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Op-Ed

Une Algérie suédoise !

L’Algérie va devenir la Suède ! Nous allons bientôt vivre comme les Suédois. Ce n’est pas du tout une blague de mauvais goût, pour certains, de bon pour beaucoup d’ailleurs.

L’Algérie va devenir la Suède dans quelques années, voire dans quelques mois, quelques semaines, jours, heures… dans peut-être quelques heures seulement et l’Algérie sera la Suède.

Le temps que les ministres exécutent, mettent en pratique ce qu’ils viennent de parapher. L’Algérie s’est réveillée, un beau matin dans le bonheur, un lundi du mois de septembre 2014, comme une promesse de rêve d’une joyeuse plénitude des pays nordiques.

Comme la bénédiction d’un pays qui a les moyens de ses espérances mais se noie dans la fatalité du désespéré. L’Algérie se rappelle qu’il y a une terre, lointaine, des peuples sans d’énormes richesses et qui ont malgré tout réussi.

Ces gens du nord, le peuple d’Olof Palme, discrets mais progressistes, silencieux mais efficaces, rationnels mais très spirituels, riches de leur savoir-faire mais très modestes… Si Boumediene rêvait d’une Algérie aux yeux bridés à la japonaise, Bouteflika la dédie d’un vœu plutôt suédois. Il l’applique ce vœu politique. Son ministre de l’enseignement supérieur vient de faire un marathon de signatures avec tous les ministères de l’exécutif. On a vu défiler tout le monde, et tout le monde a répondu présent à l’appel du ministre de l’Enseignement supérieur qui ne sait que fabriquer des chômeurs et une économie de la disette nationale basée sur l’importation.

Dorénavant, les choses se passeront autrement. Ministre des transports, vous avez besoin de tant de pilotes, de commandants de bord, de rails, de, de et de… le ministre de l’Enseignement supérieur honorera la commande en besoin. Ministre de l’Habitat, le secteur a besoin de tant d’ingénieurs, c’est le ministre de l’Enseignement supérieur qui honorera la commande en besoin. Pareil pour tous les secteurs. Y compris les organisations patronales qui chapeautent les grosses entreprises privées.

Le ministre de l’Enseignement supérieur sera tel un pivot entre le secteur économique et l’avancée technologique et scientifique. Ce sont les deux piliers qui ont fait le progrès de la Suède, à savoir un Etat providence et une avancée technologique à la page de la demande du siècle.

Mais tout cela ne sera qu’un rêve sans suite si l’Algérie persiste dans son système éducatif en le maintenant en l’état actuel. Un système français, espagnol qui a une base de culture latine… aux dépens d’un système anglo-saxon beaucoup plus fécond et productif. Ce système-là est en permanente relation avec les différents besoins du pays.

Le dernier des artisans est appelé à avoir le bac. Le monde scientifique et le monde industriel travaillent en étroite collaboration. De ce fait, l’instruction est obligatoire jusqu’à l’âge de 18 ans. C’est le principe d’éducation de base élevée. C’est un principe qui permet d’absorber le chômage.

Se convertir d’un métier à un autre… Pourvu que la démarche s’inscrive dans la durée et fasse éloigner nos enfants d’un système éducatif basé sur la dissertation et la poésie. Un système décrié chez ses propres créateurs du fait que l’école française, à titre d’exemple, de l’avis des spécialistes, n’est plus l’ascenseur social. Des docteurs d’Etat dans des spécialités de pointe cherchent une main verte pour faire les jardiniers. Si toutefois nous entendions le binoclard Finkelkraut parler du système éducatif français, la querelle de l’école dans qu’est ce que la France… au secours, vivement la Suède ! S. M.

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