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Op-Ed

Une diplomatie digne de confiance

Une diplomatie est reconnue par sa doctrine. Elle ne peut être prise au sérieux ni glaner des lauriers sans faire l’unanimité auprès de ceux qui militent pour les causes justes, loin des intérêts étroits.

Il est difficile pour une diplomatie de paix de s’imposer, de se faire entendre et de se faire respecter dans un monde dirigé souvent par la force et la tyrannie. L’Algérie l’a fait.

C’est le constat confirmé avant-hier soir par le ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, dans un discours à l’occasion de la célébration de la journée de la diplomatie.

Née dans la douleur d’une lutte contre un colonialisme des plus horripilants, la diplomatie algérienne avait alors posé les jalons de son identité. Tout d’abord militer pour un principe irréversible : le droit des peuples à disposer de leur destin. Une valeur désormais intrinsèque qui façonnera sa philosophie depuis le sommet des non-alignés à Bandung en Indonésie. Il s’agit de se placer dans les mêmes tranchées que les peuples opprimés.

Cette doctrine, que tous les ministres des Affaires étrangères et tous les diplomates algériens ont obstinément défendue depuis l’accession officielle de l’Algérie à l’ONU le 8 octobre 1962, est devenue un « case study « enseigné dans les instituts de diplomatie et de relations internationales.

Cette doctrine suscitera autant l’adhésion de ceux convaincus de sa justesse que l’hostilité souvent de pays ayant eux-mêmes été victimes du joug colonial.

Le Maroc est la parfaite illustration de ce déni au peuple du Sahara occidental du droit à l’autodétermination. Fidèle à sa ligne, la diplomatie algérienne ne pouvait que souscrire à la revendication du peuple sahraoui tout en œuvrant en faveur du règlement, par des moyens pacifiques, du plus vieux conflit dans le continent africain.

D’ailleurs, le principe de règlement des conflits par les voies pacifiques et ses corollaires le dialogue sans exclusif et la réconciliation viennent aussi en appoint du principe de décolonisation auquel a souscrit la communauté internationale.

Ils serviront de références dans les règlements de dossiers aussi épineux que les conflits irano-irakien en 1974, dans la corne de l’Afrique entre l’Erythrée et l’Ethiopie en 2000, la crise malienne en 2015 et bien d’autres conflits en Afrique ou en Asie. 

Mais la crise en Libye, survenue dans le sillage de ce qui été baptisé le « printemps arabe », allait démontrer la justesse de la position algérienne et accorder davantage de crédit à sa diplomatie.

Alors que la majorité des pays arabes et occidentaux voyaient dans l’intervention de l’Otan une bénédiction pour « sauver le peuple libyen d’une dictature « , l’Algérie tirait la sonnette d’alarme sur la menace que faisaient peser sur la région et ensuite sur l’Europe le démembrement de l’Etat libyen et la prolifération des armes.

La Libye s’était transformée, dès la chute du régime de Mouammar el Gueddafi, en terrain fertile aux organisations terroristes.

Pendant que des voix, aussi bien en Occident qu’en Algérie, lui reprochaient sa neutralité dans le conflit libyen à coup de pressions et de menaces, à l’image de celles proférées par Mustapha Abdeljalil, leader coopté de l’opposition libyenne, à partir de Koweït en avril 2011, la diplomatie algérienne a campé sur sa position sans le moindre regret.

L’attaque de Tiguentourine en janvier 2013 et l’intrusion de Daech à Syrte en 2014 marquée par l’horrible assassinat de 21 coptes égyptiens allaient conforter les mises en garde algériennes. Aujourd’hui les Libyens, toutes tendances confondues, ainsi que la communauté internationale, réclament une implication de l’Algérie dans le règlement de la crise.

Les tournées triomphales de Messahel en Libye cette année ont conforté ce sentiment. Pour eux, la diplomatie algérienne, qui n’a ni ambitions ni intérêts dans ce pays, constitue un partenaire digne de confiance.

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