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Culture

Un roman sur le Hirak avec un ancrage sur la réalité des faits

Un roman sur le Hirak avec un ancrage sur la réalité des faits

Le premier roman sur le Hirak revient à Mohamed Benchicou. Sous couvert d’une belle histoire sentimentale, l’auteur dresse une réalité d’une infime exactitude sur ce mouvement populaire, un sursaut inédit de l’Algérie avec ses causes en toile de fond.

L’histoire sentimentale servant de cadre à cette œuvre intellectuelle est celle d’un jeune couple, Messaoud et Nora, ayant participé avec ferveur et enthousiasme aux marches hebdomadaires du vendredi et du mardi. C’est dans cette atmosphère délirante qu’ils se sont rencontrés et connus, se concluant par un mariage d’amour. L’auteur, pour rester dans le genre romanesque, a imaginé le récit sur le Hirak soixante ans dans le futur, en 2080. C’est la jeune étudiante Lilya Chater, qui a eu pour grands-parents ce fameux couple, en leur rendant un sublime hommage, qui soutient une thèse de doctorat sur ce thème. Ici s’arrête la fiction et surgissent les faits du Hirak dans leur extraordinaire réalité. Mohamed Benchicou a rapporté avec des détails les plus recherchés les évènements ayant marqué le Hirak.

Il s’est appesanti sur ses causes nées principalement de la mauvaise gestion des vingt ans de règne, personnifiés par Bouteflika qu’il surnomme fakhamatouhou. Mohamed Benchicou cite un passage du sociologue allemand Max Weber, qualifiant ainsi ce genre de règne de ’’ patrimonialisme, un mode de gouvernement sur une forme de domination personnelle, empruntant à la tradition et surtout à l’arbitraire.

Le chef dans cette situation traite toutes les affaires comme s’il s’agissait de choses personnelles et érige le pays en propriété privée’’ . Avec une telle emprise sur le pouvoir, ce monarque ne pouvait être que responsable dans les malversations ayant secoué le pays. Aussi la corruption s’est-elle étendue d’une manière spectaculaire. Mohamed Bechicou, dans cette voie, a reproduit des révélations accablantes rendues publiques dans les procès des anciennes personnalités du régime ainsi que des hommes d’affaires.

A titre d’exemple, dans un enregistrement réalisé à Genève dans un restaurant luxueux à l’insu des intéressés, on apprend les sommes faramineuses reçues à titre de commissions et virées dans des comptes ouverts auprès de paradis fiscaux. La précision est telle que l’on nomme même les compagnies étrangères ayant opéré en Algérie. Mohamed Benchicou rapporte aussi les comptes rendus devenus publics des délibérations des tribunaux et des réponses des accusés. Son livre est un véritable film reproduisant les faits avec des dialogues, des personnages, des lieux, des noms ; c’est un film vivant reconstituant d’une manière la plus fidèle la réalité, un miroir authentique. L’ouvrage de Mohamed Benchicou est captivant par son style soutenu et la révélation scrupuleuse des faits. Quand le lecteur lit la première page, il ne peut s’arrêter qu’à la dernière ; saisi par la forme savoureuse du style de l’auteur, la profondeur et la gravité du fond et du contenu. Ce livre s’achève en octobre 2019.

Ce n’est pas toute l’histoire du Hirak qui se poursuit encore inlassablement tous les vendredis, mais la « Casa d’el Mouradia » a le mérite d’expliquer avec une description complète et une analyse inégalée ce mouvement populaire d’une nation entière éprise de justice, de liberté, de dignité.

On lit ce livre et on sait tout sur le Hirak. Un document d’une rare importance pour son style imagé et la valeur élevée du thème inscrit dorénavant en grandes lettres dans l’histoire de l’Algérie. Ce sont les éditions Koukou qui se sont chargées de la publication. Son prix, modeste pour le mettre à la hauteur de toutes les bourses, n’est que de 600 DA et se trouve disponible, entre autres , à la librairie du Tiers-Monde, place Emir Abdelkader.

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