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Nationale

Un vendredi 13 d’horreur à paris

Un vendredi 13 d’horreur à paris

Terreur et effroi. C’est avec ces qualificatifs que le président français François Hollande a résumé la situation chaotique qu’ont connue Paris et la France ce vendredi 13 novembre. Huit attentats quasi simultanés ont secoué la capitale française.

Les lieux visés : un café, un théâtre et, symbole suprême, le stade de France qui abritait une rencontre amicale France-Allemagne à laquelle assistait le chef de l’Etat en personne.

C’est dire l’immensité de la faille sécuritaire qui a failli décapiter l’exécutif français. Le bilan est très lourd : 128 morts et plus de 300 blessés dont de nombreux sont dans un état très critique.

Un hyper-terrorisme revendiqué par le groupe terroriste Etat islamique. Longtemps confinée dans le lointain Levant, la crise syrienne débarque de manière spectaculaire en France, grande supportrice d’une opposition armée unilatéralement qualifiée de « groupes modérés », en réalité de vrais sanguinaires.

« C’est un acte de guerre commis par une armée terroriste, Daech, une armée djihadiste », a déclaré le chef de l’Etat français dans une déclaration à l’issue d’un Conseil de défense à l’Elysée au lendemain des attentats. Dénonçant la « barbarie absolue » de ces attentats qui ont fait, « à cet instant, 127 morts et de nombreux blessés », le président français a parlé d’ »un acte de guerre préparé, organisé, planifié de l’extérieur et avec des complicités intérieures, que l’enquête permettra d’établir ».

François Hollande a décrété l’état d’urgence dans tout le pays pour la première fois depuis la fin de la révolution algérienne en 1962, renforcé la sécurité dans les rues et aux frontières, et a décrété un deuil national de trois jours face à cet acte de guerre » commis dix mois après les attentats terroristes de janvier dernier.

Le président Hollande a évoqué les victimes des six attaques, menées aux abords du Stade de France où trois kamikazes se sont fait exploser en marge du match de football amical entre la France et l’Allemagne, et dans le centre de Paris où des tireurs ont mitraillé des terrasses et pénétré dans la salle de concert du Bataclan.

De source judiciaire, on donne un bilan provisoire de 128 personnes tuées et 99 blessés dans un état critique. Les auteurs de ces attaques auraient tous trouvé la mort, selon des sources judiciaires et gouvernementales.

Outre les trois kamikazes du Stade de France, un autre a déclenché sa ceinture d’explosifs boulevard Voltaire à Paris, « deux ou trois » se sont fait exploser lors de l’assaut des forces de l’ordre contre le Bataclan. Un homme a été tué au début de l’assaut donné à cette salle. Un passeport syrien et un autre égyptien ont été retrouvés sur les corps de deux kamikazes aux abords du Stade de France. Au Bataclan, un assaillant français a été identifié.

Daech revendique

Le groupe terroriste Etat islamique a revendiqué hier matin dans un communiqué officiel la responsabilité de ces attentats, affirmant que tous les membres des commandos étaient morts. « Huit frères portant des ceintures d’explosifs et des fusils d’assaut ont pris pour cibles des endroits choisis minutieusement au cœur de la capitale », lit-on.

« Allah a facilité à nos frères et leur a accordé ce qu’ils espéraient (le martyr, ndlr), ils ont déclenché leurs ceintures d’explosifs au milieu des mécréants après avoir épuisé leurs munitions », souligne le communiqué du groupe terroriste.

L’organisation djihadiste ajoute que ces attaques visaient à démontrer que la France demeurera une cible privilégiée tant qu’elle poursuivra la même politique au Moyen-Orient, où elle mène des frappes contre Daech en Syrie et en Irak.

La France répondra impitoyablement

François Hollande a annoncé que les forces de sécurité intérieure et l’armée étaient « mobilisées au plus haut niveau de leurs possibilités » et que la France continuerait à frapper l’EI.

« La France, parce qu’elle a été agressée lâchement, honteusement, violemment, sera impitoyable à l’égard des barbares de Daech, elle agira avec tous les moyens dans le cadre du droit, avec tous les moyens qui conviennent et sur tous les terrains, intérieurs comme extérieurs, en concertation avec nos alliés qui, eux-mêmes, sont visés par cette menace terroriste ».

Il a appelé à l’unité du pays, ce qui semble être le cas dans la classe politique, et annoncé qu’il s’adresserait demain au Congrès réuni à Versailles.

Mais le président des Républicains, Nicolas Sarkozy, a réclamé dès hier des « inflexions majeures » dans le domaine de la sécurité parce que « nous sommes en guerre ». Plusieurs partis politiques, dont le PS et le Front national, ont annoncé la suspension de la campagne électorale pour les élections régionales de décembre.

Le parquet de Paris a annoncé qu’une enquête avait été ouverte sous les chefs d’accusation d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste et association de malfaiteurs criminelle pour préparer des atteintes à la personne.

La crise syrienne débarque à Paris

Les attaques de Paris rappellent au monde entier les risques de débordement de la crise syrienne, d’autant que c’est l’image de l’arroseur arrosé qui résume la présente situation. Longtemps, la France avait misé sur les groupes terroristes labellisés « opposition modérée » pour renverser le gouvernement syrien légitime.

Aujourd’hui, et de l’aveu même des Américains, les « rebelles » formés et armés ont rejoint avec armes et bagages les rangs du groupe terroriste EI. Le front Al-Nosra, récemment encore encensé par Laurent Fabius, s’allie chaque jour davantage avec Daech.

Le président Bachar Al-Assad l’a répété en présentant ses condoléances au peuple français. « La France a connu hier ce que nous vivons en Syrie depuis cinq ans », a-t-il déclaré en recevant une délégation française dirigée par le député Thierry Mariani (Les Républicains, opposition). « On avait averti sur ce qui allait se passer en Europe il y a trois ans, on avait dit ‘Ne prenez pas ce qui se passe en Syrie à la légère’.

Malheureusement, les responsables européens n’ont pas écouté », a-t-il dit par ailleurs sur Europe 1. « Faire seulement des déclarations contre le terrorisme ne sert à rien, il faut le combattre », a-t-il ajouté. « Nous sommes prêts à combattre le terrorisme avec ceux qui le veulent vraiment et jusqu’ici le gouvernement français n’est pas sérieux », a dit le président syrien. Et pour le président Assad, « on ne peut pas faire de la coopération des services secrets sans faire de la coopération politique ».

Paradoxalement, le drame français rappelle la justesse de la position russe sur le chaos syro-irakien, et la position désormais traditionnelle de l’Algérie sur la nature transnationale du terrorisme et de la nécessité d’une coopération internationale pour lutter contre ce fléau.

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