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Nationale

Vaccination contre la Covid-19 : quelle stratégie pour l’Algérie ?

Vaccination contre la Covid-19 : quelle stratégie pour l’Algérie ?

L’Algérie a opté pour l’acquisition du vaccin anti-Covid développé par la Russie, Spoutnik V, et devra réceptionner le premier lot, d’une quantité équivalente à 100 000 doses sur les 500 000 commandées, à  partir de la mi-janvier. Quelle stratégie sera suivie par le gouvernement pour vacciner les citoyens et atteindre les résultats voulus dans le cadre de la lutte contre cette épidémie ?

Alors que les campagnes de vaccination contre la Covid-19 ont commencé dans de nombreux pays, les Algériens ne savent encore presque rien de la stratégie nationale de vaccination qui sera suivie par les autorités. On s’interroge à ce jour sur l’efficacité du vaccin choisi, sur la date du début de la vaccination et sur les catégories de personnes à vacciner en priorité.

Le porte-parole du comité scientifique en charge du suivi de l’épidémie de coronavirus en Algérie, le Dr Djamel Fourar, a déclaré que l’Algérie sera au rendez-vous pour la campagne de vaccination. S’exprimant à l’issue de la présentation du bilan quotidien de la Covid-19, il a fait savoir que le président de la République a donné des instructions pour commencer la vaccination durant le  mois en cours.

«Nous serons au rendez-vous», a affirmé le Dr Fourar, insistant sur le maintien des mesures barrière pour éviter une nouvelle flambée de l’épidémie, qui connaît une baisse depuis le pic de plus de 1 100 cas quotidiens du 24 novembre dernier. Il a expliqué que «des instructions ont été données aux structures de santé pour se préparer». Cependant, le comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie devrait valider, dans les brefs délais, le plan de vaccination national mis en place par la Direction générale de la prévention du ministère de la Santé. Ce plan permettra, en effet, de bien gérer la campagne de vaccination pour atteindre le résultat escompté dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

Le Dr Fourar a révélé que l’Algérie est «fin prête» sur le plan logistique pour mener, sur plusieurs mois, l’opération de vaccination contre le coronavirus. S’appuyant sur des études et des standards internationaux concernant la vaccination, le Dr Fourar a indiqué que l’opération concernera, en priorité, des personnes cibles et touchera «au moins 70% de la population pour casser la chaîne de transmission».

Inquiétudes chez la communauté médicale

Au sein de la communauté médicale, l’attente des vaccins et d’une stratégie de vaccination claire accentue la pression mais aussi les inquiétudes. Le Dr Djamel Touati, pneumologue, s’interroge sur l’efficacité des vaccins et les effets secondaires à moyen et à long terme. «Le virus est en mutation constante et de nouvelles souches apparaissent. Je ne sais pas si les vaccins fabriqués seront en mesure de nous prémunir réellement», s’est-il interrogé. Le spécialiste n’a pas manqué d’exprimer ses craintes quant à la production de ces vaccins. Il estime que les autorités doivent communiquer et donner plus d’informations sur le choix du vaccin et comment il sera procédé à la vaccination.

«Dans le cas contraire, a-t-il dit, on risque d’observer une réticence de la part des citoyens qui ne souhaitent pas se faire vacciner». Le Dr Touati a suggéré d’entamer, dès maintenant, des campagnes de sensibilisation auprès des citoyens et du personnel médical, et ce afin d’éclairer les citoyens et d’estomper les doutes concernant le vaccin.

«L’Algérie est passée par une période très alarmante durant laquelle le nombre de cas a dépassé 1 100 et il y a eu une hausse inquiétante pendant quatre ou cinq semaines, et depuis, on observe une baisse des cas de contamination. Donc, on est dans une situation stable », a-t-il indiqué. Il a tout de même insisté sur l’importance de continuer de faire très attention et d’appliquer les mesures préventives pour éviter la circulation du virus.

Scepticisme chez les Algériens 

Si beaucoup d’Algériens attendent avec impatience le lancement de la campagne de vaccination anti-Covid-19, d’autres sont plus réticents, pour ne pas dire hostiles, à l’idée de se faire vacciner. Au moment où l’Algérie s’apprête à accueillir le premier lot du vaccin russe, nombreux sont les Algériens qui expriment leur réticence à toute forme de vaccination, épidémie ou pas.

Ces derniers ne semblent pas convaincus de l’efficacité du vaccin malgré l’urgence sanitaire liée au coronavirus. Interrogés au sujet du vaccin, ils sont nombreux à avoir affirmé qu’ils ne souhaiteraient pas bénéficier d’un vaccin contre le coronavirus. Sihem, cadre dans une entreprise, s’est dit contre la vaccination. «Personnellement, je suis contre l’idée de me faire vacciner. En plus, la vaccination n’est pas obligatoire», a-t-elle indiqué, signalant qu’elle a eu une mauvaise expérience avec les vaccins.

Cette mère de famille a préconisé de ne pas se précipiter à acheter le vaccin avant d’être sûr de son efficacité et de l’absence d’effets secondaires à moyen et à long terme. «Déjà, l’idée de me faire vacciner est effrayante et j’ai peur des risques encourus», a-t-elle estimé. Kamel, retraité, s’est dit aussi contre la vaccination. «Nous n’avons aucune information sur ce vaccin russe, sur son efficacité et s’il a déjà été testé ou pas. C’est la raison qui me laisse appréhender toute idée de vaccination», a-t-il fait savoir.

Il convient de rappeler que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait, le 20 décembre dernier, instruit le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, à l’effet de présider «en urgence» une réunion avec le comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie pour choisir le vaccin approprié et entamer une campagne de vaccination dès ce mois de janvier.

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