Vaccination infantile : Introduction d’un vaccin combiné
Le ministère de la Santé lance, ce dimanche, le calendrier national de vaccination infantile 2023, avec comme nouveauté l’introduction d’un vaccin combiné dans le cadre du renforcement de la protection des enfants contre les maladies évitables par la vaccination.
La nouvelle campagne se distingue par l’introduction d’un vaccin combiné qui, avec d’autres vaccins, permettra la protection contre onze maladies infantiles. A travers cette actualisation le ministère souligne l’intérêt particulier qu’il accorde au programme élargi de vaccination en assurant l’efficacité et la sécurité des vaccins.
Contacté par le Jeune Indépendant, le Dr Abdelhamid Salah Laouar, médecin généraliste et président de la Société savante, a souligné l’importance de la vaccination infantile, déclarant que « le vaccin, d’une façon générale, empêche la propagation des épidémies et des pandémies. Quand les enfants sont vaccinés, quelle que soit la virulence de la maladie, à l’instar de la rubéole, de la rougeole ou de la coqueluche, le vaccin est le seul moyen de pouvoir l’éradiquer ».
Il a ajouté : « En tant que médecin, je lance un appel à tous les parents pour qu’ils adhèrent massivement à la campagne de vaccination afin de protéger leurs enfants contre des maladies graves », enchaînant que « la vaccination, c’est l’assurance-vie de leurs enfants et il faudrait que tout le monde souscrive à cette assurance-vie ».
La vaccination permet de protéger les enfants dès la naissance contre onze maladies infantiles dont les complications sont parfois graves et peuvent mener jusqu’à la mort, à l’instar de la tuberculose, l’hépatite B, la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, les oreillons, la rougeole, la rubéole ainsi que le pneumocoque et l’Haemophilus type B.
Il convient de noter que l’introduction du vaccin combiné de six vaccins en dose unique permet de protéger contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la polio, l’Haemophilus et l’hépatite B.
Le médecin a souligné que ce vaccin combiné permettra aux parents de ne pas omettre ou rater l’inoculation d’un vaccin quand il y a plusieurs types de vaccins injectés séparément dans un court délai.
Il a indiqué que « cela permet également d’éviter des injections répétitives qui, parfois, sont douloureuses et, de ce fait, sont difficilement acceptables par les enfants et même parfois par les parents eux-mêmes ». Il s’agit également d’un intérêt économique « du fait que lorsque les vaccins sont regroupés en une seule dose, cela diminue certains coûts annexes avec la même efficacité des vaccins inoculés séparément », a-t-il expliqué.
En outre, le praticien de la santé a insisté sur l’importance du respect du schéma vaccinal, affirmant qu’« il est important de respecter les dates de rappel de vaccin ». Il a expliqué à ce sujet que « l’inoculation du premier vaccin va s’adresser à un corps qui n’a pas d’anticorps spécifiques fabriqués contre les virus afin de le protéger contre les maladies et certaines complications possibles.
Ensuite, pour maintenir les anticorps dans un taux suffisamment élevé au niveau de l’organisme, il faut des doses de rappel de vaccin, et ce afin de renforcer le système immunitaire pour qu’il produise des anticorps s’étalant durant une période donnée. Cela permet ainsi de maintenir une vigilance continue de l’organisme pour contrer toute éventuelle agression virale ».
Le Dr Salah Laouar a tenu à sensibiliser les parents contre la propagande des anti-vaccins qui « s’appuient sur des arguments non scientifiques et qui sont émis en s’appuyant sur des hypothèses échafaudées dans des esprits malintentionnés et sans aucun fondement ». Il a indiqué qu’« il est impératif que les parents prennent conscience de l’importance de la vaccination contre les maladies infantiles en faisant confiance au système de santé et aux médecins algériens », argumentant que la vaccination contribue à ce que « les enfants puissent se développer en bonne santé et s’épanouir en évitant des complications parfois graves qui peuvent mener jusqu’au décès ».
Par ailleurs, à l’occasion du lancement de la campagne de vaccination, le directeur de la prévention au sein du ministère de la Santé, le Dr Djamel Fourar, a déclaré que « le ministère a ajusté le programme élargi de vaccination infantile en tenant compte de la situation épidémiologique et des développements enregistrés pour contribuer de manière significative à la lutte contre la mortalité infantile ».
Le Dr Fourar a détaillé le nouveau calendrier vaccinal, précisant que les enfants recevront un vaccin combinant six antigènes en une seule injection administrée à 2, 4 et 12 mois, au lieu des trois injections prévues dans l’ancien calendrier. Il a expliqué à ce sujet que « lorsqu’il y avait trois injections, on en faisait deux et on reportait la troisième à une date ultérieure, mais les parents ne ramenaient pas leur enfant pour la troisième injection ».
En conséquence, dans le nouveau calendrier, la dose de vaccin contre la rougeole administrée à 3 mois a été réduite, puisque le nouveau calendrier prévoit une vaccination complète à 2, 4 et 12 mois. L’enfant recevra également d’autres vaccins contre la rougeole, les oreillons et la rubéole à 11 mois et 18 mois, comme initialement prévu dans le précédent calendrier.