-- -- -- / -- -- --
Nationale

Agent du Maroc: le dérapage d’un sénateur américain contre l’Algérie

Agent du Maroc: le dérapage d’un sénateur américain contre l’Algérie

Le sénateur républicain américain, Marco Rubio, persiste dans son soutien à la monarchie marocaine et signe encore sa fidélité au marché de lobbying, qu’il a conclu récemment avec le Makhzen. Avec son ami sénateur Ted Cruz, ils font du relais au sein du Congrès et affinent une stratégie anti-algérienne, voire anti-africaine, à travers l’application des textes de loi qui justifient les sanctions.

Le sénateur Rubio a demandé jeudi dernier au secrétaire d’Etat américain des sanctions contre l’Algérie pour ses achats d’armement de Russie. Rubio s’appuie sur le fameux texte adopté en 2017, le Countering América’s adversaries trough sanctions act (loi sur la lutte contre les adversaires de l’Amérique par les sanctions). Il a souligné que l’article 231 du texte ordonne au président américain de prendre des sanctions contre les parties « engagées dans des transactions importantes » avec les secteurs de la défense et du renseignement russes, et rappelle que « le Président a délégué ce pouvoir au secrétaire d’Etat ».

Il faut dire que Rubio ne fait que justifier le pactole de 455 000 dollars perçu du ministère des Affaires étrangères marocain. Son rôle de lobbyiste et de fervent défenseur des intérêts du Makhzen aux Etats-Unis a débuté avec sa campagne pour retarder l’installation de l’ambassadrice Elizabeth Aubin à son poste, à Alger, l’an dernier.

Les deux sénateurs républicains exécutent cette campagne, au profit du Maroc, à travers la société de Jeff Christopherson (chef de cabinet adjoint de Cruz), JPC Strategies.

Connaissant parfaitement la position de l’Algérie sur le conflit ukrainien, exprimée d’ailleurs au sein de l’ONU, les deux sénateurs sautent sur le prétexte de l’achat d’armes russes pour lancer des menaces à un Etat souverain. Ils s’immiscent dans les affaires intérieures des pays dont la ligne diplomatique ne cadre pas avec leur desiderata.

Veulent-ils que notre ANP signe des contrats d’armement avec leur industrie militaire pour se taire ? Cela ressemble à un chantage indirect fait à des Etats souverains, indépendants et qui agissent selon leur propre doctrine. Pourquoi ces deux sénateurs ne font-ils pas la même demande de sanctions envers les autres grands acheteurs d’armes russes, comme l’Inde ou même la Turquie, pourtant pays membre de l’Alliance atlantique et qui vient d’acquérir des batteries de défense aérienne sophistiquées de Moscou, et ce en dépit de l’opposition de la Maison-Blanche ?

De plus, pour appliquer ce type de sanctions, selon les termes de la CAATSA, les Américains doivent d’abord prouver qu’il y a eu des paiements pour ces achats en dollars.

Mais ce n’est pas l’unique impair ou aberration au sein de la Chambre des représentants, dont la guerre ouverte contre la Russie l’a poussée à adopter un projet de loi similaire destiné exclusivement aux Etats africains. Il s’agit du CMRAAA (Countering Malign Russian Activities in Africa Act), c’est-à-dire loi sur la lutte contre les activités malveillantes de la Russie en Afrique.

En vertu de ce texte, les Etats africains ne pourront pas acheter de pétrole à la Russie et ne seront autorisés à lui acheter des céréales que s’il est prouvé qu’elles « n’ont pas été volées à l’Ukraine ». Les sénateurs américains estiment que les revenus du pétrole contribuent à soutenir l’effort de guerre de la Russie dans son conflit en Ukraine. Il convient de souligner que ce projet de loi a suscité une vive indignation car il est destiné à sanctionner des pays africains qui ne font pas preuve de « déférence » envers les Occidentaux.

Pour revenir à notre fameux Rubio, un farouche partisan des accords « Abraham » ou de normalisation avec les pays arabes, ce sénateur républicain se met déjà en orbite dans l’investiture de son parti pour l’élection présidentielle de 2024. Il racle tous les tiroirs possibles pour financer ses coûteuses campagnes électorales et les frais de fonctionnement de ses équipes.

Parmi ses vingt gros contributeurs, en plus du cabinet de lobbying JPC Strategie, il faut citer le groupe d’influence “Pro-Israel America PAC” ainsi que le cabinet d’avocats Akin, Gump et Al. Ce cabinet d’avocats est officiellement enregistré depuis novembre 2021 comme lobbyiste au profit du Maroc, en vertu d’un contrat signé avec l’ambassade du Maroc à Washington. Dans cette même liste, on trouve Veritas et Honeywell International, deux groupes bien installés en Afrique du Nord. La règle « Qui paye commande » trouve donc toute sa vérité dans ce marché politico-financier, orchestré par les deux sénateurs, dans l’un des Etats qui s’affirme comme la plus grande démocratie du monde.

Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email