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Nationale

Une Louisa Hanoune comme on l’aime !

Une Louisa Hanoune comme on l’aime !

Il faut bien écouter et surtout lire attentivement les dernières déclarations de la présidente du PT, Louisa Hanoune qui n’a plus, depuis quelques mois, la langue dans sa poche. L’une des plus anciennes figures du multipartisme ne cache plus son désappointement face à la situation tragique qui se dessine à l’horizon et fonce comme un bulldozer sur ses adversaires.

Au menu de ses sorties successives : le départ de l’ex-chef du DRS et de certains généraux, l’emprisonnement de deux autres, la majorité présidentielle, la crise financière qui se profile et d’autres sujets économiques.

Sans langue de bois et avec une aisance qui force l’admiration, Louisa Hanoune, qui retrouve sa verve des années 1990, parle sans concession, provoque l’ire des tenants du pouvoir, Amar Saadani, le patron du FLN, et Ahmed Ouyahia, le SG par intérim du RND, et ne laisse pas indifférents les autres cercles du pouvoir.

Concernant l’opération de restructuration du DRS, elle réitère ses positions, considérant que cette opération telle que conduite est de nature à « déstabiliser l’institution militaire, à créer un vide ». Avant tout, Louisa Hanoune veut faire passer un message fort et grave au plus haut personnage de l’Etat.

La présidente du PT, qui soupçonne à raison une caste d’oligarques d’avoir établi un rideau de fer autour du président Bouteflika l’isolant de plus en plus de la population, cherche surtout à desserrer l’étau autour de lui. Elle accuse cette oligarchie d’œuvrer à se substituer à l’Etat dans le but de contrôler les richesses du pays. 
L’opposition a désormais une pasionaria : Louisa Hanoune ; même s’il n’a pas adhéré à la feuille de route tracée par la CNTLD, elle porte haut la parole du peuple.

Elle parle plus fort que les autres partis réunis. Plus de soutien critique au pouvoir. Ce rôle l’a beaucoup desservie depuis qu’elle a décidé d’apporter son concours au président Bouteflika au début des années 2000. Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui pour qu’elle manifeste une totale réprobation ?

Selon elle, le président Bouteflika n’a plus aucune emprise sur les affaires du pays. Et elle le dit chaque fois clairement et sans les sous-entendus d’usage. Et c’est aussi parce qu’elle a senti un danger imminent sur la République qu’elle a décidé de passer de l’autre côté de la barrière pour dénoncer les dérives autoritaires du régime et de sa clique.

Que le pays va très mal et qu’il va droit dans le mur. La mauvaise gouvernance économique est là ; il n’y a plus d’Etat de droit, la justice est aux ordres et la pauvreté s’accentue. Et Louisa Hanoune démontre toute son ingéniosité et sa verve lorsqu’elle sent le pays en danger.

Car tout le monde estime qu´il y a péril en la demeure, même si une grande partie consent à dire que tout va bien, que tout baigne. On ne peut que souhaiter cela pour son pays. Lorsqu´on refuse de s´attarder sur les détails mais qu´on observe plutôt la vision d’ensemble et le mode de fonctionnement de ce qui se veut encore une entité algérienne, on s´égare dans les méandres d´un pouvoir aux abois qui prolonge ses jours car l´opposition, en face, lui sert le mandat illimité sur un plateau d´argent.

Et lorsqu’on intime l’ordre à l’opposition de la boucler, elle reprend de plus belle ses diatribes et se porte à l’avant-garde : « Non ! On ne va pas se taire ! Nous continuerons à nous battre politiquement et pacifiquement », réplique-t-elle sèchement, accusant le patron du RND de « se tromper d’époque ».

L’essentiel pour elle est que le pays dispose d’une opposition forte qui pourrait éventuellement être un sérieux contrepoids aux politiques du gouvernement ne prenant pas en compte toutes les préoccupations des Algériens. Tous les opposants craignent pour leur vie. Mais elle, elle endosse le rôle de celle qui n’a peur de rien… 

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