Urologie : Nécessité d’une collaboration interdisciplinaire
Le 9e Congrès international de la Société algérienne d’urodynamique et de pelvi-périnéologie (SALUD-PP) a rassemblé des experts en urologie qui ont mis en lumière l’importance d’une approche interdisciplinaire dans la prise en charge des patients.
Les participants à ce congrès ont affirmé,ce samedi, que la collaboration interdisciplinaire n’est pas simplement un choix, mais une nécessité pour relever les défis de l’urologie moderne. Assurant qu’en établissant des réseaux de communication efficaces entre les différentes spécialités médicales, il est possible d’assurer une prise en charge intégrée et de haute qualité des patients
Ainsi, l’objectif central des discussions a été de souligner que l’association des spécialités médicales est non seulement bénéfique, mais essentielle pour garantir des soins de qualité et lutter contre l’errance médicale, un problème croissant dans le domaine de la santé.
L’urologie, par sa complexité et la diversité des pathologies qu’elle englobe, ne peut progresser isolément. Les intervenants ont insisté sur le fait que des disciplines connexes, telles que la gynécologie-obstétrique, la neurologie et l’oncologie jouent un rôle fondamental dans le diagnostic et le traitement des affections urologiques. Par exemple, les femmes souffrant de problèmes urologiques peuvent bénéficier d’une évaluation gynécologique approfondie, tandis que les patients atteints de cancer doivent être suivis par des oncologues pour des approches thérapeutiques adaptées.
Le Pr Khireddine Chetibi, chef de service de néphrologie et implantologie au CHU d’Annaba, a évoqué la complexité des cas de vessie neurologique. Cette condition, souvent causée par des accidents vasculaires cérébraux ou des traumatismes, nécessite une prise en charge qui englobe à la fois des soins urologiques et neurologiques. Il a souligné que « la nécessité d’une prise en charge multidisciplinaire est cruciale pour sécuriser les reins et améliorer la qualité de vie des patients ». Cela implique des solutions thérapeutiques innovantes en chirurgie et rééducation, qui peuvent considérablement améliorer le pronostic et le bien-être des patients.
Pour sa part, Dr Célia Mahmoudi, spécialiste en médecine nucléaire, a partagé des avancées marquantes dans le domaine de l’imagerie, en particulier l’introduction de la tomographie par émission de positrons (PET scan). Cette technique a transformé le dépistage des tumeurs cancéreuses en offrant une évaluation plus précise, permettant aux médecins d’adapter les traitements de manière plus efficace. Dans le cas du cancer de la prostate, par exemple, le PET scan contribue à « augmenter les chances de guérison » en ciblant spécifiquement les cellules cancéreuses, tout en minimisant les effets secondaires sur les tissus sains.
Quant au Pr Abderrezak Dahdouh, chef de service de chirurgie urologique au CHU de Constantine et président de la SALUD-PP, a fait état du nombre croissant de chirurgiens urologues formés en Algérie, estimant qu’environ 700 médecins exercent actuellement dans le secteur public et privé. Toutefois, il a appelé à une formation continue pour s’assurer que ces professionnels restent à jour avec les dernières avancées médicales et technologiques. Il a particulièrement souligné le besoin de formation adaptée à la prise en charge des patients victimes d’accidents de la route, ainsi qu’à l’augmentation de la population vieillissante, qui nécessite des soins spécifiques.
De son côté, le Pr Hocine Cherid, chef de service de médecine physique et de rééducation à l’EHS Azur Plage, a également affirmé l’importance d’un cadre médical et paramédical adéquat pour optimiser la prise en charge des patients. Il a annoncé que des sessions de formation seront organisées tout au long de l’année, afin de garantir que les chirurgiens et médecins urologues soient au fait des dernières innovations et techniques. Insistant sur le fait que ce cadre de formation continu est essentiel pour renforcer la collaboration interdisciplinaire et améliorer les résultats cliniques.
La coordination entre médecins, chirurgiens, oncologues, neurologues et autres spécialistes est cruciale pour garantir que chaque patient bénéficie d’une approche personnalisée, qui tient compte de la complexité de sa condition. Cette vision collaborative des soins représente un pas significatif vers l’amélioration de la santé des patients et la réduction de l’errance médicale en Algérie.