Une stèle en hommage aux démineurs russes à Tarf
L’Algérie a marqué le 71e anniversaire de la Révolution du 1er Novembre 1954 par un geste fort envers la Russie, en inaugurant, ce mercredi 5 novembre, un nouveau monument commémoratif dans la ville d’El Ayoun, wilaya d’El Tarf dédié à la mémoire des soldats russes (alors soviétiques) qui ont participé à la périlleuse mission de déminage des frontières algériennes après l’indépendance, mines héritées de l’occupation coloniale française.
La cérémonie, qui témoigne de la profondeur des relations stratégiques entre Alger et Moscou, a vu la participation de hauts responsables algériens, dont M. Saïd Sayoud, Ministre de l’Intérieur, et le Général-Major Noureddine Hambli, Commandant de la Cinquième Région Militaire. Ils étaient accompagnés de la délégation russe, menée par l’Ambassadeur de Russie en Algérie et des attachés militaires.
L’événement a été particulièrement émouvant par la présence du Colonel (à la retraite) Andreï Pavlenko, un ancien ingénieur démineur russe a qui le président de la république avait rendu hommage.
Le Colonel Pavlenko avait servi de 1962 à 1965 comme vice-commandant de l’unité de génie militaire russe chargée de cette mission vitale. Cette unité fut chargée de neutraliser les vastes champs de mines, notamment ceux des lignes Challe (à l’Est) et Morice (à l’Ouest).

A cette occasion, une stèle a été érigée à Tarf en hommage aux démineurs russes. Au lendemain de l’indépendance en 1962, l’Algérie devait faire face à un péril majeur : des millions de mines antipersonnel posées par l’armée française le long des frontières.
Dès juin 1963, un accord algéro-soviétique marque le début d’une coopération stratégique. Des unités du génie militaire soviétique, dirigées notamment par le colonel Andreï Pavlenko, participent jusqu’en 1965 à une vaste opération de déminage.
Grâce à l’expertise et aux moyens matériels de l’URSS, près de neuf millions de mines sont neutralisées, faisant de cette action l’une des plus importantes opérations de déminage de l’époque. Les Soviétiques forment également les premiers cadres algériens spécialisés dans la lutte antimines.