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Culture

Une ville florissante et ouverte sur le monde

Une ville florissante et ouverte sur le monde

Ce début de semaine, l’historien et archéologue Abderahmane Khelifa a donné, au Centre culturel d’Espagne, une remarquable conférence sur Alger au XVIe siècle et cela d’après les témoignages de Cervantès, illustre homme de lettres espagnol.

Ce grand penseur et philosophe a été captif à Alger durant cinq années. Il mit à profit ce long séjour pour décrire les scènes de la vie quotidienne de cette ville de la Méditerranée.

Son témoignage est un précieux document renseignant sur l’histoire d’Alger dans la première moitié du XVIe siècle. Il faut dire, comme l’a souligné Abderahmanre Khelifa, que l’Espagne à cette époque était en guerre contre Alger mais n’arrivait pas à l’occuper. 

Charles Quint empereur d’Espagne et d’autres pays européens venaient en 1521 de subir une cuisante défaite sur la baie d’Alger et Cervantès ne pouvait qu’être un espion pour étudier la topographie d’Alger et rendre compte de son système de défense pour la préparation d’une nouvelle invasion.

Mais Alger à l’époque était une redoutable citadelle, imprenable par mer. Aussi Cervantès s’était-il contenté de décrire les mœurs et traditions de la ville et le rayonnement particulier qui la caractérisait.

Alger se distinguait d’abord par son ouverture sur le monde. Ses quartiers regorgeaient de gens venant de tous les pays. Les nationalités ne se comptaient plus. Les religions chrétienne et israélite se côtoyaient avec l’Islam. La synagogue d’Alger servait d’ailleurs de lieu de référence du culte israélite pour la région. Vu son opulence, les commerçants venaient de partout.

C’est que Alger, en plus de son site défensif d’une grande efficacité, possédait un tissu urbain remarquable. Plus de deux cents fontaines encadraient la ville d’une eau amenée en abondance par trois aqueducs, édifiés par les Andalous chassés d’Espagne à la fin du XVe siècle.

Ce qui était aussi remarquable, ce sont les fermes et les jardins, admirablement entretenus, s’étendant en dehors de la ville d’Alger. C’était une agriculture qui répondait avec équilibre aux besoins en nourriture de la population sans apport de l’extérieur.

La vie à Alger dans un site naturel grandiose était agréable même pour les captifs qui jouissaient d’une certaine liberté. Parmi ceux qui se convertissaient à la religion musulmane, ils pouvaient prétendre aux plus hautes fonctions de l’échelle sociale ou de commandement.

On peut citer le Calabrais Euldj Ali qui a conquis la confiance des régents de l’époque et est devenu une haute personnalité dirigeante. Abderahmane Khelifa excelle dans l’art de captiver ses auditeurs. En fin orateur, Il raconte cette période historique d’Alger avec maîtrise, sans se référer à des notes. Il faut dire qu’il a fait de profondes recherches dans ce domaine et qu’il est l’auteur d’un volumineux ouvrage sur l’histoire de l’Algérie.

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