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Nationale

Un hirak évanescent à Alger ?

Un hirak évanescent à Alger ?

Premier vendredi de l’année, le hirak a signé son 46ème acte mais en nombre décroissant. Les algériens ont battu le pavé et ont organisé des marches dans plusieurs villes du pays. Un vendredi particulier car il intervient au lendemain de la libération de plusieurs détenus du hirak, et la formation d’un nouveau gouvernement qui compte parmi ses rangs d’anciens ministres.

Un vendredi pas comme les autres ! Les algériens restent mobilisés, mais le nombre des manifestants a décru notamment dans la capitale. Ils réitèrent leur détermination à aller jusqu’au bout en faisant aboutir la révolution du 22 février avec l’édification d’une Algérie meilleure. « Jusqu’au bout, Samidoune » (Jusqu’au bout. Nous sommes déterminés), peut-on lire sur une pancarte. Ainsi, les algériens ont scandé les slogans habituels du hirak. Le fameux « Etat civil non militaire », a été rythmé tout au long de la marche par des manifestants qui rappelle un des principes du congrès de la Soummam, à savoir la primauté du politique sur le militaire.
Toujours au rendez-vous avec l’histoire, les manifestants ont rendu un vibrant hommage à plusieurs figures de la révolution algérienne à l’instar de Abane Ramdane, de Hocine Ait Ahmed, de Boudiaf et Amirouche mais aussi à Mohamed Khider assassiné le 3 janvier 1967 en Espagne. Défilant dans les rues d’Alger après l’accomplissement de la prière du vendredi, les marcheurs ont réaffirmé leur détermination d’aller de l’avant. Le slogan de détermination « Hna ouled Amirouche marche arrière manwelouche… » (Nous sommes les enfants de Amirouche, on ne va pas faire machine arrière), a en effet résonné dans les rues de la capitale et ailleurs. Armés de pacifisme, ils ont réaffirmé leur attachement à l’unité du peuple et du pays malgré les tentatives de division dont il a fait objet. « Les algériens khawa khawa echa3b mwahed » (Les algériens sont des frères et le peuple est uni », ont réaffirmé les manifestants qui tiennent tant à une Algérie libre et démocratique. Cependant la marche de ce vendredi a été marquée la veille par la libération inattendue des dizaines de détenus du hirak, dont le plus symbolique, le moudjahid Lakhdar Bouregaa. Ces derniers qui ont pour la plupart fait leur retour au hirak en ce vendredi, ont bénéficié de mesures de libération conditionnelle dans l’attente d’un procès.
La solidarité y est aussi. Même si on a célébré la libération des uns on réclame toujours la remise en liberté de ceux qui croupissent encore aux prisons. Une décision de justice vivement critiquée, notamment sur les réseaux sociaux, car l’on s’interroge sur le pourquoi de leur arrestation et de leur libération d’un seul coup. Leur libération fait donc débat. Un geste d’apaisement pour certains et calcul politique pour d’autres.
A l’Est et à l’Ouest du pays, des marches ont été aussi organisées pour perpétuer le rendez-vous hebdomadaire de mobilisation. A Jijel et à Oran à travers des marches qui ont regroupées des milliers de manifestants, on réclame l’instauration d’un Etat de droit.

A Tizi ouzou on a fait barrage aux baltaguias qui ont installé, lors de la marche de vendredi passé, un climat de terreur chez les manifestants. Ainsi, près de 300 personnes se sont portées volontaires et se sont mobilisées pour maintenir le pacifisme du hirak et garantir la sécurité des manifestants. 

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