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Nationale

Un film documentaire sur l’histoire de la JSK

Un film documentaire sur l’histoire de la JSK

Le célèbre réalisateur de films documentaires, Abderrazak Larbi-Cherif, vient d’enrichir la filmothèque algérienne avec un nouveau film documentaire consacré à l’histoire de la JSK, allant de 1946, année de sa création, jusqu’à 1996, soit un parcours historique d’une cinquantaine d’années. La projection de ce film documentaire a eu lieu lundi dernier à partir de 16 heures sur l’écran de la grande salle des spectacles de la maison de la Culture Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou. A ce rendez-vous étaient présents beaucoup d’anciennes gloires de la JSK, des supporters, des intellectuels, des personnalités politiques, des artistes, des gens du monde associatif et autres personnes à l’empreinte propre à elles mais d’une importance certaine.

Pour ce film documentaire, dont la projection s’est faite en présence du réalisateur, l’accent a été mis sur les besoins et les conditions de création de ce club kabyle en 1946 puis son cheminement jusqu’à l’année 1996. A travers les différents personnages interviewés par les réalisateurs, il ressort que la première équipe footballistique de la ville des Genêts remonte à l’année 1908 et avait pour appellation Olympique de Tizi Ouzou. L’Olympique de Tizi Ouzou, dont les dirigeants et les joueurs étaient d’origine européenne, était destiné exclusivement aux amoureux de la balle ronde européens. Les Algériens étant ouvertement brimés par l’occupant. C’est pourquoi des personnalités algériennes, conscientes des enjeux identitaires, ont décidé de créer la JSK. C’était exactement le 29 juillet 1946.

L’agrément fut obtenu par ses fondateurs le 2 août 1946. Le 8 septembre de la même année, la JSK joua son premier match. C’était en 3e division. Trois années plus tard, le club accéda à la 2e division. En 1956, alors que la guerre faisait rage, le FLN donna l’ordre à la JSK de geler ses activités footballistiques. En même temps, beaucoup de joueurs et de techniciens du club rejoignirent le maquis sous la bannière, bien sûr, du FLN-ALN. Deux années après l’indépendance nationale, soit au cours de l’année 1954, la JSK a repris ses activités sportives, et ce en évoluant en 2e division. Avant la guerre d’indépendance, la JSK avait pour mission, à travers ses couleurs et son identité, de mener une mission idéologique et politique face à l’occupant. Après l’indépendance, ce même club sportif avait la charge de mener le combat pour l’identité et la culture amazighes. Sur le plan purement sportif, elle accéda en première division en 1969. Le match décisif fut joué au stade Oukil-Ramdane face à l’équipe de Boufarik qui, à l’époque, était une grande référence nationale en matière footballistique.

Le but historique fut inscrit par Aezki Kolli. Et depuis cette année, le club kabyle ne cessait de connaître le prestige et la gloire. En cette décennie 1970, la science footballistique connut une avancée fulgurante. La décennie 1980, ce fut l’apogée du club canari. A noter que les personnalités et acteurs interviewés par le réalisateur de ce film documentaire sont très nombreux. Il s’agit, entre autres, de certains fondateurs de la JSK, des joueurs de ces décennies 1960, 1970 et 1980 ainsi que Rabah Madjer et l’ancienne gloire du MCA, Ali Bencheikh. Ces deux grandes figures du football national et international ont mis en exergue la grande valeur de la JSK et surtout son ancien libéro, Miloud Iboud. Celui-ci a, lui aussi, parlé durant longtemps face à la caméra de Abderrazak Larbi-Cherif. Beaucoup d’autres joueurs se sont exprimés face à la caméra du réalisateur. Il est impossible de les citer tous tant ils étaient nombreux. Concernant les gens de la presse, Abderrazak Larbi-Cherif-donné la parole à Méziane Ourad, Mohamed Haouchine et Rachid Hamoutène. Ces deux derniers cités sont des témoins privilégiés de l’évolution footballistique des Canaris. Et, par conséquent, leur témoignage vaut leur pesant

d’or. Mounis Aït-Menguellet, dans son témoignage au réalisateur, a parlé de la symbolique identitaire de la JSK. « Même les non-amoureux de la balle ronde se reconnaissent à travers la JSK », a dit le célèbre artiste. Le célèbre libraire et éditeur de la capitale du Djurdjura, Amar Cheikh, a fait également partie des personnalités interviewées par Abderrazak Larbi-Cherif. Amar Cheikh n’est pas seulement un intellectuel, mais aussi un homme qui a tapé dans la balle ronde au sein de la JSK entre 1968 et 1972.

Son témoignage a été des plus précieux sur ce long et glorieux parcours des Canaris. Après la projection du film, il y a eu plusieurs personnalités qui ont demandé à prendre la parole. Leurs interventions ont permis de relever ce que le réalisateur appelle « des oublis » et « des détails manquants ». Aux précisions apportées par ces intervenants, le réalisateur a promis les correctifs nécessaires. Il convient de relever également que ce film documentaire n’a aucunement mentionné Moh-Chérif Hannachi, encore moins le passage de son interview. Et pourtant, Dans les années 1970 et le début des années 1980, Moh-Cherif était l’un des piliers de la JSK. En sa qualité de libéro, il a su même révolutionner les missions propres à ce poste. Ses grandes compétences footballistiques lui ont même valu de porter au bras le brassard de capitaine d’équipe. A notre question au réalisateur de savoir pourquoi il n’a pas interviewé Moh-Cherif Hannachi, sa réponse a été que c’était Hannachi en personne qui ne voulait pas sparticiper à ce film documentaire.

Notons également que cette production encouragée et financée par l’APW de Tizi-Ouzou à l’époque où Hocine Haroun était à sa tête n’a pas été du goût d’un ancien élu de l’APW. « Pourquoi donc ce film documentaire n’est pas allé au-delà de l’année I996 », nous dit cet ancien élu qui a préféré parler sous couvert de l’anonymat. Il a ajouté : « Il fallait mentionner les dernières coupes et titres remportés par la JSK ! (…) Est-ce pour éviter de parler de Moh-Cherif Hannachi ? Et pourtant, l’histoire retient que ces titres en question ont été remportés par la JSK alors que Hannachi se trouvait à sa tête », a conclu notre interlocuteur avec amertume.

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