ou clans qui s’opposent depuis des années, deux idées se dégagent. La première est de se mettre d’accord sur une plate-forme politique et organique, alors que la seconde est la tenue d’un congrès parallèle.

D’ailleurs, il semble bien que le chef du mouvement de redressement cré au temps d’Abdelaziz Belkhadem, Abdelkarim Abada, est favorable à cette feuille de route et prêt à tout pour lancer le plus rapidement possible les préparatifs d’un congrès parallèle. Dans ses discussions et ses négociations avec les autres animateurs des tendances qui s’opposent à Saâdani, il se montra prêt à adhérer à cette « extrémité » organique.

L’autre ancien ministre Salah Goudjil, aujourd’hui sénateur, préconise plutôt une période de transition afin d’assainir les appareils du parti et le réorganiser pour plus de légitimité et de représentativité. 

Saâdani, il se montra prêt à adhérer à cette « extrémité » organique. L’autre ancien ministre Salah Goudjil, aujourd’hui sénateur, préconise plutôt une période de transition afin d’assainir les appareils du parti et le réorganiser pour plus de légitimité et de représentativité.

Selon ses propositions, il est question de la création d’un organe collégial provisoire, dont les membres seront choisis parmi les cadres les plus fidèles et les plus anciens, voire d’anciens dirigeants historiques, et qui n’ont aucune ambition à prétendre à un poste de responsabilité au sein des appareils du parti. Il cita plusieurs noms dans cette perspective, comme d’anciens SG qui gardent une certaine aura et une crédibilité politique auprès de la base.

D’ailleurs, c’est avec cette proposition que certains avaient suggéré que ce groupe restreint devrait se concerter avec le président d’honneur du FLN, en l’occurrence Bouteflika, avant toute décision.

Toutefois, l’impression générale qui se dégage de cette guéguerre, c’est que les plus virulents adversaires de Saâdani semblent chercher une nouvelle alliance en vue de préparer un congrès parallèle, histoire de dire qu’on ne reconnaîtra pas les décisions et les motions qui sortiront des travaux du congrès de Saâdani.

Un scénario ou la thèse du pire, qui risque de diviser le FLN encore davantage et pourrait mettre dans la gêne aussi bien le ministère de l’Intérieur que celui de la Justice.

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