Un fond de 1200 milliards de centimes pour soutenir les projets innovants
Dans le cadre de l’aide allouée par l’Etat pour le soutien des entreprises innovantes, une enveloppe de 1.2 milliard de DA (1 200 milliards de centimes) a été mobilisée pour les startups via le Fonds d’investissement (Algeria Startup Fund -ASF), un chiffre qui pourrait être revu à la hausse, progressivement avec l’augmentation de la demande et des besoins de financement des startups, a annoncé, hier mercredi, le ministre délégué auprès du premier ministre chargé de l’Economie de la Connaissance et des Startups, Yacine Walid, en marge de la Conférence régionale des Startups abritée par la salle Ahmed Bey de Constantine.
Le coup d’envoi de ce rendez-vous intitulé « Constantine Disrupt » a été donné par le ministre délégué en présence de quatre ministres et dix walis de la région Est du pays.
Lors de son intervention devant un parterre de spécialistes et de chefs d’entreprises versées dans les projets innovants, le ministre a mis en avant le plan d’action de son département visant une meilleure prise en charge et partant la réussite du secteur qui peine depuis son avènement à trouver de véritable débouchés aux porteurs de projets.
Le ministre a de ce fait rappelé que son département est justement chargé de veiller à l’épanouissement des entreprises innovantes. Les projets seront pris en charge par des incubateurs et des accélérateurs afin de leur permettre de réussir l’aventure entrepreneuriale ceci en sus de la création d’un fonds d’investissement, Algeria Startup Fund (ASF) destiné à soutenir, sous conditions financièrement, précisera –t-il, les projets innovants. Pour le moment, 1.2 milliard de DA ont été mobilisés pour les startups, un chiffre qui pourrait être revu à la hausse, progressivement avec l’augmentation de la demande et des besoins de financement des startups.
Ce fond constitue un fond d’investissement qui entre dans le capital de la société créée, et qui devient in fine un partenaire de la startup pendant une durée de six ans avec une politique de sortie à l’expiration de ce délai. « Ce n’est donc pas un crédit où un endettement auquel sera soumise l’entreprise innovante, explique le ministre qui précise que cela donne beaucoup plus de flexibilité par rapport au financement des startups dans la mesure où le montant du placement peut varier de quelques millions à plusieurs dizaines de millions de dinars.
Ainsi, le secteur dont les débouchés restent immenses de par la nature et la diversité des domaines pouvant exploiter ces nouvelles entités économiques, reste très prometteur, ont d’ailleurs relevé les intervenants.
Lors de ce conclave élargi, trois panels visant à vulgariser certains domaines d’utilisation des nouvelles technologies du numérique ont aussi été présentés. Industry 4.0, biotechnology et Artificial technologie.
La mentalité des industriels, un frein à l’innovation technologique
La rencontre a aussi permis aux acteurs de relever les failles et les défaillances constatées sur le terrain. Parmi les sujets mis en avant durant cette rencontre celui relatif à la problématique à laquelle font face certaines startup confrontées au refus des entreprises économiques d’adhérer aux solutions qu’elles proposent. Les industriels préfèrent en effet souvent « rester dans des process classiques refusant de voir l’intérêt que peut apporter la digitalisation ou l’automatisation » a d’ailleurs relevé le ministre délégué lors d’une conférence de presse tenue en marge de la rencontre, c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le panel Industry 4.0 a été proposé car beaucoup d’entreprises pourraient gagner en productivité et en valeur ajoutée s’ils donnaient leur chances à des startups pour automatiser leurs processus de fabrication ou de production, et surtout améliorer leur performances précise encore l’hôte de la ville des ponts qui ajoute que « le problème n’est pas propre à notre pays, d’autres pays sont confrontés au même soucis ». Et, ajoute-t-il, c’est dans la perspective de vulgariser ce type d’entreprises que des rencontres sont tenues pour permettre justement aux startups de se faire connaître.
Le ministre a aussi mis l’accent sur l’importance des accélérateurs qui pourraient booster l’activité des jeunes entreprises. Il donnera l’exemple d’Algeria Venture, un accélérateur qui propose des programmes de coaching et de formation au profit des startups, et qui organise également des appels à candidatures pour sélectionner les projets les plus viables économiquement, en accompagnant les startups durant toute la période d’accélération.
« Au niveau de cet organisme les entreprises économiques publiques ou privées, viennent pour exprimer leurs besoins et leur problème liés souvent à leur productivité et c’est à ce moment qu’interviennent des startups afin de répondre justement aux besoins de ces entreprises» explique Yacine Walid qui donne l’exemple de Sonatrach. « Une expérience a déjà été réalisée par Sonatrach, où des compétences algériennes ont réussi à apporter des solutions et à répondre à certaines problématiques et besoins qui étaient autrefois assurés par des étrangers ».
Autre sujet relevé, celui relatif aux fonds d’investissement étrangers, ceux-là explique le chef du département des Startups ont surtout pour intérêt de permettre à des startups d’accéder à des marchés internationaux.
Sur un autre volet, le paiement électronique est encore sous exploité, le secteur a été longtemps monopolisé par le secteur public ce qui a un petit peu freiné son développement. « Nul n’ignore qu’ailleurs dans la majorité des pays ayant connu une avancée dans ce domaine, les principaux acteurs animant ce type de paiement sont du secteur privé » précise le ministre. Afin de palier à cela des accord ont été conclus entre la Banque centrale et son département, afin justement de développer la « Fin-tech », technologie liée aux secteur des finances et ce pour définir le cadre légale et le mieux adapté qui leur permettrait de jouer le rôle d’intermédiaire entre les banques et les clients pour justement assurer les moyens de payement notamment via les Smartphones.
A noter qu’une trentaine de jeunes entrepreneurs, porteurs de projets innovants pour la plupart versés dans le numérique, ont pris part à l’exposition tenue au niveau du hall de la grande selle du Zenith Ahmed Bey.