Université intelligente : le grand virage de l’IA
À l’occasion de la Conférence nationale des universités, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, a dévoilé ce samedi une feuille de route audacieuse pour l’année universitaire 2026-2027, plaçant l’intelligence artificielle, la numérisation et l’économie du savoir au cœur de la modernisation de l’enseignement supérieur algérien.
Dans son allocution inaugurale, Kamel Baddari a solennellement affirmé que l’université algérienne est entrée dans une nouvelle étape décisive, celle de l’intelligence, de l’entrepreneuriat et de la production de richesse. Il a souligné que cette orientation majeure s’inscrit en droite ligne dans la vision du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dont l’ambition est de bâtir une économie fondée sur la connaissance tout en consolidant résolument la souveraineté scientifique et technologique du pays.
Dans cette dynamique de transformation profonde, le ministre a annoncé une série de mesures concrètes destinées à accélérer l’intégration de l’intelligence artificielle au quotidien. Chaque étudiant disposera dorénavant d’un assistant intelligent conçu pour l’accompagner avec précision dans le choix de ses unités d’enseignement, en prenant en considération ses aptitudes, ses compétences propres, ses centres d’intérêt ainsi que son orientation académique et professionnelle future.
Réunissant les cadres de l’administration centrale, les chefs d’établissements universitaires, les présidents des conférences régionales, les responsables d’organismes nationaux ainsi que les représentants des partenaires sociaux et des étudiants, le premier responsable du secteur a également officialisé le développement d’un modèle linguistique intelligent spécifiquement taillé pour les enseignants.
Cet outil de pointe permettra de concevoir automatiquement des exercices et des activités pédagogiques variées, tandis que l’intelligence artificielle s’imposera progressivement dans l’évaluation des copies, favorisant ainsi une hausse qualitative des enseignements et une adaptation continue face aux rapides mutations technologiques mondiales.
Abordant le volet crucial de l’innovation, le ministre a mis en lumière les fruits tangibles récoltés grâce à la stratégie rigoureuse engagée depuis 2022. Il a ainsi dressé un bilan éloquent, faisant état de 2 339 projets innovants labellisés, de la concrétisation de 673 start-up, de l’émergence de 4 906 microentreprises, de la création de 442 entreprises dérivées et du dépôt de 3 949 brevets d’invention, des performances remarquables ayant généré plus de 17 000 emplois directs.
Vers 5 000 produits « Made in Algeria » d’ici 2030
Fort de ces acquis significatifs, Kamel Baddari a fixé un cap ambitieux pour la décennie : mettre sur le marché national pas moins de 5 000 produits innovants étiquetés « Made in Algeria » à l’horizon 2030. Chaque création devra impérativement être portée par une start-up, une microentreprise ou une entreprise dérivée, érigeant ainsi l’université en pôle incontournable de production, d’innovation et de création de valeur ajoutée.
Le ministre a par la même occasion donné le coup d’envoi de la seconde édition du programme « Proto Market », un dispositif de premier plan dédié au financement des prototypes technologiques conçus par les étudiants. Les jeunes porteurs de projets pourront ainsi bénéficier d’appuis financiers substantiels allant de 1 million à 2 milliards de dinars pour finaliser leurs maquettes et décrocher le précieux label « Start-up ».
Pour consolider cet écosystème, de nouveaux mécanismes de financement novateurs ont été introduits, marqués par la création de la toute première société de capital-risque au sein de l’Université d’Alger 3 et le lancement du premier Fonds commun de placement à risque du pays. Quatre structures financières similaires verront le jour avant l’achèvement de l’année en cours pour irriguer les projets universitaires prometteurs.
L’excellence académique a également été saluée à travers l’obtention historique, par cinq établissements universitaires algériens, de la certification internationale ISO 9001:2015 couvrant les champs de la formation et de la recherche. Une distinction prestigieuse qui atteste de l’ancrage d’une culture rigoureuse de la qualité et de l’amélioration continue au sein des institutions.
Sur le plan de l’ouverture internationale, Kamel Baddari a invité les responsables d’universités à intensifier leurs efforts pour accroître la visibilité des institutions algériennes dans les classements mondiaux. Rappelant la conclusion de 77 conventions de jumelage, il a salué le succès de la plateforme numérique « Study in Algeria », qui a permis l’accueil de 1 500 étudiants étrangers de 34 nationalités différentes, un vecteur précieux de rayonnement culturel et d’apport en devises.
Sur le front social, le ministre a dressé un bilan réjouissant des œuvres universitaires, soulignant la réhabilitation de 2 283 pavillons d’hébergement sur 3 283. Il a également mis en exergue les retombées positives de la numérisation de la restauration mise en place dès avril, laquelle a généré des économies mensuelles de l’ordre de plusieurs milliards de dinars tout en bonifiant nettement la qualité des repas servis.
En prononçant le mot de la clôture, Kamel Baddari a réitéré sa détermination indéfectible à mener à terme les réformes structurelles engagées, invitant l’ensemble de la communauté universitaire à propulser la transformation numérique et à consolider l’esprit d’entreprise pour ériger durablement l’université en locomotive du progrès socio-économique national.