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Culture

Une biographie bien accueillie

Une biographie bien accueillie

Paru en 2013 chez Acte Sud en France et réédité par la maison Casbah à Alger, cette année, l’ouvrage Mouloud Feraoun : un écrivain engagé de José Lenzini semble être la biographie la plus complète, réalisé jusque là sur l’écrivain et l’enseignant, assassiné le 15 mars 1962 par l’Organisation de l’armée secrète avec cinq de ses collègues, à Ben Aknoun-Alger. Plus qu’un hommage, le livre de José Lenzini est l’aboutissement d’un travail de recherche de longue haleine.

L’auteur de Mouloud Feraoun : un écrivain engagé, connu pour plusieurs titres sur Albert Camus et d’autres sur l’Algérie, s’est référé à la source directe, celle de la famille de l’écrivain et instituteur – promu inspecteur des centres sociaux à Ben Aknoun en 1960 –, mais à toute personne susceptible d’apporter son témoignage sur l’enfant de Tizi Hibel (Kabylie).

Cette biographie sera bien accueillie par Ali, le fils de Mouloud Feraoun et président de la Fondation Mouloud Feraoun pour la culture et l’éducation, qui dans la préface de cet ouvrage confirme :

« Enfin nous avions un livre qui mettrait fin définitivement aux erreurs qui apparaissent de manière récurrente dans diverses publications mal informées, sur la vie de Feraoun ! Désormais on n’aurait plus d’excuse… ».

Et le signataire de la préface rappelle aussi que José Lenzini « se proposait d’écrire une biographie de Feraoun au moment où, soucieux de commémorer le centenaire de mon père en 2013, j’avais envisagé de rechercher un écrivain de talent capable de dire Feraoun avec les mots d’aujourd’hui, de le faire revivre tel qu’il l’était… ».

Mouloud Feraoun sera l’auteur d’une littérature d’expression française qui demeure, jusqu’au jour d’aujourd’hui, une référence importante dans le secteur de l’enseignement, mais aussi dans les arts comme le théâtre. Toujours est-il que J.

Lenzini ne s’attardera pas seulement sur l’homme de lettres. Il donnera aussi une part importante à l’enfance de l’écrivain qui, en vérité, devrait porter le nom de famille Aït-Chabane (appartenance aux Aït-Mahmoud), mais l’administration coloniale imposera le nom d’état civil Feraoun.

A ce sujet, Mouloud Feraoun racontera lui-même l’histoire de son nom « dans le brouillon d’une lettre à Camus ». Et il rajoute aussi que « les femmes n’allant pas à l’école sont gardiennes du nom kabyle et ignorent généralement le nom français des familles autres que la leur ».

Issu d’une famille pauvre, son père paysan ayant toujours trimé à l’intérieur du pays et même à l’étranger – à Gafsa en Tunisie et en France –, Mouloud parviendra quand même à devenir professeur de français et embrasser une carrière prometteuse. Humaniste et engagé pour l’indépendance nationale, il ne cessera de dénoncer la répression française.

Il n’hésitera pas aussi à remettre en cause certaines pratiques des combattants nationalistes. S’il accède au rang d’inspecteur des Centres sociaux, projet socio-éducatif pour les plus pauvres, il refusera le poste proposé par De Gaulle, celui d’être nommé au Quai d’Orsay.

Au fait, le général français a voulu montrer aux Américains, comme l’écrit J. Lezini, « qu’il y avait également dans le pays des intellectuels qui lui restaient fidèles… ». Feraoun a rejeté cette offre et d’autres, optant pour une vie dans son pays en guerre aux côtés de son peuple. Peuple dont l’âme est bien décrite dans ses différentes œuvres.

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