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Nationale

Une situation doublement handicapante

Une situation doublement handicapante

« Etre étudiant, dans notre pays, est déjà chose pas aisée. Etre étudiant et handicapé physique est doublement pénalisant ». Cette phrase est de Kamel, étudiant en technologie à l’Université des Sciences et de la Technologie (USTHB) Houari-Boumediene.
« Je souffre d’une paralysie des membres inférieurs et je peux vous dire que c’est le courage qui m’aide à poursuivre mes études ». 

« Près de 15 kilomètres séparent mon lieu de résidence de l’université. Une distance qui peut sembler dérisoire pour une personne valide, mais croyez-moi c’est un vrai parcours du combattant pour une personne infirme », dira encore cet étudiant, les cheveux déjà en partie grisonnants malgré son jeune âgé.
« Je trouve des difficultés pour monter à bord du train me transportant à l’USTHB, à Bab Ezzouar, à partir de la gare ferroviaire de Hussein-Dey.

Je rencontre les mêmes difficultés quand je descends », note cet étudiant. « Quand je prends le COUS (transport d’étudiants), les difficultés sont pires car je me trouve dans l’incapacité de courir après le bus », témoigne-t-il. Lyés, est moins âgé que Kamel et se trouve déjà sur une chaise roulante.

« C’est depuis que j’ai été victime d’un accident de la route. Il est, également, étudiant à l’université des Sciences et de la Technologie Houari-Boumediene.

Pour lui, les choses sont davantage compliquées. « Il est vrai que dans l’amphithéâtre où les cours sont dispensés, il existe un espace qui me permet de me déplacer avec ma chaise roulante. Mais imaginez les difficultés que je rencontre pour monter à bord du train qui me transporte de la gare routière des Halles (à Belouizdad, Belcourt), jusqu’ à l’USTHB.

« Il me faut, à chaque fois, demander de l’aide pour monter à bord, et ce n’est pas évident quand j’arrive en retard et que le train s’apprête à partir. C’est pénalisant et pour moi et pour ceux à qui je demande de l’aide car eux également ne veulent pas rater le train et arriver en retard à leurs cours, leurs TD (travaux dirigés) ou leurs TP (travaux pratiques) », dira Lyés.

Quant à Khaled, étudiant à l’Institut national d’agronomie (INA) il estime que posséder une voiture spécialement aménagée est le meilleur moyen de faciliter la vie aux personnes infirmes. »
« Cependant, ce n’est pas tout le monde qui possède les moyens financiers pour acheter cette voiture », regrette-t-il.

Abdelhamid, étudiant en architecture, l’interrompt pour dire que « même si vous avez les moyens financiers pour acheter ce véhicule aménagé pour personnes handicapées physiques, vous ne pourrez pas le faire car, depuis quelques années, les douanes limitent l’autorisation d’importer ce type de voitures ».

« J’ai déjà tenté d’acheter une voiture de ce type, mais en me présentant chez un concessionnaire automobiles pour faire la commande on m’a dit que c’est inutile puisque des restrictions douanières m’ empêchent d’ acheter cette voiture », témoigne cet étudiant.

Il ajoute : « Je ne comprends pas pourquoi on fête la Journée nationale de l’ handicapé, le 14 mars, puisque les droits de ces personnes sont réduits chaque année davantage ».

« Certes, Il y a des choses qui ont été faites, comme la réservation de places dans les bus de l’ETUSA (entreprise de transport urbain et suburbain d’Alger), mais cela reste insuffisant. Un grand nombre de lieux publics et même de sièges d’institutions nationales ne disposent pas d’accès réservés aux personnes se déplaçant sur des chaises roulantes », affirment de nombreux étudiants.

« Notre handicap et surtout l’insuffisance des initiatives de la part des pouvoirs publics, nous privent de suivre un cursus universitaire normal comme par exemple, se rendre aux bibliothèques. Nos chances de réussir dans nos études universitaires pour l’obtention d’un diplôme sont réduites », diront de nombreux étudiants souffrant de handicap physique.

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