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Nationale

Le Maroc sous respirateur artificiel : La GenZ met à nu le Makhzen

Le Maroc sous respirateur artificiel : La GenZ met à nu le Makhzen

Le Maroc est un pays sous respirateur artificiel. La dette extérieure publique avoisine les 69 milliards de dollars, le service de la dette une montagne infranchissable et une jeunesse aux abois. Le samedi et le dimanche, la jeunesse marocaine, sous la bannière de la GenZ remet ses revendications dans la rue à travers les grandes villes du royaume avec un seul leitmotiv : amélioration des conditions sociales des marocains, avec en ligne de mire la Santé, l’Education, la protection sociale et un avenir moins oppressant .

En fait, la GenZ212 remet ça après les manifestations du début de l’automne dernier, qui n’ont pas été entendues, encore moins exaucées par le Makhzen à travers la coalition gouvernementale dirigée par Aziz Akhanouch, chef du RNI. Ce samedi et dimanche, la rue marocaine va encore gronder et gronder un pouvoir qui n’arrive plus à entendre la voix du peuple, quand il ne l’ignore pas.  Tout simplement.

Car autant les revendications sociales de la GenZ sont incompressibles, avec des systèmes de santé et d’éducation défaillants et incapables de répondre aux besoins du peuple marocain, autant en haut de la pyramide, la situation est clairement mauvaise. Le pays croule en fait sous les déficits sociaux, économiques, financiers et moraux. Et, ce qui n’arrange pas les affaires d’un pays à la déroute politiquement et financièrement, socialement également, c’est qu’il est très endetté.

Le dernier rapport de la Banque mondiale sur le stock de la dette extérieure du Maroc, qui avait coïncidé avec un appel de la GenZ à sortir dans les rues des villes du royaume, n’est pas bon et ne plaide pas pour un apaisement des tensions dans un pays pratiquement aux mains de ses bailleurs de fonds. Le royaume chérifien, et c’est connu, est très endetté, mais les chiffres de la Banque mondiale pour 2025 font frémir : sa dette extérieure équivaut pratiquement à son PIB et a atteint le sommet de presque 68 milliards de dollars en 2024, soit 45% du RNB (revenu national brut) du pays et 99% de ses exportations.

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Des hôpitaux au lieu des stades

Et, en 2024, le service de la dette a représenté 13% des recettes d’exportations et 69% du RNB. Par les chiffres et selon le rapport 2025 de la Banque mondiale, l’encours de la dette extérieure du Maroc s’est établi à 67,99 milliards de dollars en 2024, soit son deuxième niveau le plus élevé jamais enregistré.

Dans le détail, le stock de la dette extérieure à long terme du Maroc s’élève à 57,20 milliards de dollars en 2024, dont 45,72 milliards de dollars garantis par le secteur public et 11,47 milliards de dette privée non garantie. Cette évolution s’inscrit dans une tendance de forte croissance de l’endettement extérieur depuis 2010 : la dette extérieure totale est passée de 27,34 milliards de dollars en 2010 à 66,01 milliards en 2020, puis 65,68 milliards en 2021, 64,97 milliards en 2022, avant d’atteindre son pic de 69,632 milliards en 2023.

Quant au service de la dette à long terme, il s’est alourdi progressivement, dépassant la barre des 5 milliards de dollars en 2020, dont plus de 4 milliards pour les remboursements du principal. Au total, cela représente un service de la dette à long terme record de 7,02 milliards de dollars en 2024. Un rythme infernal pour un pays qui cultive l’endettement !

En outre, Rabat a également une dette extérieure à court terme de 7,504 milliards de dollars en 2024, mais en baisse par rapport aux 10,160 milliards de 2023. L’utilisation des crédits du Fonds monétaire international (FMI) et des allocations de droits de tirage spéciaux (DTS) s’élève à 3,285 milliards de dollars en 2024, en baisse par rapport à 2023.

