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Energies

Urgence énergétique: l’Algérie lance sa Task Force pour l’efficacité

Urgence énergétique: l’Algérie lance sa Task Force pour l’efficacité

Face à l’explosion de la consommation interne, le gouvernement passe à l’offensive. L’installation de la Commission intersectorielle de maîtrise de l’énergie (CIME) marque le début d’une nouvelle gouvernance qui rationalise l’usage domestique pour préserver les ressources et booster les capacités d’exportation.
Entre audit des sites industriels et développement d’une filière locale du
renouvelable, l’objectif est clair : produire mieux et consommer moins.

Placée sous la tutelle du ministère de l’Energie et des Energies renouvelables, la CIME est un organe consultatif stratégique national qui aura pour mission le soutien de la politique nationale de maîtrise de l’énergie. La cérémonie d’installation officielle de la CIME s’est tenue hier à l’Ecole de formation en management de Sonelgaz, regroupant plusieurs membres du gouvernement, en plus de représentants d’organisations et d’institutions nationales, ainsi que de dirigeants et représentants d’entreprises publiques et privées.

Le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal, qui a présidé la cérémonie d’installation de ladite commission, a mis en avant l’importance et le rôle qu’aura à jouer cet organe, affirmant que la mise en place de la CIME constitue « une étape importante pour le secteur de l’énergie ». La création de cette commission est « l’expression d’une volonté collective de construire une gouvernance énergétique moderne, participative et efficace », loin d’être « un simple cadre administratif ».

Selon M. Adjal, la force de cette commission réside dans la diversité de sa représentation, précisant qu’elle œuvrera à soutenir la politique de maîtrise de l’énergie à travers trois axes principaux. Il s’agit de la rationalisation de la consommation, de l’amélioration de l’efficacité énergétique et de la promotion des énergies renouvelables.

Affirmant que ces orientations « constituent une traduction concrète de la politique énergétique définie par le programme du président de la République », le ministre de l’Energie a exprimé sa confiance dans l’expertise et l’engagement de ses membres, les appelant à faire de cette instance « une force de proposition » et « un véritable moteur de changement » dans le domaine de la maîtrise de l’énergie en Algérie.

 Renforcer la coordination sectorielle

 Prenant part à cette cérémonie, le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a mis en avant le rôle qu’aura à jouer la Commission intersectorielle de maîtrise de l’énergie, affirmant que son installation « s’inscrit dans le cadre de la concrétisation d’une vision nationale globale visant à renforcer la maîtrise de l’énergie et à rationaliser sa consommation ».

Cela dans un contexte marqué par l’augmentation continue de la demande nationale en énergie, par la nécessité de préserver les ressources énergétiques et de garantir les équilibres économiques, ainsi que par les exigences de la transition énergétique et de la réduction de l’empreinte carbone, a précisé M. Arkab, soulignant le rôle important que jouera cette commission dans l’unification des efforts.

Affirmant que la réussite de la politique de maîtrise de l’énergie nécessite un renforcement de la coordination entre les différents secteurs, le ministre a mis en avant les efforts déployés au niveau du département des hydrocarbures, lequel œuvre à l’adoption d’un nouveau modèle énergétique. Ce dernier repose sur l’efficacité énergétique et l’exploitation rationnelle des ressources, à travers la généralisation de l’utilisation des technologies modernes et des énergies propres, notamment au niveau des sites de production et des installations industrielles, ce qui permet de réduire l’autoconsommation et d’améliorer la performance énergétique, a expliqué le ministre.

Il a également souligné que le renforcement de l’efficacité énergétique contribue à la réduction des coûts d’exploitation, à la libération de quantités importantes d’hydrocarbures destinées à la valorisation industrielle ou à l’exportation, ainsi qu’à la diminution des émissions de gaz à effet de serre. Il a, dans ce sens, exposé les principaux programmes et projets que le secteur s’emploie à concrétiser, en coordination avec le ministère de l’Energie et des Energies renouvelables, notamment le développement de projets d’énergie solaire au niveau des sites de Sonatrach, la généralisation des audits énergétiques dans les raffineries et les unités de liquéfaction, ainsi que la mise en œuvre de la stratégie de l’hydrogène vert en partenariat avec différents acteurs, ouvrant ainsi des perspectives prometteuses pour l’exportation d’énergie propre à l’avenir.

 Développer une industrie des équipements des ENR

 Les efforts du ministère de l’Industrie en matière d’efficacité énergétique ont, par ailleurs, été présentés par le premier responsable du secteur, Yahia Bachir, et ce à travers l’accompagnement des opérateurs économiques à s’organiser en clusters industriels spécialisés, notamment dans les industries électriques, contribuant ainsi à appuyer la transition énergétique.

Pour ce qui est de la CIME, le ministre de l’Industrie a indiqué que cette commission constitue « une étape concrète vers l’élaboration d’un plan stratégique et d’une feuille de route claire pour la rationalisation de l’usage de l’énergie », avec la contribution de l’ensemble des acteurs de tous les secteurs, au service des objectifs de développement durable en Algérie.

Selon lui, la maîtrise de l’énergie constitue un pilier essentiel pour renforcer la sécurité énergétique nationale, à travers la rationalisation de la consommation et l’amélioration de l’efficacité énergétique dans les différents secteurs, contribuant ainsi à soutenir la compétitivité nationale et à réduire l’intensité énergétique ainsi que l’empreinte carbone.

L’augmentation de la demande en gaz naturel impose, a-t-il signalé, l’adoption d’une nouvelle approche fondée sur la diversification des sources d’énergie et l’accélération de l’intégration des énergies renouvelables, afin de répondre aux besoins nationaux et de soutenir le développement de l’activité économique et industrielle, tout en respectant les engagements internationaux de l’Algérie dans les domaines énergétique et environnemental.

Il a, dans ce sens, mis en avant le fort potentiel de l’Algérie dans le domaine des énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire, ce qui lui permet de renforcer sa position dans ce secteur, insistant sur l’importance de développer une industrie nationale dédiée aux équipements de production d’énergies renouvelables, afin de stimuler l’innovation et de soutenir une trajectoire de développement industriel durable.



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