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Nationale

Un séminaire sur le rôle de la sage-femme

Un séminaire sur le rôle de la sage-femme

Contrairement aux idées reçues, le rôle de la sage-femme dans une structure hospitalière n’est pas seulement d’assister la parturiente lors de son accouchement. La sage-femme, dont les connaissances médico-scientifiques sont dispensées par des instituts supérieurs spécialisés et des universités, a des rôles et des missions beaucoup plus larges à l’endroit de la parturiente, du nouveau-né et même du couple.

Cette réalité a été rappelée, ce mardi à Tizi Ouzou, dans le cadre du séminaire organisé à la maison de la Culture Mouloud-Mammeri sur initiative de l’établissement hospitalier spécialisé Sbihi-Tassadit. Réunis autour du thème « Femmes et nouveau-nés autour de la pratique sage-femme », des experts ont développé, chacun en ce qui le concerne, une thématique bien déterminée. Au total, une dizaine de communications ont été données au profit d’une assistance nombreuse et attentionnée mais surtout composée majoritairement de sages-femmes dans la mesure où c’est à leur intention que les connaissances ont été prodiguées. A travers ce rendez-vous scientifique, il a été démontré que la mission de la sage-femme est loin d’être facile. Non seulement elle fait face à la prise en charge de la parturiente – ce qui n’est pas toujours facile puisque certains accouchements ne se passent pas toujours dans les conditions souhaitées – mais la loi pénale pèse sur elle constamment comme l’épée de Damoclès. En effet, il a été souligné qu’il n’est pas rare que la sage-femme se retrouve toute seule pendant l’opération de délivrance. Les textes législatifs ne sont pas toujours précis. Parfois, ils se contredisent même. Selon certains textes, la sage-femme doit secourir la parturiente en cas de complications, c’est-à-dire jouer le rôle du médecin si celui-ci n’est pas présent sur les lieux de l’opération ou tout simplement si la structure de santé où est admise la parturiente n’a pas de médecin. D’autres textes, en revanche, mentionnent que la compétence médicale de la sage-femme est limitée. Cela veut dire qu’en cas de complications, elle doit immédiatement faire appel au médecin. La loi stipule également que la sage-femme doit, après l’accouchement de la parturiente, assurer la surveillance de celle-ci et celle de son nouveau-né.

Or, en réalité, vu le nombre de parturientes se présentant à la clinique d’accouchement, la sage-femme n’a pas le temps d’assurer la surveillance de chacune de ces patientes en repos après délivrance. Le cas de la sage-femme condamnée à une peine d’emprisonnement pour homicide involontaire suite au décès de la patiente A. M. ne fait toujours pas l’unanimité chez les gens de la profession. Beaucoup pensent que la sage-femme n’avait pas assez de temps pour assurer la surveillance de la dame.

Selon l’OMS, la sage-femme assure 175 naissances par an. Mais en Algérie, la sage-femme en assure 1 000. Soit donc plus de 4 fois plus que la norme fixée par l’OMS. Toujours est-il cependant que les sages-femmes ont pu bénéficier, au cours de ce séminaire, de leçons intéressantes sur les différents cas de complications pouvant survenir lors d’un accouchement. Le Dr Lakabi, qui a fait une communication sur la thématique « Hémorragie de la délivrance », a assuré que grâce à certains gestes médicalement simples, on pourrait éviter 87 % des décès par hémorragie.

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