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Nationale

Vers la fin de la suprématie française en Algérie

Vers la fin de la suprématie française en Algérie

Des représentants de fermes américaines spécialisées dans l’élevage intensif de bovins laitiers ont effectué une mission de prospection en Algérie, cette semaine.

Les négociations ont porté sur la mise en place, dans une première étape, de fermes-pilotes pour le lancement du modèle américain dans cette filière. L’Algérie exprime des besoins en lait qui s’élèvent à 5 milliards de litres par an. Sa production locale ne dépasse pas les 3 milliards de litres/an, dont 26% seulement sont intégrés dans le processus de transformation et l’industrie laitière, (800 millions litres), le reste étant commercialisé à travers des circuits informels.

Ainsi, l’Algérie représente une destination idéale pour les principaux producteurs de lait à travers le monde.
Pour l’heure, la France demeure le principal fournisseur du marché algérien des produits agricoles dont les produits laitiers et leurs dérivés. Cependant, la concurrence est tellement rude qu’elle est susceptible de chambouler la donne à moyen terme.
Certes, les deux pays continuent à sceller des accords dans ce domaine.

A la fin 2014, le ministre de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Stéphane le Foll, et son homologue algérien, Abdelwahab Nouri, ont renforcé le rapprochement entre les deux pays dans le domaine de l’élevage laitier avec de nouveaux accords comprenant la création de projets communs en Algérie et le renforcement du volume de bovins laitiers français exportés vers l’Algérie qui est actuellement de l’ordre de 20 000 à 30 000 têtes/an.

Mais de plus en plus, des pays leaders dans le domaine agricole sont à l’affût et guettent les opportunités idoines pour conquérir un marché important avec ses 40 millions de consommateurs.
Selon le conseil de coopération algéro-américain, quatre accords au total ont été signés entre les deux parties visant tous la mise en place de joint-ventures dans trois domaines distincts se rapportant à la production agricole.

Outre la production laitière, la coopération entre les deux pays s’élargit également à la production de bio fertilisants ainsi que des semences de pomme de terre à partir de souches adaptées au climat local, précise encore un communiqué rendu public à l’issue de la visite de la délégation américaine.

Le président du conseil de coopération algéro-américain, M. Smaïl Chikhoun, a récemment fait état de trois projets proposés par les opérateurs américains qui ont fait le déplacement à Alger et dont le lancement est prévu dans les prochains mois. 

Il s’agit de mettre en place une ferme-pilote de 400 vaches laitières, une pépinière de génisses et un complexe pour la production de fourrage adapté au climat désertique destiné au bovin laitier.

Les deux parties ont également convenu d’introduire de nouvelles races de vaches laitières à travers l’importation d’embryons et de semences animales d’origine américaine. Un intérêt pour lequel ne s’est jamais fait distinguer la partie française en dépit de l’ancienneté de sa présence en Algérie.

L’objectif visé à long terme par les responsables du secteur agricole algérien à travers cette initiative serait d’inculquer le modèle américain en matière de développement de l’élevage laitier dans les régions désertiques.

Pour cela, les responsables et opérateurs algériens de la filière laitière escomptent le transfert de l’expérience américaine dans ce domaine pour édifier dans le Sud du pays une filière laitière sur un modèle identique à celui en vigueur actuellement dans les Etats de Californie et Texas où les conditions climatiques sont jugées d’une même aridité que le Sud de l’Algérie.

Pour l’instant, l’Algérie continue d’importer de grosses quantités de poudre de lait en dépit de l’ambitieux plan de développement de la filière lait initié depuis une quinzaine d’années par les pouvoirs publics.

Le ministère de l’Agriculture, qui a la charge d’assurer l’autosuffisance en la matière par la mise en place du PNDA (Plan national du développement agricole), vient d’attribuer un accord provisoire à douze négociants étrangers.

C’est par l’entremise de l’Office national interprofessionnel du lait (Onil) que le département de Nouri s’apprête à finaliser des accords définitifs avec trois sociétés hollandaises, deux françaises, deux suisses, une singapourienne, une néo-zélandaise et trois autres sociétés d’Allemagne, de Pologne et d’Irlande.

Ces sociétés, pour la plupart des « intermédiaires et négociants » dans le commerce de la poudre de lait, ont répondu à l’ »appel international restreint » lancé en 2014. Selon les statistiques des Douanes algériennes (Cnis), la valeur globale des importations de l’Algérie en produits laitiers est estimée à 1,91 milliard de dollars en 2014, contre 1,13 milliard de dollars en 2013, en hausse de 69,4%.

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