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Culture

Une ouverture avec Nat Turner

Une ouverture avec Nat Turner

Pour lancer la septième édition du Festival international du cinéma d’Alger, demain, jeudi 1er décembre, au Mouggar, à 19h, le comité d’organisation a opté pour le film américain The Birth of a Nation de Nate Parker, un biopic qui passe hors compétition.

En projetant The Birth of a Nation (La naissance d’une nation) lors de son inauguration, le Festival international du cinéma d’Alger confirme sa propre caractéristique : la présentation du film politique et/ou engagé.

Quoique l’esclavage soit aboli aux USA et dans le monde, le thème du long métrage, écrit et réalisé par Nate Parker (également acteur dans son film), demeure d’actualité.

Il l’est aussi bien dans l’intérêt porté à l’histoire que dans la condition humaine, en particulier celle des Afro-américains. Dans The Birth of a Nation (genre historique et dramatique), son auteur – première réalisation du comédien Nate Parker – rapporte l’histoire de Nat Turner, un esclave afro-américain né en 1800 et mort pendu en 1831. Cet homme a dirigé une révolte sanglante et extrêmement violente en août 1831.

Il est décrit à l’époque comme un criminel sanguinaire. Il sera capturé dans son comté de Southampton en Virginie, jugé et condamné à mort. Son action révolutionnaire a malheureusement mené les autorités à voter des lois encore plus restrictives envers les esclaves.

Pour faire ce film, le réalisateur a investi 100.000 dollars de son propre compte, car ce projet lui tient particulièrement à cœur. Il a également souhaité le porter effectivement à l’écran depuis 2009, date à laquelle il a commencé à en écrire le script.

Il a confié que « ça a été un processus solitaire, il m’est même arrivé de penser que je n’en verrais jamais le bout, mais cela fait partie du prix à payer lorsqu’on veut non seulement réaliser un film mais également faire bouger la société ».

Il a également précisé que Nat Turner est une sorte de version afro-américaine de William Wallace, le personnage-héros de Braveheart de Mel Gibson qui a uni ses compatriotes écossais contre l’oppresseur à l’époque où tout le monde pensait que c’était impossible.

Nat Parker a grandi en Virginie, non loin de l’endroit où Nat Turner a mené son insurrection, mais il n’a jamais entendu prononcer son nom à l’école : « J’ai entendu parler de lui à travers des murmures et par les membres de ma famille.

C’était comme si on essayait de conjurer l’esprit même de la rébellion.
Ce n’est qu’à l’université, où j’ai étudié l’histoire afro-américaine, que j’ai réellement appris qui il était. Je me suis alors demandé comment il était possible que j’ignore son histoire alors qu’elle s’était déroulée à deux pas de chez moi ».

Le scénario de The Birth of a Nation sera écrit sur la base de la lecture de plusieurs livres, notamment The Rebellious Slave : Nat Turner in American Memory du professeur d’histoire Scot French.
Après sa sortie, ce film sera deux fois primé au Sundance film festival 2016 (USA) : Grand Prix du Jury, Prix du Public.

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