-- -- -- / -- -- --
Nationale

Une halte pour évaluer les acquis du «Printemps berbère»

Une halte pour évaluer les acquis du «Printemps berbère»

Mouvement associatif, partis politiques, organisations, étudiants, collectifs de citoyens et villages, tout le monde s’apprête à commémorer le 38e anniversaire du Printemps berbère du 20 avril 1980, qui coïncide, cette année, avec la journée de vendredi. Activités culturelles et sportives, conférences, témoignages et marches sont au programme les jeudi et vendredià Bejaïa. Seulement, ces activités seront menées en rangs dispersés comme chaque année, démontrant combien la fracture est importante au sein des acteurs des mouvements de la région. Il convient de noter que la division remonte aux années 1990, au lendemain de la marche du 25 janvier 1990, même bien avant.

La grève du cartable avait alors accentué la rupture entre les différentes fractions du MCB qui, au fil du temps, s’est éclipsé de la scène, surtout avec l’avènement des aârchs. Le MCB avait toutefois tenté de se relever, en vain, au début des années 2000. Ainsi, deux marches sont prévues les jeudi et vendredi. Celles-ci seront menées respectivement par les étudiants et le Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), depuis le campus Targa-Ouzemour jusqu’à la place Saïd-Mekbel pour la liberté de la presse, avec une halte devant le siège de la wilaya. Le MAK, dont l’action est soutenue par son ex-président dissident Aït Chebib, marchera avec ses troupes le vendredi pour relancer ou réitérer, plus que jamais, sa revendication de « Kabylie autonome », alors que le collectif des étudiants des trois campus universitaires de Béjaïa compte mener les étudiants, dans la matinée du jeudi 19 avril, depuis le campus Targa-Ouzemour, pour exiger « l’officialisation réelle et la généralisation pédagogique et géographique de l’enseignement du tamazight, sa transcription en latin, et imposer le tamazight comme langue nationale et officielle dans toutes les institutions de l’Etat, œuvrer à son développement et enfin dénoncer les manœuvres du pouvoir dans sa démarche de folklorisation du 20 avril ».

Il convient de rappeler qu’après plusieurs actions de protestation menées par des étudiants et lycéens en décembre dernier, le gouvernement a décidé d’officialiser le nouvel an amazigh (Yennayer) comme fête nationale. Beaucoup d’acquis ont été arrachés depuis 2014 en ce qui concerne le développement de la langue amazighe et surtout son officialisation. Pour sa part, le mouvement associatif, aux quatre coins de la wilaya, a préparé des manifestations culturelles, artistiques, sportives, scientifiques et intellectuelles pour marquer cette date. L’APC de Béjaïa a, quant à elle, organisé hier et avant-hier, dans le cadre de la célébration de la Journée du savoir et du « printemps berbère », une rencontre scientifique en collaboration avec le Haut-Commissariat à l’amazighité portant sur « l’enseignement de la langue amazighe », et ce à la maison de la Culture. Ce colloque est parrainé par le Centre national de recherche en langue et culture amazighes, installé récemment par le ministre de la Recherche scientifique. « Cette manifestation est une halte pour mettre en lumière les problèmes que vit l’enseignement de la langue amazighe », selon les organisateurs. Experts, enseignants universitaires, inspecteurs et praticiens sont invités à disserter sur certaines questions, durant deux journées durant. « Quelle langue amazighe enseigner au primaire », par Mustapha Tidjet, enseignant universitaire à Béjaïa Tamazight, langue maternelle, langue secondaire », par Mehdaoui, maître assistant à l’université de Béjaïa ; « Enseignement du tamazight aux non-amazighophones : remarques didactiques, par Acheit Med Arezki de l’université Saint Denis Paris VIII ;

« Enseignement du tamazight au moyen : critiques des contenus des manuels scolaires », par Mohamed Adjal ; « Enseignement du tamazight : état des lieux de son enseignement dans les Aurès », par Salim Guettouchi, pédagogue et enseignant à Batna, « Enseignement du tamazight : état des lieux », par Cherifa Bilek, directrice de l’enseignement au HCA font partie des nombreux thèmes qui seront débattus lors de ces journées scientifiques. A Akfadou, le collectif des associations de la commune compte commémorer le double anniversaire du « printemps berbère 1980 » et du « printemps noir 2001 », les journées des 20 et 21 avril 2018, à Tiniri, par l’organisation de conférences qui seront animées par Hend Saâdi, Mokrane Gacem et Laâziz Tari. Un concours de dessin portant le thème « Printemps berbère » et un autre concours de jeunes talents sont au programme. Une exposition retraçant les importantes haltes ayant marqué le combat identitaire est également prévu. Enfin, le programme sera clôturé par un gala qui verra la participation de célèbres chanteurs kabyles. A Aokas, le café littéraire de la localité compte animer une conférence sur le thème « Amazighité : constat et perspectives ». Cette rencontre sera animée au centre culturel Slimane-Rahmoune par Youcef Merahi, critique littéraire. A Tazmalt, les deux associations culturelles « Thafthil Ilamziyen » et « Timitar » ont confectionné des programmes riches en activités culturelles et sportives lesquels seront abrités par la maison des Jeunes de la localité durant deux journées. L’association « Thaftilt Ilamziyen » a préparé des tournois sportifs (tennis de table et pétanque) sur une durée d’une semaine.

Un récital poétique sera présenté par des poétesses de la localité et une conférence sera animée par Brahim Tazaghart, animateur du Mouvement culturel berbère. Pour sa part, l’association culturelle « Timitar » (Empreinte) a donné rendez-vous au Tazmaltais pour une conférence sur « La question de l’amazighité : de l’indépendance à l’ouverture démocratique ». Celle-ci sera animée par Tarik Mira, sociologue ex-député, et ce le vendredi 20 avril, à 16h. L’association du village Ighil N’hmama de Seddouk a préparé, pour sa part, une semaine culturelle qui sera marquée par plusieurs activités, dont un match gala avec les vétérans de la localité, une exposition de bijoux ainsi qu’un témoignage avec le chanteur et militant M. Boudjemaâ Agraw.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email