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Nationale

Une marée de blouses blanches paralyse Constantine

Une marée de blouses blanches paralyse Constantine

Une marée de blouses blanches a investi dans la matinée depuis ce mercredi les rues de Constantine. Près de 16 000 médecins résidents, selon les organisateurs, venus des quatre coins du pays, ont répondu à l’appel du bureau national du Collectif autonome des médecins résidents algériens lancé au cours de la réunion de jeudi dernier à Alger. Des mesures de sécurité « draconiennes » ont été prises par les autorités locales afin d’empêcher les manifestants de rallier le centre-ville.

Un climat très tendu avait d’ailleurs plané tout le long de la journée et même avant-hier dans la soirée, dans la quasi-totalité des quartiers du centre de Constantine où plusieurs points avaient été occupés par des véhicules sécuritaires en sus des patrouilles ayant sillonné toute la nuit les principaux axes routiers.

Des centaines de manifestants avaient d’ailleurs été empêchés de rallier la capitale de l’Est. Plusieurs d’entre eux ont en effet été contraints de quitter autocars et autres moyens de transport empruntés pour rejoindre celle-ci, notamment au niveau des entrées sur l’axe autoroutier aussi bien de l’est que de l’ouest.

Ils étaient quand même des milliers à avoir réussi à passer le filet sécuritaire.

Hier, l’itinéraire établi par les représentants des médecins leur a permis de paralyser pendant plusieurs heures certains axes routiers, notamment les ponts suspendus de sidi Mcid et géant de Salah-Bey.

La marche s’est ébranlée vers 10 heures du centre hospitalo-universitaire Dr Benbadis, où les manifestants s’étaient rassemblés un peu plus tôt. Des milliers d’entre eux venus de l’ouest, du centre et même du sud du pays, ont carrément passé la nuit chez leurs confrères constantinois si ce n’est aux alentours de la structure sanitaire pour être à l’heure. La foule prendra alors le chemin vers le centre-ville via le pont suspendu, la gare ferroviaire et le pont géant avant de boucler l’itinéraire vers le CHU, face à l’intransigeance de l’impressionnant cordon sécuritaire placé aux principaux accès à la ville par les services de sécurité.

Les résidents, qui ont qualifié leur démonstration de réussie, comptent maintenir leur mobilisation pour d’autres « initiatives à venir ». La marche d’hier a été qualifiée d’exploit dans la mesure où les pronostics les plus optimistes leur avaient fait prévoir le ralliement à la marche constantinoise de quatre mille résidents. De précédentes mobilisations avaient fait moins. Celle de Sétif avait réuni près de 1500 et celle d’Oran avait réussi à rallier un peu plus de 2 000 médecins résidents.

Lors d’une conférence de presse, tenue à l’avenue Aouati-Mustapha (route de Sétif) au centre-ville, en marge de la marche nationale organisée par les médecins résidents, Abdelmoumen Hadibi, membre du bureau national du collectif autonome des médecins résidents algériens (CAMRA) a affirmé “qu’à défaut d’avoir obtenu des résultats concrets avec le ministère de tutelle, les médecins résidents poursuivent leur grève, entamée il y a 4 mois”.

Il a également réitéré “l’attachement” des protestataires à leurs revendications portant principalement sur “la suppression du service civil obligatoire et le service militaire, l’amendement des lois spécifiques aux médecins, en plus de la formation”.

Le représentant de CAMRA a rappelé également que des marches de protestation ont été antérieurement organisées à Oran et Alger, indiquant qu’il était donc “logique d’organiser une autre marche, aujourd’hui, à Constantine, la capitale de l’est du pays”. De son côté, la coordinatrice du mouvement et membre du Camra, Meriem Hadjab, a précisé aux représentants des

médias présents au milieu de la foule blanche que la dernière rencontre avec la tutelle leur a permis de rouvrir les pourparlers mais faute d’avoir eu des réponses sincères aux préoccupations des médecins il faut une réponse de plus haut. C’est pourquoi, a-t-elle précisé, « nous lançons un appel au Président de la République puisque nous constatons malheureusement que cette crise dépasse les prérogatives du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière, il est question d’amendement de lois afin que nos préoccupations puissent trouer des issues ».

« Le premier ministre semble pour sa part avoir mal saisi les exigences des médecins résidents », a-t-elle encore expliqué avant d’ajouter que contrairement à ce qui a até dit « aucun médecin n’a refusé de travailler au Sud du pays, ceci n’a jamais été évoqué. On a seulement fait des propositions afin que soit revu le système du service civile ceci dans l’intérêt du secteur de la santé ». La représentante des manifestants plaide en faveur de la suppression de cette politique de solidarité qui va « nous permettre de passer à une véritable politique sanitaire ». La politique actuelle qui s’appuie sur le service civile a montré ses limites, a-t-elle lancé en outre, c’est pourquoi il faut revoir tout le système. La responsabilité doit être partagée entre médecins et tutelle. Si l’on donne l’exemple du sud il faut reconnaitre que le manque de moyens est un facteur de découragement », a-t-elle conclu.

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