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Culture

Un pionnier de la littérature amazighe

Un pionnier de la littérature amazighe

Deux jours durant, ces 24 et 25 avril, des chercheurs et des universitaires d’Europe et d’Algérie ont animé à Tizi Ouzou un Colloque international sur l’auteur Belaid Ath Ali, initié par le Haut commissariat à l’amazighité en collaboration avec le Laboratoire de l’aménagement et de l’enseignement de la langue amazighe de l’université.

L’œuvre de l’auteur Belaid At Ali, de son vrai nom Izarar Belaid (1909- 1950), constitue pour les organisateurs de ce colloque « un moment important dans l’histoire de la littérature amazighe de Kabylie ».

Elle se caractérise par « une originalité indéniable et une diversité de genres (contes, roman, nouvelle, poésie, etc.). Durant la rencontre qui lui est consacrée autour du thème « Belaid At Ali. Un auteur et une œuvre à (re)lire », le Secrétaire général du Haut commissariat à l’amazighité (HCA), M. Si EL Hachemi Assad, a soutenu que le mérite revient à cet auteur d’être « le premier prosateur d’expression kabyle et son texte Lawali n Oudrar peut être considéré à juste titre comme le premier roman en tamazight », rapporte l’Agence presse service d’Algérie.

Lors de son intervention, ce dimanche à Tizi Ouzou, le dirigeant du HCA a rappelé que c’est grâce à des pionniers comme Belaid At Ali que nous avons aujourd’hui « une base de connaissances, d’observations, de savoir et de technicités qui nous permettent de nous projeter dans l’avenir ». Un avenir inhérent à l’introduction des textes d’auteurs amazighs, dans le programme scolaire national.

Pour Abdelhak Lahlou, enseignant à l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris, dans sa communication « La poésie de Belaïd Ath Ali, entre tradition et modernité ou pour une poétique de la rupture », les poèmes de cet écrivain sont « accessibles et transparents » du point de vue de la langue et des thèmes abordés. Car il « a introduit une poésie transparente qui s’attache aux préoccupations quotidiennes de ses concitoyens et à l’environnement dans lequel il vivait ».

Tout en observant une écriture réalisée un style facile avec des expressions lisibles et compréhensibles de tous, cet universitaire a relevé que Belaid At Ali a marqué le passage de l’oralité vers l’écrit dans la littérature écrite en langue amazighe, il a développé « une poésie intimiste dans laquelle il a abordé ses propres expériences. Il a raconté son divorce, sa solitude et ses déceptions, ce qui a constitué une nouveauté dans la poésie kabyle ».

L’autre nouveauté dans cette poésie réside dans la ponctuation, notamment les points d’exclamation et d’interrogation, les questionnements, ce qui est retrouvé aujourd’hui chez plusieurs écrivains et artistes tels que Ben Mohammed, Amar Mezdad et Lounis Aït Menguellet, selon cet intervenant.

Si Belaid Ath Ali est considéré actuellement comme le véritable fondateur de la littérature écrite en langue amazighe, ces travaux font l’objet depuis une quinzaine d’années, selon des participants à ce colloque, d’une « importante et riche production » universitaire et médiatique. 

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