-- -- -- / -- -- --
Nationale

Une société fantôme se débarrasse de 100 conteneurs

Une société fantôme se débarrasse de 100 conteneurs

Les services des douanes ont publié dimanche dernier par voie publicitaire (4 pages) dans certains quotidiens gouvernementaux une liste de 500 conteneurs appartenant à des particuliers, à des entreprises privées ou étatiques et à des institutions nationales.

L’agence d’information APS a accompagné la publication des pages publicitaires par un article assez curieux. Elle donne uniquement le nombre de conteneurs immobilisés dans les deux ports secs de Rouiba sans se demander le pourquoi de cette anomalie.

Car il s’agit bien d’une énorme anomalie que les services des finances doivent expliquer au plus vite. Les services des douanes, qui ont accompagné cette liste de produits, ont omis pourtant de signaler la durée d’entreposage de ces conteneurs.

S’agit-il de conteneurs anciens ou nouveaux ? Qu’à cela ne tienne ! Même le ministère des Affaires étrangères, un ministère de souveraineté, est épinglé par cet avis de presse car des conteneurs lui appartenant, désignés sous le produit «documentation», se trouvent également en instance de déchargement.

Selon l’APS, les 500 conteneurs en séjour prolongé au port d’Alger et ses différents espaces de stockage «ont été déclarés avariés» par les services des douanes et qu’ils sont «destinés à la destruction».

Les services des douanes donnent un délai de cinq jours aux propriétaires de ces conteneurs pour récupérer leurs marchandises à défaut de les détruire. «Les propriétaires de ces marchandises disposent d’un délai de cinq jours à partir de la date de publication du présent avis pour, soit réexporter leur marchandise à l’étranger, soit la transférer dans un entrepôt sous-douanes à leurs frais.

Passé ce délai, il sera procédé à leur destruction aux frais et périls de la marchandise, nonobstant les poursuites judicaires qui seront entamées à l’encontre de leurs propriétaires, conformément à l’article 3 du décret cité», est-il mentionné.

Par ailleurs, les services douaniers précisent que les propriétaires désireux de réexporter leur marchandise ou de la transférer vers d’autres entrepôts sous douanes sont invités à se rapprocher du cabinet du P-DG de l’Entreprise portuaire d’Alger (EPAL) en vue de régulariser leur situation. Mais ce qui frappe dans le contenu de cette liste, c’est incontestablement la mention «inconnu» pour désigner le propriétaire de certains conteneurs.

Cent soixante-dix-neuf (179) conteneurs en souffrance n’ont pas de propriétaires ou ils sont de clients inconnus, particuliers ou établissements publics et contiennent diverses marchandises allant des médicaments à l’agroalimentaire, l’habillement, la friperie, etc. Dix (10) conteneurs contiennent de la friperie. Leurs propriétaires agissaient-ils auparavant sans registre de commerce, ce qui expliquerait leur abandon ? Une société a battu le record de conteneurs immobilisés.

Il s’agit de la Sarl CIACAM qui détient à elle seule plus de cent (100) unités allant du pois chiche aux lentilles en passant par les haricots, l’huile végétale et des médicaments et un lot de produits agroalimentaires non identifié, vétustes et détériorés, et certains carrément vides. Cette société a laissé pourrir des tonnes de produits secs destinés à la consommation. Une action en justice est-elle appropriée dans ces cas ? Le gérant de cette société est facilement identifiable. Les pouvoirs publics vont-ils passer à l’action ?

Autre cas qui retient l’attention, les dons fournis par des associations internationales au profit du Croissant-Rouge algérien (CRA) et qui sont en train de pourrir dans les ports secs.

Trois conteneurs appartiennent en effet au CRA. Pourquoi cet organisme humanitaire ne fait-il pas le nécessaire pour faire débarquer des tonnes de médicaments et de produits agroalimentaires destinés aux réfugiés et autres peuples en souffrance ?

Quinze (15) conteneurs chargés de dons humanitaires et deux (2) autres destinés aux Scouts musulmans (SMA) font également partie de cette liste. Le ministère des Affaires étrangères est lui aussi destinataire de deux (2) conteneurs de documentation !!! Le ministère de la Solidarité nationale est lui aussi impliqué car quatre (4) de ses conteneurs sont en souffrance dans le port d’Alger. Parmi les bizarreries de cette annonce surprenante, la DLEP de Béchar a abandonné tout un matériel de transmission radiophonique destiné  à la radio locale.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email