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Nationale

Une nouveauté au hirak : Clameurs pour une désobéissance civile

Une nouveauté au hirak : Clameurs pour une désobéissance civile

La mobilisation populaire se poursuit en dépit d’un dispositif sécuritaire contraignant, pour le 24e vendredi consécutif dans la plupart des wilayas. À Alger, des milliers de marcheurs fidèles à ce rendez-vous hebdomadaire sont sortis ce vendredi sous une canicule saisonnière.

Les rues ont commencé à grouiller de monde juste après la prière du vendredi lorsque des vagues successives de manifestants ont afflué vers Alger-Centre pour réitérer les slogans appelant au départ du système corrompu et demander l’instauration d’un Etat de droit. Comme chaque semaine, les contestataires mettent à jour leurs slogans en fonction des dernières évolutions de l’actualité politique. Le slogan de la semaine est « rahou jay rahou jay el3isyane elmadani », (elle arrive, elle arrive, la désobéissance civile). Les manifestants l’ont entonné à répétition en sillonnant les principales artères de la capitale, la rue Didouche Mourad, la place Audin, la Grande Poste ou encore la rue Asselah-Hocine et le boulevard Colonel Amirouche. À travers ce nouveau slogan, la vox populi tend à monter au créneau et recourir à un autre moyen de pression qui est la « désobéissance civile ».

Du côté de la rue Hassiba-Ben-Bouali, la marée humaine scandait « mor el id, mor el id, el3issyane elmadani » (il y aura la désobéissance civile après l’Aid). Une manière de signifier à leurs concitoyens que cette action aura lieu après l’Aid, pour éviter tout cafouillage et une éventuelle pénurie de produits alimentaires en cette occasion religieuse. Par ailleurs, les manifestants ont exprimé leur rejet de toute initiative de dialogue avec le reste de la « 3issaba » ; « makache hiwar m3a 3issabat » (pas de dialogue avec la bande). Allusion au panel de Karim Younes installé par la présidence de la République il y a plus d’une semaine en vue de conduire une mission de médiation et de dialogue national. « Nous disons notre mot ici, nous dialoguons ici, nous ne permettons à personne de représenter le mouvement populaire », lit-on sur un écriteau brandi par la foule qui avançait à pas sûr, en dépit du dispositif sécuritaire déployé sur tous les boulevards d’Alger-Centre.

Ce dispositif, après une atténuation légère la semaine dernière, a été renforcé de plus belle en ce 24e vendredi. Un arsenal de fourgons et autre véhicules de police a occupé les espaces publics y compris les trottoirs, rendant étroites les ruelles ; s’ajoute à cela la présence massive des agents de l’ordre public partout. Des mesures restrictives qui visent assurément à compliquer l’acte de manifester, en particulier dans la capitale, et contraindre les marcheurs pugnaces à baisser les bras et à rentrer chez eux, après un si bon chemin de militance. Mais, ce n’est pas évident ! Conscient de la légitimité de ses revendications, le peuple reste mobilisé et surtout pacifique, répétant à tout bout de champ le slogan phare : « silmya, silmya, matalibna char3ya » (pacifique, pacifique, nos revendications sont légitimes).

C’est aussi un ras-le-bol de tous « les régimes mafieux et spoliateurs » que ces manifestants ont crié depuis presque six mois : « Barakat barakat men hokme el3issabet » (c’est assez des régimes mafieux), « Klitou labled ya serakine » (vous avez dévoré le pays, voleurs !). La matinée de la 24e manifestation citoyenne, il faut le signaler, a vu également plusieurs interpellations parmi les premiers manifestants qui demandaient, entre autres, un Etat civil et non militaire et la remise en liberté des détenus d’opinion. Tout porte à croire qu’entre le peuple et le pouvoir central, le bras de fer se durcit au fil des semaines, approfondissant ainsi la crise politique qui demeure tributaire d’une vraie bonne volonté pour la résoudre.

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