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Op-Ed

«Véreux» ou viral, le cantonner ?

Les presque « assises » nationales réduites sur le Commerce extérieur organisées par Sellal, son ministre du département en question et les journalistes se sont transformées en plaidoyer du ministère public où l’accusé principal est l’importateur « véreux ».

Sellal semble dire que l’Etat, sa machine qui broie du lourd, ses moyens de contrôle, ses fichiers et son pouvoir judiciaire a attendu tout ce temps parce que tout simplement l’importateur « véreux » l’a viré. Par la ruse.

Ou par la malice. Par le banditisme financier, le trafic en tout genre, le trabendo, l’informel, le blanchiment et tutti quanti.Sellal semble dire aussi, quel aveu du jet de l’éponge blanche !, que le « sain » pouvoir, cet Etat-là, ces institutions-là restées debout, qui ont sauvé le peuple de la République de la vindicte, sont tenues aujourd’hui en respect devant quelques bandits se balançant d’une surfacture à une autre, d’un milliard à un autre, d’un concessionnaire à un autre, d’un contenneur à un autre transportés sur de médiocres bateaux de marchandises à coup de 6 milliards d’euros par an.

Voilà l’équation que Sellal, doté de la plus nationaliste des intentions, ne peut résoudre seule, Premier de la classe gouvernementale qu’il est aujourd’hui. Pourquoi ?

Parce que, tout simplement, pour arrêter cette fatale hémorragie causée par les importateurs « viraux », et non pas « véreux », il faudrait à Sellal, s’il est en pouvoir de le faire : de vraies assises, un vrai carnet d’adresses, un pouvoir judiciaire indépendant, une diplomatie en béton, un ministère des Finances et les instituts subordonnés à son département, le gouverneur de la Banque d’Algérie, les exportateurs, les investisseurs nationaux, bloqués pour une raison ou pour une autre et, enfin, les prestigieuses mains « valideuse » de lois. La cause mérite bien plus qu’un « séjour » sympathique tissé par des phrases de marasme.

Phrases faites après la mainlevée de l’Etat sur le Commerce extérieur. La fin du monopole et la providence, ces titrailles qui n’ont fait qu’abrutir le peuple pour le convaincre du jour.

Le jour où il grillera sa devise pour une cannette de jus d’orange importée de l’Arabie saoudite ou du Qatar, pour une chemise à teigne de la Chine, un pantalon de la Turquie, un kamis du Pakistan, du khôl de l’Afghanistan, du paracétamol de la Jordanie… parce que l’importateur « véreux » n’est pas encore identifié !
Peut-être qu’on ne cherche pas dans la bonne direction et qu’il faudrait chercher le virus embusqué dans les grosses fortunes, non ?

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