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Nationale

Une loi de finances déjà dépassée et obsolète

Une loi de finances déjà dépassée et obsolète

Alors que la loi des finances 2016 vient d’être adoptée par les deux chambres parlementaires, en attendant qu’elle soit signée officiellement par le chef de l’Etat vers la fin de ce mois, le gouvernement semble maintenant très préoccupé par la nouvelle chute des cours du brent.

Aux dires de certaines sphères économiques, l’inquiétude est plus palpable, d’autant que le prix de référence sur lequel est basé la loi de finances et les budgets prévisionnels de l’Etat a été fixé à 45 dollars le baril. Une fixation faite par des experts sur la base des études du marché énergétique il y a plus six mois.

En fait, selon nos sources, les experts comme le gouvernement avaient misé sur un léger redressement des cours, d’autant que les agences internationales de consulting les plus cotées étaient d’avis que le pétrole allait flotter dans une fourchette entre 50 et 60 dollars à partir de cet automne jusqu’au printemps 2016.

Même des études réalisées par des experts affiliés à l’OPEP affichaient un optimisme mesuré, certes, mais un optimisme tout de même sur un redressement des cours.

Plus que cela, des analyses prospectives du marché du brent commandées par l’AIE (Agence internationale de l’énergie), affiliée aux pays de l’OCDE, c’est-à-dire les gros consommateurs occidentaux, estimaient que ces cours connaîtraient une montée minime, en raison d’un timide réveil des économies occidentales et de la fin graduelle de la crise de croissance dans certaines sphères.

La reprise économique tant attendue, ainsi que la persistance des tensions dans des zones pétrolifères n’ont véritablement rien fait pour pousser les cours vers le haut, au moins vers les 60 dollars le baril, comme moyenne, qui semble satisfaire aussi bien les gros producteurs que les grands acheteurs, comme les Chinois ou les Indiens.

Or, cela n’a pas eu lieu, déroutant les meilleurs experts. Le dernier sommet de l’OPEP a beaucoup plus plombé le brut vers une baisse dangereuse. Hier, le baril algérien se négociait à 36 dollars, son prix le plus bas depuis 2004.

Plus grave encore, selon des experts, le marché du pétrole semble vivre une longue période de spéculation, où certains hommes d’affaires, spécialistes du « spot » et de l’achat et la revente au noir, proposent des mélanges de brut à moins de 28 dollars.

L’Irak lui-même fait du bradage à ses clients asiatiques en vendant son pétrole, de moindre qualité, certes, à 25 dollars, alors que d’autres petits producteurs canadiens font des offres à 22 dollars. Cette bataille de prix ou de bradage de la production s’est accentuée par la récente décision du cartel de ne plus changer de niveau de quotas, maintenant ainsi le seuil de production actuel.

Une situation qui pourrait bien s’aggraver pour les mono-exportateurs, comme l’Algérie et le Vénezuela, avec l’entrée du brut iranien sur les marchés suite à la levée de l’embargo. C’est dans ce contexte que certains économistes algériens pensent que la LF 2016, avec un prix de référence de 45 dollars le baril, est déjà dépassée en quelques semaines.

Sans tomber dans l’alarmisme, certains évoquent l’urgence d’une révision immédiate des budgets de l »Etat, en préparant dés maintenant une LF complémentaire 2016 qui soit effective avant juin 2016. Une LF complémentaire calculée sur un prix de référence du baril en dessous des 35 dollars.

Une source au sein du département de Benkhalfa estime qu’il faudra également établir un budget de l’Etat sur la base des recettes engrangées à partir de la fiscalité ordinaire, d’autant que la fiscalité pétrolière est en baisse constante depuis deux ans.

A ce propos, il semble que le prochain Conseil des ministres va relancer le débat sur cette question, en invitant le gouvernement à revoir sa copie et surtout à préparer une feuille de route consacrée exclusivement à la crise. Un gouvernement qui devra ainsi établir un plan de bataille cohérent, pragmatique et réaliste. Comme l’a rappelé dernièrement avec des termes feutrés le directeur de cabinet de la Présidence et chef intérimaire du RND, Ahmed Ouyahia.

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