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Nationale

Un nouveau Premier ministre : La carte de la loyauté et de la fidélité

Un nouveau Premier ministre : La carte de la loyauté  et de la fidélité

En nommant Abdelmadjid Tebboune à la tête de son cabinet exécutif, le chef de l’Etat a décidé de maintenir sa ligne traditionnelle qu’il a adoptée en 2011 depuis qu’il a été convaincu que les chefs de parti politique (Belkhadem du FLN et Ouyahia du RND) ne faisaient plus l’affaire.

Bien que ces deux grandes formations dominent les institutions du pays et soutiennent le président Abdelaziz Bouteflika et son programme, il paraissait évident, depuis les émeutes de l’huile et du sucre de janvier 2011 dans la soi-disant le sillage du « printemps arabe », cette suprématie politique est aléatoire et fragile.

C’est d’ailleurs à cette époque que l’alliance présidentielle, le fameux trio composé avec les islamistes modérés du MSP, vole en éclat.

Les divisions étaient flagrantes, ainsi que les prémices des fractures politiques et surtout d’une recomposition de la carte politique du pays. Avec Abdelmalek Sellal comme Premier ministre, Bouteflika a opté pour un technocrate issu de l’administration centrale, mais qui reste l’un des hommes de son carré le plus étroit de fidèles. Certains oublient qu’il fut son directeur de campagne lors de la présidentielle de 2004 et qu’il fut reconduit également en 2009.

Il fallait délester les partis politiques de la gestion des affaires gouvernementales. Bouteflika voulait prendre en main l’exécutif, avoir un œil direct sur la gestion des secteurs les plus névralgiques. C’est comme ça qu’il opta pour le choix de la loyauté et de la fidélité, d’autant que cela coïncidait avec l’approche de la fin de son troisième mandat.

C’est sa maladie, en 2013, qui lui imposa encore ces choix et le maintien de Sellal dans un poste de « coordinateur » du gouvernement. Or voilà qu’au bout de quelques années, en dépit de tout ce qui a été fait.

Sellal se retrouve dans une posture de faiblesse, désavantagé par la crise des recettes pétrolières et surtout par son incapacité à imposer une authentique discipline gouvernementale. De plus, il est clair que Sellal est devenu la victime collatérale de la forte abstention lors des récentes législatives. 

Curieusement, Bouteflika refait le même geste et adopte le même choix en désignant Tebboune qui, s’il n’a pas le même style ni le même profil que son prédécesseur, demeure un des hommes fidèles de son entourage. Technocrate et rompu aux arcanes de l’administration centrale, Tebboune est devenu un personnage incontournable pour l’entourage présidentiel.

C’est lui qui a pris en charge le colossal programme des logements AADL, en plus des contentieux de 2001. C’est lui encore qui dirige de loin le chantier de la Grande Mosquée d’Alger. Et c’est encore à lui qu’échoit le département délicat du Commerce après le décès de Bakhti Belaib.

Pour les observateurs, Tebboune incarne non seulement cette loyauté envers le président de la République, qui le lui a bien rendu en le décorant de la plus haute distinction nationale en décembre dernier, juste après l’inauguration de la vieille nouvelle de Sidi Abdellah, mais incarne aussi cette fermeté et cette discipline qui manquaient tant dans les rouages de l’administration et dans la gestion des affaires du pays.

On l’aura remarqué avec les contradictions dans la prise de décision pour l’octroi des licences d’importation des produits de consommation, dans le dossier des concessionnaires automobiles et dans bien d’autres secteurs qui souffrent de déficiences et de carences. Pour les observateurs, l’affaire des BTPH et les retards des paiements aux entreprises auront été le coup de grâce pour Sellal.

Autrement dit, cette histoire de financement touche directement la crédibilité de Bouteflika, notamment dans ses promesses d’achever ses programmes de logements AADL. Avec Tebboune, il est bien évident que le secteur de l’habitat et des travaux publics va connaître un soin particulier, un suivi, et surtout un soutien sans faille.

Bien que membre du comité central du FLN, Tebboune n’a jamais voulu s’immiscer dans les affaires politiques de son parti, ni s’engluer dans des déclarations intempestives, même au plus fort moment de la crise organique.

Discret mais ouvert, Tebboune s’est construit une réputation de pragmatique, de technocrate aiguisé et de gestionnaire ferme. Il ne fut jamais, même en tant que wali, mêlé à des scandales ou à des affaires scabreuses.

Bouteflika voulait encore un homme propre capable d’achever en deux ans ses vieilles promesses électorales, un homme qui ne concentrera pas sur lui les « critiques ou les rancœurs » aussi bien de la mouvance présidentielle que celle de l’opposition. Il voulait encore un homme qui n’a surtout pas d’ambition présidentielle pour 2019.

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