Dans cette frénésie à l’endettement, car le pays emprunte beaucoup pour financer des projets touristiques (palaces, marinas, golfs…) au détriment de l’amélioration des conditions sociales des Marocains, les dépenses d’armement ont également atteint des sommets, Rabat s’équipant pour s’assurer l’occupation illégitime du Sahara Occidental, territoire non autonomie selon l’ONU. Selon les dernières statistiques, Rabat a dépensé entre 2023 et 2024 près de 23 milliards de dollars en armements, dont des avions Mirage de dernière génération, s’appuyant sur Paris et Washington pour moderniser sa flotte aérienne.

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La Gen Z carburant de la contestation au Maroc

Entre 2019 et 2023, le Maroc a vu sa dette publique (extérieure, intérieure et garantie) passer de 78% à 91% du PIB, selon les données du ministère des finances marocain. Et, pour un pouvoir makhzénien qui n’arrive plus à garantir un minimum social à son peuple, il y a le fléau qui ronge les caisses de l’état de l’intérieur : la corruption. Le Maroc est classé par Transparancy International 99eme sur 180 pays. Et, sur ce dossier de la corruption, il y a un chiffre qui, dans n’importe quel pays, devrait faire l’effet d’un électrochoc national : 50 milliards de dirhams (environ 5 milliards d’euros).

C’est, selon l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), l’ordre de grandeur de ce que la corruption coûte chaque année au Maroc : entre 3,5% et 6% du PIB, soit des dizaines de milliards de dirhams qui disparaissent dans les circuits opaques des marchés publics truqués, des passe-droits et des rentes captées par quelques-uns. Le président de l’INPPLC, Mohamed Bachir Rachdi, l’a dit sans détour : l’impact de la corruption se situe dans cette fourchette de 3,5% à 6% du PIB.

Autrement dit, le Maroc s’auto-inflige chaque année une amputation massive de ses propres ressources. Cinquante milliards de dirhams (environ 5 milliards d’euros), ce sont des hôpitaux modernes qu’on ne construit pas, des écoles qu’on laisse tomber en ruine, des routes et des réseaux d’eau qui ne voient jamais le jour, des politiques sociales qu’on renvoie à plus tard. Ce n’est pas une abstraction : c’est une addition très concrète présentée, chaque année, au peuple marocain.

Et c’est en fait la principale source de la colère et la grande revendication des jeunes de la Gen z212 : des hôpitaux, des écoles, des infrastructures sociales, une meilleure prise en charge des couches défavorisées, du travail et la protection sociale.

Ce sont là les grandes revendications de la jeunesse marocaine, lasse de promesses non tenues par une monarchie dépassée, qui se vampirise en se mettant à table avec la bourgeoisie Soussie, Fassie et de la Chaouia-Ourdigha, qui a pris les commandes du pays.  Le roi n’intervenant que pour surveiller son immense fortune et ses affaires, le reste de la gouvernance étant léguée aux grosses fortunes du pays, telles que celles des Akhanouche, des Benjelloune, les Kettani, Chaïbi, et autres, qui brassent des milliards de dirhams à travers leurs banques, leurs enseignes de la grande distribution et surtout du secteur pétrolier, monopole du chef du gouvernement, Akhanouche.

C’est ce  Maroc de ‘’papa’’ que les jeunes de la GenZ veulent abattre, sinon à remettre sur le droit chemin, celui des intérêts d’un peuple dépassé par la misère et les décisions impopulaires du gouvernement dirigé par le RNI, allié aux partis proches du Makhzen, le PAM d’El Hima, l’Istiqlal, et dans une moindre mesure des partis du centre dont l’Union Constitutionnelle et des formations de la gauche modérée comme le PPS (communiste) de Nabil Benabdellah.

Samedi et dimanche il y aura des manifestations à travers les grandes villes du royaume, et en face il y aura également un système répressif qui les attend. Au mois d’octobre, plus de 2400 jeunes avaient arrêtés et la plupart condamnés à de lourdes peines de prison.



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