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Culture

Une passerelle en Méditerranée

Une passerelle en Méditerranée

Ouvert ce samedi 18 février à l’Hôtel de ville de Paris, le Maghreb des livres a consacré sa vingt-troisième édition spécialement à la littérature algérienne en y exposant les dernières nouveautés, parues en Algérie et en France.

Ayant fermé ses portes en fin de journée, ce dimanche, ce Maghreb des livres sera axé sur les Lettres algériennes, mais aussi aux publications liées aux arts comme la bande dessinée. Initié par l’association Coup de Soleil, ce rendez-vous annuel verra, cette année, la participation de près de 130 auteurs du Maghreb.

Pour le président de l’association organisatrice, Georges Morin (natif de Constantine), toute la production intellectuelle française et maghrébine est présente dans cette édition, « mais nous mettons le projecteur pour l’Algérie qui jouit d’une littérature très vivante ». Ouvert en période de vacances en France, ce dernier a quand même espéré un afflux « considérable » de visiteurs.

La première journée du week end a enregistré une foule nombreuse, venue découvrir les nouveautés éditoriales et culturelles produites dans les deux rives de la Méditerranée. G. Morin a également affirmé : « Au cours des dernières décennies, l’Algérie s’est imposée comme l’un des hauts lieux de la production littéraire francophone. C’est cette vitalité que nous voudrions donner à voir au Maghreb des livres où seront présents cette année quelques-uns des plus grands romanciers algériens d’aujourd’hui ».

Depuis sa première édition en 1994, parrainée par le Marocain Mohamed Choukri et l’Algérien Rachid Mimouni, cette manifestation s’imposera comme l’un des incontournables rendez-vous de la littérature maghrébine, une solide passerelle entre l’Hexagone et le Maghreb central. Son fondateur Georges Morin a expliqué que « je me suis rendu compte que la littérature était le meilleur moyen pour faire connaître un peuple et dissiper les idées racistes dont celui-ci est parfois victime ».

Entre les expositions, les dédicaces de livres et les différentes rencontres, Coup de soleil contribue au rapprochement entre les populations du Maghreb, quelles que soient leurs origines géographiques (France, Maroc, Algérie,Tunisie), culturelle (arabe, berbère, juive ou européenne) ou historique (rapatriés, immigrés).

Dans ce sens, l’un des hommages rendus à des auteurs durant cette édition est celui fait au regretté anthropologue Malek Chebel (décédé le 12 novembre dernier à Paris), en présence de son fils, lors d’une table-ronde avec Rachid Benzine et Fadila Mehal.

Comme à l’accoutumée, le Maghreb des livres est animé autour de Cafés littéraires, de Cartes-blanches, de diverses rencontres, d’un espace pour les revues comme Naqd et Insaniyat d’Algérie, Africultures et Algérie littérature action, d’expositions d’artistes du Maghreb (calligraphie, arts plastiques). Cette fois-ci, trente trois universitaires, journalistes et autres personnalités sont intervenues publiquement pour soumettre leurs expériences et leurs réflexions.

Librairies

Au sujet de la culture livresque, les organisateurs ont répertorié 1500 titres (édités en France et dans les pays du Maghreb), ils ont alors invité 260 de leurs auteurs à venir dédicacer leurs ouvrages, indiquant que près de 130 ont répondu positivement, dont 39 d’entre eux viennent spécialement en France pour le Maghreb des livres : 22 d’Algérie, 5 du Maroc, 5 de Tunisie, 6 d’Europe (Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Suisse) et 1 du Canada.

Pour cette 23e édition, trois grandes librairies seront mises en place. Il s’agit de la librairie Editions de France, une autre Editions du Maghreb et une dernière Editions jeunesse avec tous les livres publiés en 2016, en langues amazighe, arabe et française, relatifs au Maghreb.

D’après le journaliste, auteur et éditeur algérien Mouloud Achour, présent à l’Hôtel de ville de Paris, l’Algérie a participé avec un grand nombre de maisons d’édition et avec tout ce qui est nouveauté en matière de production éditoriale, rapporte l’Agence presse service d’Algérie.

Il a affirmé que « je suis invité en tant qu’auteur à une séance dédicace de mon livre. Un automne au soleil (Casbah éditions, 2016). Pour moi, ce n’est pas seulement de signer un livre, mais ce salon m’offre l’occasion de rencontrer des gens, des lecteurs, de croiser des auteurs, tout ce monde de l’édition en France, et tous ceux qui activent pour la présence du Maghreb dans la production éditoriale française ».

Interrogé en sa qualité de directeur éditorial de Casbah éditions sur la situation du monde du livre en Algérie, Mouloud Achour a fait remarquer que, malgré les difficultés rencontrées par le passé, « il y a actuellement des maisons d’éditions qui fonctionnent et des auteurs qui ont fait leur apparition.

Je pense que les choses se normalisent. Les problèmes en matière d’édition ont toujours existé en Algérie, mais le principal reste celui du lectorat ». Il soutient aussi que le lectorat, quelle que soit sa langue, est assez exigu ». Il a également évoqué la question de diffusion de livre où des régions entières du pays ne disposent que d’une seule librairie.

Pour lui, l’effort doit être porté sur la diffusion du livre, la densification du réseau de lecture publique et du réseau des libraires, à la seule condition d’habituer le public à la lecture ». Coup de soleil, c’est aussi une activité tout au long de l’année, que ce soit une conférence autour d’un livre, des séances de projection de films, des publications et des actions de solidarité envers des auteurs. 

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