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Nationale

Vacances de fin d’année : Les agences de voyage face à la flambée des prix

Vacances de fin d’année : Les agences de voyage face à la flambée des prix

C’est la période des vaches maigres en cette fin d’année pour les agences de voyage et de tourisme. Ces dernières semblent subir directement les répercussions d’une crise économique qui perdure depuis maintenant plusieurs années et risque de se prolonger au vu de la situation politique instable du pays. Une crise qui ne cesse d’éroder le pouvoir d’achat des classes moyennes et d’ébranler sérieusement l’activité touristique déjà entravée par le durcissement dans l’octroi de visa pour certaines destinations.

Un constat sur lequel s’accordent plusieurs responsables d’agences de voyage, qui essaient au demeurant de basculer « ce sale temps » en faveur du tourisme interne et de faire découvrir en cette fin d’année aux touristes nationaux ou étrangers de beaux paysages, des endroits à couper le souffle.

L’agence Zaaticha, qui enregistre une régression remarquable des demandes de manière générale, réserve néanmoins à ses clients quelques offres « spécial fin d’année », nous a affirmé Warda Boudchicha, responsable de cette agence de voyage. Précisant que les destinations proposées sont internes, telles Taghit et Beni Abbès dans la wilaya de Béchar. Une offre de 5 nuitées dans une auberge traditionnelle coûtera 32 000 dinars, où l’on pourra assister à une soirée animée par des groupes folkloriques locaux autour d’un méchoui et autres mets traditionnels de la région. Quant à la possibilité de passer le réveillon 2020 en Tunisie, notre locutrice nous a révélé que la situation politique du pays suscite la réticence de nombre de touristes d’aller dans ce pays ou même ailleurs. « La demande sur la destination Tunisie a terriblement baissé cette année, avec pour cause principale l’instabilité politique du pays, en plus de la dégringolade de la capacité financière des bourses moyennes », indique la même responsable. Pour l’agence Zaaticha, Istanbul reste une destination à la carte qu’une catégorie nantie choisit pour passer d’agréables moments.

Les oasis rouge et blanche au programme

Pour sa part, l’Agence de tourisme Bicha Voyage met à la disposition de sa clientèle une panoplie de produits touristiques entre destinations internes et voyages à l’étranger. Selon Mehdi Bedjaoui, directeur commercial de cette agence, le client a plusieurs choix en fonction de son budget alloué à la fête de fin d’année.

« Pour les destinations internes, nous proposons Taghit, Ghardaïa et Timimoun avec des tarifs qui varient selon l’offre. Les deux circuits touristiques Taghit et Timimoun attirent plus de touristes, ils sont donc plus chers ». Et de s’étaler sur les offres : « Un séjour de cinq nuitées coûtera entre 42 900 et 43 900 dinars. Il comprend plusieurs sites à visiter, le transport et une pension complète. « Quant à Ghardaia, une excursion de trois nuitées, pension complète et transport inclus, ne dépasse pas 25 000 dinars », détaille-t-il.

Le directeur commercial de l’agence Bicha Voyage a souligné que l’activité touristique connaît cette année une léthargie due principalement à la crise économique et à la complication de la procédure de délivrance de visa pour la Turquie. « Plusieurs clients ont dû changer de destination en raison des nouvelles procédures imposées par les services de visa pour la Turquie, exigeant le déplacement de la personne concernée et l’attestation d’affiliation à la CNAS », dit-il.

Avec de telles entraves, explique-t-il, auxquelles s’ajoutent les prix qui demeurent inaccessibles pour de larges pans de la société, la Turquie intéresse de moins au moins nos clients.

Toutefois, notre locuteur garde un brin d’optimisme, nous informant que Dubai est la destination qui suscite plus d’engouement chez plusieurs clients issus de classes sociales plus au moins aisées. Et d’enchaîner avec plus de précisions : « Depuis le début de cette saison, nous avons déjà effectué deux vols complets pour un séjour de sept nuitées dans un hôtel quatre étoiles à 185 000 dinars ». Bedjaoui se dit impressionné par l’intérêt croissant qu’affichent les gens désireux de découvrir des pays autres que la Tunisie, l’Egypte ou encore la Turquie.

Contrairement aux deux précédentes agences de tourisme, la Tunisie demeure la destination la plus réussie pour l’agence de voyage La Pérouse. C’est ce qu’a affirmé sa directrice commerciale, Amina Rabhi, faisant savoir que leur programme réveillon 2020 est très riche, drainant d’ores et déjà une dizaine de bus qui vont démarrer le 28 décembre pour un séjour de 4 nuitées à 26 000 dinars.

Selon la directrice commerciale, la relation qu’entretient l’opérateur algérien avec les partenaires tunisiens dépendra de la manière de travailler et du type de partenariat conclu. « Nous entretenons des relations privilégiées et excellentes avec nos partenaires tunisiens, d’où notre réussite à organiser des séjours à la hauteur des attentes de nos clients ».

Cela étant dit, le facteur financier pèse lourdement sur le tourisme en Algérie et empêche sa prospérité avec la dépréciation effrénée de la monnaie nationale face à une devise en hausse exponentielle. Celle-ci, à chaque fin d’année, affiche une flambée vertigineuse.

Pour cette année, la barre de l’euro, à titre d’exemple, dépasse le seuil de 20 500 dinars pour 100 euros, le dollar n’est pas en reste avec 18 400 dinars pour 100 dollars. Une envolée que certains cambistes expliquent par la demande exceptionnelle qu’entraînent les fêtes de fin d’année. Cela en dit long sur l’envergure des réformes à entreprendre pour construire cette nouvelle Algérie dans ses différents compartiments, d’autant que le nouveau président de la République a promis au peuple d’améliorer l’allocation touristique et de la hisser à 1500 euros/an. Cela est-il possible avec un matelas financier qui ne cesse de se réduire comme une peau de chagrin, atteignant à la fin de 2020 quelque 50 milliards de dollars ?

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