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Culture

Un hommage en or à Berber

Un hommage en or à Berber

Dans une ambiance plombée d’émotion, un vibrant hommage a été rendu à la célèbre actrice Fatiha Berber, décédée récemment. Berber était une icône de l’art algérien.

En présence de son époux, sa fille, de grandes figurent du cinéma et du théâtre ont témoigné de la grandeur de la défunte star, telle Bahia Rachdi, Mohamed Adjaimi, La grande Ouahiba Zekkal, Faouzi Saichi, Youcef Hattab et Yacine Bendjemline. Ils étaient réunis par l’établissement Art et culture à la bibliothèque multimédias de la jeunesse d’Alger pour rappeler, anecdotes à l’appui, le parcours de cette figure du théâtre, de la musique et du cinéma.

Née le 11 Février 1945 à la Casbah d’Alger, Fatiha Blal, de son nom de jeune fille, intégra le conservatoire de sa ville, à la fin des années cinquante pour y étudier la musique. Après ses débuts en tant que chanteuse et danseuse dans l’orchestre de Meriem Fekkai, ce qui était rare pour une femme, vu les mentalités de l’époque coincées par les traditions, mœurs et us de la société, Fatiha fut découverte en 1959 par Mustapha Gribi, alors réalisateur à la télévision.

Son premier rôle était le personnage d’Henriette dans « les femmes savantes » de Molière. Alors qu’elle était encore très jeune, « Sa maman l’avait ramenée par la main et me demanda de veiller sur elle », témoigne Ouahiba Zekkal, dans une voix étouffée d’émotion, « depuis son arrivée, c’était la petite sœur et l’amie en qui chacun pouvait avoir confiance.

Cette dame était d’une éducation exceptionnelle. Pendant toutes ces années de partage, que ce soit dans le quotidien ou la vie professionnelle, elle n’avait jamais manqué de respect à qui que ce soit ni blessé les gens d’un mot ou d’un regard. Elle a toujours été correcte avec tout le monde.

Avant, à notre époque, les comédiens et les artistes en général formaient une seule famille, tout le monde partageait ses connaissances, donnait des conseils. Nous formions vraiment une seule famille ! ».

Lors des témoignages, Bahia Rachdi raconte que Mme Berber avait une peur bleue de la caméra : « Si tu savais comme la caméra me fait trembler. » avoua-t-elle une fois à Bahia.
L’émotion est à son comble quand la parole fut donnée à Brahim Berber, son époux, qui peinait à contenir son émotion.

Il confie que « Fatiha était l’épouse aimante, dévouée à son foyer, la mère tendre qui n’a jamais lésé ses au profit de sa passion et s’appliquait dans ses rôles. » avant de rajouter qu’il n’avait jamais parlé d’elle aux médias car « je juge que mon rôle dans sa vie était d’être son époux », celui qui se devait être là pour elle, « nous avions convenu dès le début de notre mariage à ce qu’elle vive pleinement sa passion. ». Faouzi Saichi rajoute qu’« il était très rare, pour ne pas dire exceptionnel, de voir l’époux d’une artiste la soutenir et partager avec elle sa passion.

Contrairement à certaines comédiennes qui se sont vues quitté les planches à cause des pressions subies par leurs conjoints, malgré leur grand talent. » Yacine Boudjemline rajoute que « Fatiha Berber était très ponctuelle, quand nous avions des tournages à faire loin d’Alger et quand je passais la récupérer en bas de chez elle, très tôt le matin, Mr Berber était là avec elle, la valise de son épouse à la main et l’accompagnait jusqu’à la voiture. », avant de rajouter que « s’il ne lui avait pas prêté main forte et ne l’avait pas soutenu, jamais le cinéma et le théâtre Algérien n’auraient connu cette grande figure, cette grande dame. ».

Les comédiens témoignent tous d’une seule voix, « Fatiha berber était pour nous l’amie, la sœur, la conseillère, la confidente, l’exemple à suivre. Elle n’a jamais pris à la légère ni sa vie familiale, ni sa vie artistique » Fatiha Berber qui a vêtu plus de 100 personnages et interprété plus d’une vie à travers ses rôles, elle reçut plus d’un prix honorifique à travers sa longue carrière et joua un rôle important pendant la guerre de libération en aidant les moudjahidines.

Elle a aussi, fait partie de l’association « Les amis de Rouiched ». Partie subitement, le 16 janvier 2015, ses amis et sa famille avouent que « jamais personne ne pourra la remplacer ni sur les planche, ni en face la caméra et encore moins dans la vie de chacun car Fatiha était une grande école. ».

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