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Nationale

Un projet mort-né ?

Un projet mort-né ?

L’initiative du MSP portant transition politique a-t-elle des chances de réussir là où d’autres ont échoué, telle celle du FFS.

Et surtout à la suite de la mise au point de la Grande muette et non d’un rappel à l‘ordre comme certains l’ont compris. Si l’on analyse le contenu de la mise au point de l’ANP, qui est venue d’abord pour répondre à certains milieux politiques qui sont allés vite en besogne pour indiquer que l’initiative du MSP aurait reçu l’aval de l’armée, elle est aussi destinée à ceux qui se cachent derrière l’institution militaire pour la dénoncer ou du moins la parasiter.

N’empêche que cette initiative a fait sortir l’ANP de son mutisme pour mettre les choses au clair : « L’institution militaire ne doit pas interférer dans les manœuvres ou jeux politiques et politiciens », a indiqué le général major Gaid Salah qui a en outre tenu à préciser que le rôle de l’ANP « est défini dans la Constitution, « à savoir la protection du territoire national, de la stabilité, de la sécurité et la défense de l’unité du pays et du peuple ». En clair, la classe politique ne doit en aucun cas impliquer l’institution dans les « enchevêtrements politiques ». « Toute personne ou parti est libre de faire de la politique ou de se présenter à la prochaine présidentielle, pour peu que les conditions légales soient réunies », a ajouté le vice-ministre de la Défense qui tenu aussi à remettre les pendules à l’heure.

Makri a écrit sur sa page Facebook que sa formation politique « appuie ce qui est dit dans l’allocution prononcée par le général de corps d’armée Gaid Salah et estime que ces déclarations « servent l’intérêt national, son parti », ajoutant qu’il « ne se sent nullement visé par cette réponse d’autant que le MSP n’a pas appelé à l’implication de l’armée mais qu’il s’est exprimé dans le cadre de la présentation de l’initiative ». Le président du MSP a indiqué que le général de corps d’armée Gaid Salah, a condamné l’implication de l’armée « dans les enchevêtrements des partis et des politiques » tandis que le mouvement « n’est entré dans aucune querelle avec les autres partis concernant le rôle de l’armée, mais ce sont plutôt certains politiciens ayant réagi à la déclaration du président du mouvement qui sont entrés en lutte quant au au rôle de l’armée ». Source d’espoir et de solution politique pour le parti islamiste, l’initiative du MSP est combattue par l’ensemble de la classe politique à commencer par les partis alliés du courant islamiste, qui ont déjà manifesté leur refus. Après Ennahda qui a rejeté, dans le fond et dans la forme, l’initiative du MSP, c’est le mouvement El-Binaâ, formation issue d’une dissidence du MSP et qui l’a récemment rejoint dans le cadre de la fusion de trois partis, d’afficher sa désapprobation de manière claire et tranchée.

Auparavant, le FFS et le FLN avaient également affiché des réserves, voire une désapprobation totale du contenu de cette initiative. Ces deux partis sont aujourd’hui rejoints par le RCD, qui a rejeté l’initiative politique du MSP lors de son conseil national tenu récemment. Même constat chez le PT, très discret sur cette initiative et qui, par la voix de son porte-parole Djoudi, a rejeté l’implication de l’armée dans le jeu politique. Seul le parti de Ali Benflis n’a pour l’instant émis aucun commentaire sur cette initiative. Alors que reste-t-il de cette dernière qui, selon son promoteur, n’est pas destinée à impliquer l’armée dans le jeu politique mais d’être simplement le « garant » de l’élection présidentielle de 2019 ?

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